beaucoup de bruit pour rien

Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle

09 mai 2008

La voleuse de livres

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Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter. Une histoire étrange et émouvante où il est question : d'une fillette ; des mots ; d'un accordéoniste ; d'Allemands fanatiques ; d'un boxeur juif ; de vols.

La couverture de ce roman a aussitôt accroché mon regard, son titre a attiré mon attention et finalement son sous-titre : « quand la mort vous raconte une histoire, vous avez intérêt à l'écouter" m'a vraiment intrigué. il n'en fallait pas plus pour me donner envie de me plonger dans l'histoire de cette petite voleuse de livres.

La voleuse de livres !  Ce titre peut paraître particulier au vu du contexte dans lequel ce livre se situe. Mais finalement, tout l'intérêt de ce livre est de nous faire comprendre que notre histoire se construit avec des mots, un livre est bien composé de mots et finalement les mots sont capables du meilleur comme du pire.

L'auteur nous plonge donc en pleine deuxième guerre mondiale du côté de l'oppresseur puisque qu'on se retrouve au sein d'une famille allemande....mais revenons dans un premier temps à la particularité de ce livre et de son narrateur un peu spécial et peu commun. Oui, ce n'est ni plus ni moins la mort elle même, plutôt surnommée en ces temps là, la grande faucheuse pour le travail accompli, qui va être notre guide dans ce récit. 

Tout d'abord elle nous explique qu'il a fallu qu'elle travaille sans relâche pendant ce vingtième siècle à cause de la folie des hommes. La mort raconte son labeur quand elle vient prendre dans ses bras, les hommes, les femmes et les enfants qui sont au bout du chemin de la vie. La mort est condamnée indéfiniment à faire ce travail. Mais cette fois, tout est concentré autour de la folie d'un homme, le führer, avec une fureur qui éclabousse toute l'Europe et dont les fondements de cette folie ont été publiés dans un livre "Mein Kampf"

Dans un second temps, la mort nous présente le personnage principal de ce roman, une jeune allemande, Liesel Meminger. Cette jeune fille semble passer à travers les mailles de son filet et arrive par susciter son admiration et son attachement.  .
Toute l'histoire se déroule à travers elle et à travers les livres qui passent sur son chemin ou qu'elle va aller voler. Tout au long de cette histoire tragique, ils auront une importance capital.
En arrivant chez les Hubermann, dans la rue Himmel à molching à coté de Munich, tout va se déclencher... Elle va vivre avec des personnes qu'elle va aimer, apprendre à lire, se faire de nouveaux amis, faire des rencontres avec des gens aussi différents les uns que les autres. Des personnes riches quelque soient leurs convictions, des gens qui parfois ne s'aiment pas mais qui dans les pires moments font faire preuve d'une grande solidarité.

Toutefois, le style de narration choisi par l'auteur est très particulier et à mon avis finit par être lassant car la mort commence dans son récit par la fin puis raconte comment ça en est arrivé là. Au départ ça marche parfaitement bien, on a envie de savoir comment ça c'est passé, mais arrivé vers la fin du livre vers la septième partie, ça ne marche plus aussi bien, ça perd de l'intérêt.

Finalement, ce jeune auteur australien arrive à nous emporter dans ce voyage chaotique, poétique, à la limite du fantastique, dans les pas de la mort tout en gardant une grande part de poésie et d'émotion.

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05 mai 2008

Damien rice elephant

for my little sister

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02 mai 2008

L'homme chauve souris

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Quatrième de couverture
Une jeune Norvégienne est retrouvée assassinée à Sydney, en Australie. Harry Hole, de la police d'Oslo, est envoyé sur place pour participer à l'enquête menée par ses collègues australiens. Tandis que Harry fait connaissance avec une autre culture, les meurtres se multiplient. Les soupçons portent bientôt sur le monde interlope de Sydney, sa vie nocturne, mais amène aussi Harry à se pencher sur les légendes aborigènes et l'histoire de l'Australie. Et par la même occasion de faire le point, sur ses obsessions, ses erreurs professionnelles, ses mauvais penchants, et son rapport aux femmes
.

Encore un auteur scandinave, me direz-vous ! Dans la palette des auteurs de polar venus du nord, voici Jo Nesbo, ancienne star du rock et critique musical, dont la plupart de ses premières œuvres se déroulent à l'étranger. Dans ce premier opus, c'est en Australie que l'inspecteur Hole (anti héros à l'image d'un Erlendur Sveinsson)  va plonger en des eaux ténébreuses afin d'élucider un meurtre qui le conduira vers un serial killer...

