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On avait laissé notre écrivain favori, au volant de sa Porsche décapotable (que j'affectionne particulièrement), enlevant son ex-femme un jour bien particulier, celui où celle-ci décide de se remarier. Mais vers où roule t'il ce cher Hank Moody ? Pas vers son avenir en tout cas mais plutôt vers un passé qu'il souhaiterait modifier. Est il capable de se remettre en question, faire amende honorable, on pourrait en douter connaissant l'animal.

En effet, on a du mal à le penser vu la personnalité de Hank, sorte de fils caché de Charles Bukowsk élevé dans la contre-culture californienne. Toutefois son rêve de liberté totale (faire ce qu’il veut, dire ce qu’il pense, coucher avec qui il a envie), semble se terminer et il s'éveille progressivement à la réalité de la vie.

Les scénaristes ont donc mis l'accent sur la transformation de cet anti héros, l'objectif était de faire tomber son masque et le montrer tel qu’il est (peut-être) au fond de lui-même. Un père de famille, pas tout à fait conventionnel, avec ses côtés un peu underground mais un père de famille quand même, et parfois même plutôt protecteur.

Hank apparaît dans la saison 1 comme étant l'acteur de sa propre existence. Ses faiblesses faisaient partie de son style de vie, du jeu qu’il jouait, et rien de plus. On avait le sentiment que son existence n’était qu’une vaste farce qu’il orchestrait pour son seul plaisir égoïste et puéril. Le thème qui inaugure la saison 2 est donc celui d'une tentative de remise en question, voir de rédemption, même si le mot est sûrement un peu fort. Malgré toute sa bonne volonté, Moody ne peut quand même pas totalement échapper à son tempérament.

Au delà du personnage central, les scénaristes ont agrandi la place des personnes qui naviguent autour de lui, notamment sa fille Rebecca et son agent Runkle. On glisse tranquillement de la vie désordonnée de Moody à la vie désordonnée d’Hollywood. On élargit le cadre, sans abandonner le thème d’origine.

On sent aussi que dans cette saison un humour plus corrosif qui ne repose plus uniquement sur le tempérament désabusé du héros. La série trouve une sorte de maturité et un nouveau souffle qui nous scotche toujours à l'écran.