Jo Nesbø, à travers le regard de Harry Hole,  nous dresse le portrait d'une nation fondée par nos amis anglais sur la terre des civilisations aborigènes. Il rappelle l'histoire des premiers colons, prisonniers, bagnards, criminels, qui furent le fondement d'une nouvelle société, il explique dans un premier temps le rejet absolu des indigènes, puis ensuite les diverses tentatives d'intégration. Il souligne les différentes problématiques de ce pays à la fois tout neuf et au passé ancestral, la confrontation du puritanisme anglais et de l'esprit de liberté, le fait que l'Australie soit à la fois un pays un peu rustique et Sydney la Mecque de la communauté homosexuelle, où les côtes de l'île le repaire de la génération post Flower Power.

Comme chez beaucoup d'auteurs scandinaves, on ne trouve pas de super héros chez Jo Nesbø, pas de détective au flair infaillible, juste un homme comme les autres avec un métier particulier, policier. Un homme avec ses failles, ses blessures, ses démons qui vont resurgir d'un passé fragile.

Pour autant, Jo Nesbø ne fait pas qu'une simple analyse psychologique de son enquêteur et ne délaisse son intrigue policière qui, même si elle utilise quelques ressorts classiques,  nous entraîne tout de même dans une dernière partie haletante.
Aidé par une construction qui s'articule autour d'une vieille légende aborigène, l'auteur nous livre là un remarquable premier roman où l'amour et la mort se livre un combat sans issue.

Finalement, au delà d'un beau voyage en Australie auquel nous convie Nesbo à cette occasion, c'est dans son monde que nous pénétrons réellement. Un monde violent et pas vraiment optimiste. Mais qui reste imaginatif, noir et plein d'espoir. La première caractéristique des livres de Nesbo est qu'ils sont intelligents... La seconde, est qu'ils sont très bien écrits. Depuis, Dennis Lehane, je n'avais pas été aussi enthousiaste pour un auteur de polar et c'est sans retenue que je vais poursuivre la lecture des romans de cet auteur.

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29 avril 2008

Invitation au voyage


Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur,
D'aller là-bas, vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir,
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés,
De ces ciels brouillés,
Pour mon esprit ont les charmes,
Si mystérieux,
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs
Les canaux, la ville entière
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire

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27 avril 2008

"Certaines gens, plantés devant leur miroir, croient qu'ils réfléchissent, alors que c'est le contraire."

Frédéric Dard

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20 avril 2008

Blue angel

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Cela fait des années que Ted Swenson, qui enseigne l'écriture de fiction dans une petite université de Nouvelle-Angleterre, n'a pas lui-même publié de roman. Cela fait encore plus longtemps qu'aucun de ses étudiants n'a montré une étincelle de talent. Et le monde académique, de plus en plus asphyxié par son climat politiquement correct, n'est plus ce qu'il était. Là-dessus déboule Angela, une étudiante tatouée et percée de toutes parts, avec un rare don d'écrivain. Audacieuse et ambitieuse, Angela paraît être la réponse aux voeux de Swenson. Mais l'expérience montre que le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions...

Blue angel est une référence manifeste au film de Von Stenberg "l'ange bleu". Toutefois, ce roman ne raconte pas l'histoire d’un professeur qui perd son âme pour une chanteuse de cabaret, mais d'un professeur d'écriture sans histoires, enseignant dans une université du middle west américain et baignant dans le puritanisme ambiant.

Ce prof n'a jamais franchi la ligne rouge, il n’a jamais succombé aux charmes juvéniles de ses étudiantes. Et là rentre en scène, Angela Argo, étudiante piercée, tatouée,  dont les remarques acerbes et pertinentes sur le travail de ses camarades-étudiants ainsi que ses prometteurs essais de romancières attirent son attention. Swenson est ébahi par le talent de la jeune femme et noue peu à peu une relation ambiguë avec elle.

La peinture du milieu universitaire américain brossée par Francine Prose est particulièrement plaisante, notamment dans la description des personnages, profs, élèves ou collaborateurs éducatifs. Sans être d’une folle originalité, ce roman est particulièrement ironique sur le processus de création littéraire, sur le statut de ce prof qui n’est pas fichu de finir son propre manuscrit,  tombant d'admiration devant celui d’une de ses élèves et suscitant la jalousie ou l'amertume de ses autres étudiants, tous persuadés de détenir un quelconque talent d'écrivain. La description des cours où les étudiants lisent leurs propres créations totalement déjantées est plutôt réussie.

Blue Angel arrive assez bien à associer avec brio le comique et l'inquiétant. Finalement, on se rend compte que le meilleur des petits mondes universitaires révèle certains des aspects les plus sombres et dangereux des valeurs culturelles et morales contemporaines.

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15 avril 2008

"Heureux chocolat, qui après avoir couru le monde, à travers le sourire des femmes, trouve la mort dans un baiser savoureux et fondant de leur bouche."

Anthelme Brillat-Savarin

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12 avril 2008

Le syndrome Copernic

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Un matin d'été ordinaire, trois bombes explosent dans une haute tour du quartier de la Défense. Toutes les personnes qui étaient entrées dans le gratte-ciel périssent dans l'effondrement. Toutes, sauf une. Vigo Ravel, quelques minutes avant l'attentat, a entendu des voix dans sa tête qui lui ordonnaient de fuir. Et il a survécu. Il comprend alors qu'il détient un secret qui pourrait changer la face du monde. Mais il ne suffit pas de connaître un secret, si grand soit-il. Encore faut-il en comprendre l'origine. Qui sont ces hommes qui le traquent ? Quelle énigme se cache derrière le Protocole 88 ? Que signifient les voix que lui seul semble pouvoir entendre ? Il est des mystères qui valent tous les sacrifices. Même celui de l'âme.

D'un côté, lorsque j'ai posé les yeux sur ce livre, je me suis demandé si je n'avais pas encore devant moi un thriller incohérent et nébuleux, à la limite du fantastique, dont la trame aurait pour finalité de découvrir un horrible complot étatique.

D'un autre côté, je sortais de la lecture éprouvante de" au dessous du volcan" et j'avais envie de lire un livre assez facile d'approche, sans que je sois obligé de relire trois fois un paragraphes pour en comprendre le sens. Et finalement, ce livre, sans être un chef d'oeuvre du genre, fut une bonne surprise.

Dès le départ on se rend compte que le monde qui entoure Vigo Ravel est particulièrement hostile, les nombreuses voix qu’il entend, les événements particuliers qui se déroulent à ses côtés. Mais pour lui rien n’est anodin, tout ce qui se passe dans son cerveau est authentique, réel. Au fil de la lecture, on s'interroge sur les capacités de l'être humain à avoir confiance en soi lorsque l’on est schizophrène ? L'auteur illustre parfaitement cette question grâce à un récit parsemé de “peut-être”, à l’image du narrateur qui hésite perpétuellement entre imaginaire et réel.

L'intérêt de ce thriller est qu'il est sans cesse en mouvement, nous emmenant toujours plus loin. On est pressé de savoir ce qu'il va lui arriver, on dévore les pages les unes après les autres. J'en suis ressorti essoufflé, presque fatigué de devoir assister à tant de luttes et de conflits intérieurs. Toutefois, malgré les nombreux rebondissements, tout reste crédible et ne colle pas aux grandes révélations parfois fracassantes et ridicules des romans américains. Un bon roman de transition qui se lit très vite avec l'avantage de passer un bon moment.


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11 avril 2008

"L'ingéniosité en amour, c'est comme la poésie en littérature. On peut s'en passer, mais c'est dommage"

- Frédéric Dard -

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08 avril 2008

Morcheeba Enjoy The Ride ou Rome Wasn't Built in a Day

OU

Morcheeba avant ou post 2003 ? Qu'en pensez vous ?

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06 avril 2008

Au dessous du volcan

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Quatrième de couverture

Aussi quand tu partis, Yvonne, j'allai à Oaxaca. Pas de plus triste mot. Te dirai-je, Yvonne, le terrible voyage à travers le désert, dans le chemin de fer à voie étroite, sur le chevalet de torture d'une banquette de troisième classe, l'enfant dont nous avons sauvé la vie, sa mère et moi, en lui frottant le ventre de la tequila de ma bouteille, ou comment, m'en allant dans ma chambre en l'hôtel où nous fûmes heureux, le bruit d'égorgement en bas dans la cuisine me chassa dans l'éblouissement de la rue, et plus tard, cette nuit-là, le vautour accroupi dans la cuvette du lavabo ? Horreur à la mesure de nerfs de géant !

Lorsque j'ai tourné la dernière page de ce roman, je me suis dit que Lowry avait sûrement autant abusé de l'alcool de feu que son héros au moment de l'écrire. A un moment donné de la lecture, j'ai même eu l'impression que son but n’est pas de plaire mais de déplaire au lecteur, de le pousser dans ses retranchements et ses interrogations.  Oui, en fait, autant vous le dire tout de suite : quiconque hait la sensation de devoir relire cinq fois le même paragraphe pour commencer à en comprendre le sens trouvera assurément dans ce livre son meilleur ennemi.

Ce roman nous conte le dernier jour de la vie de Geoffrey Firmin. Un consul en poste à Quauhnahuac vivant au Mexique dans un constant délire alcoolisée, du genre qui aurait fait frémir Bukowski tant il mettait d’acharnement à se détruire a forte dose de Mescal, la tequila du pauvre. Plus que sa vie, ce sont les méandres éthyliques de son esprit, la profondeur de ses blessures et le palpable de ses angoisses que l'on découvre chez ce personnage.

Lowry, en fin de compte, nous donne toutes les clés, il répond à toutes les questions, car c'est bien lui le maître du jeu. Il nous faut seulement le suivre... et ce n'est possible que grâce à notre attention soutenue... pas de place à la rêverie où à l'imaginaire, si on ne veut pas rester au bord du chemin. Donc j'ai essayé de m'accrocher, pour suivre le consul. Le chemin s'est présenté de plus en plus chaotique et incertain. Mais en arrivant au bout, on se rend compte que cet auteur, dans ses descriptions des affres de l'homme, de la maladie de l'alcoolisme, de la culpabilité et de l'impuissance humaine face à la destinée, nous a ouvert les portes de son âme.

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01 avril 2008

Les portes du sommeil

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Paris, 1934. Andrew Singleton et James Trelawney sont chargés d'enquêter sur une étrange affaire. Un spécialiste du sommeil et un poète surréaliste, dont le seul point commun semble être l'intérêt pour l'étude des rêves, ont été retrouvés littéralement morts de peur dans leur lit. Fait troublant, un énigmatique " personnage en noir " a visité chacune des victimes quelques jours avant leur disparition. Mais qui est cet homme de l'ombre ? Quelle terrible machination prépare-t-il ? Et que signifient les visions de cette belle inconnue qui hantent les nuits d'Andrew ? Cette course-poursuite palpitante conduira nos jeunes détectives des milieux surréalistes parisiens jusqu'à un mystérieux château sur les bords du Danube. Au-delà des portes du sommeil.

Peut on mourir de peur en rêvant ? La réponse à cette question est susceptible de nous faire passer pas mal de nuits blanches ! Et c'est ce mystère que vont essayer d'élucider nos deux détectives britanniques...

On retrouve Andrew Singleton, en voyage à Paris, pour comprendre les mystères du suicide du poète De Nerval, qui va vite se retrouver mêlé à cette enquête déroutant la police française, très vite rejoint par son accolyte James Trelawney dans la Ville Lumière.

Nos détectives se lancent alors sur les traces d’un "autrichien" énigmatique qui a rendu visite aux victimes quelques jours avant ces deux drames. Tandis qu’une belle inconnue hante les rêves d’Andrew, le nombre des victimes s’accroît. Nos limiers parviendront ils à percer les secrets des portes du sommeil ?

Après Le fantôme de Baker Street, Fabrice Bourland nous offre une incursion dans le Paris des années 30, un voyage dans les voitures du mythique Orient-Express et une balade sur les berges du Danube le tout agrémenté par la montée du nazisme. À la fois très bien documenté et fort divertissant, Les portes du sommeil se lit avec un plaisir renouvelé.

L'auteur nous présente ses héros comme de fidèles héritiers des détectives des années 30, avec une intrigue partagée entre Rouletabille et des influences provenant d'Edgar Allan Poe, menant une enquête pleine de rebondissement et saupoudrée d'occultisme onirique.

Je vous invite à aller de nouveau voir la rencontre de Lou avec l'auteur de ce roman lors du salon du livre.

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25 mars 2008

Californication

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Synopsis : Hank Moody est romancier et séparé de la mère de sa fille de 13 ans. Il est aussi accro aux femmes et aux drogues et ne peut s'empêcher de dire la vérité, tout le temps et à tout le monde. Oui, Hank est auto-destructeur...

Cette série nous dessine le portrait d'un écrivain new-yorkais, exilé dans la cité des anges, auteur d'un unique livre. Il cherche en vain la muse dans le sexe des femmes qu’il séduit à longueur d’épisodes avec un cynisme et une auto-dérision jubilatoire.

Brûlant comme un piment rouge, Duchovny est finalement passé du côté obscur dans cette série ovni. L’ex-agent du FBI de X Files est devenu accro aux plaisirs interdits. Surprenante reconversion pour ce gendre idéal du FBI et on peut décerner un message aux personnes qui voyaient en Duchovny une affaire classée : la vérité est ailleurs.

On hésite à citer Bukowski, pour le rôle d’écrivain porté sur le sexe et l’alcool. On tourne autour de cet épicurien dépressif, on suit ses péripéties tragi-comiques au milieu de cette faune névrosée et finalement on devient addict.

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17 mars 2008

La chute

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Dans un bourg d'Amsterdam où se croisent matelos de toutes nations, souteneurs, prostituées et voleurs, un homme que le hasard a mis sur le chemin de l'un de ses compatriotes, se raconte. Qui est-il ? C'est la source de cet admirable monologue, où Jean-Baptiste Clamence retrace le parcours autrefois brillant de son existence. Jusqu'au jour où différents évènements ruinent les derniers vestiges de sa normalité existentielle. Il fuit dans la débauche ce qu'il découvre tous les jours un peu plus. Fuir l'hypocrisie des coeurs, de la charité, de la solidarité, l'hypocrisie du monde, fuir cette existence fausse où le plaisir personnel décide des actes les plus beaux. Il part alors pour la cosmopolite Amsterdam et s'y institue " juge pénitent " pour dénoncer l'ignominie humaine.

L'homme qui parle dans La Chute se livre devant son interlocuteur à une confession préméditée, il sait depuis le début où il veut nous amener. Jean-Baptiste Clamence, le "héros" parle, mais je dirais plutôt qu'il prêche pour sa paroisse. Son sermon s'adresse à un interlocuteur que nous ne connaîtrons pas, qui est peut-être n'importe lequel des lecteurs amené à découvrir ce récit.

Cet individu est réfugié à Amsterdam dans une ville de canaux et brume, où il joue à l'ermite et au prophète, cet ancien avocat attend dans un bar douteux des auditeurs complaisants, prêts à écouter son récit.

Cet homme fait de lui une analyse plutôt moderne et sans concession, mais on s'aperçoit très vite qu'il ne peut supporter d'être jugé. Il se dépêche donc de faire son propre procès mais c'est pour mieux juger les autres. Le miroir dans lequel il se regarde, il finit par le tendre aux autres.

Au fur et mesure de la lecture, on est amené à s'interroger. Où commence la confession, où l'accusation ? Celui qui parle dans ce livre fait-il son procès, ou celui de son temps ? Est-il un cas particulier, ou un homme noyé dans la société ? Une seule vérité en tout cas, dans ce jeu de vérité : une représentation sans équivoque de la douleur, et ce qu'elle promet.

La Chute est finalement l'un des livres les plus profonds et intellectuellement les plus provocants j'ai eu le plaisir de lire. Il sonde avec minutie notre identité et nos penchants les plus secrets et inavoués. Une scéne revient inexorablement dans ce livre et elle fut le déclencheur de la réflexion de cet homme. "Un soir, près d'un pont à Paris. Quelqu'un s'est jeté dans la Seine et il n'a pas réagi. Depuis, il réfléchît. Sur lui-même."

Ce récit est l'expression de l'essence même de la condition humaine, résumée en quelques dizaines de pages d'une force et d'une éloquence inouïes, révélant le génie et la grandeur de son auteur.

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13 mars 2008

The doors - waiting for the sun

Tout à commencé par une rencontre entre deux étudiants sur une plage de Los Angeles et tout s'est terminé au Père Lachaise à Paris, entre ces deux évènements une multitude de morceaux d'anthologie, des concerts de folie et la consécration d'un poète déjanté !

  • «Expose yourself to your deepest fear; after that, fear has no power, and the fear of freedom shrinks and vanishes. You are free.»

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    06 mars 2008

    La voix

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    Mauvaise publicité pour l'hôtel de luxe envahi par les touristes ! Le pantalon sur les chevilles, le Père Noël est retrouvé assassiné dans un sordide cagibi juste avant le traditionnel goûter d'enfants. La direction impose la discrétion, mais le commissaire Erlendur Sveinsson ne l'entend pas de cette oreille. Déprimé, assailli par des souvenirs d'enfance douloureux, il s'installe dans l'hôtel et en fouille obstinément les moindres recoins...

    On rentre dans cette histoire, avec une image un peu spéciale, celle d'un père Noël percé de plusieurs coups de couteau, surpris dans une délicate position un brin lubrique. En fait, il est difficile de dépeindre un tableau plus glauque.

    Mais cela ne perturbe pas trop le commissaire Erlendur, qui tout au long de sa carrière en a vu d'autre et même, on peut  dire que ça titille sa curiosité. Je suppose que vous connaissez tous ce flic taciturne et bougon qui figure sans doute parmi les personnages de thriller les plus intéressants qu’il nous ait été donné de lire ces dernières années.

    Et là, il n'est pas épargné, il doit à la fois concilier cette enquête avec les problèmes de sa fille junkie - qui vient de perdre son enfant et menace à chaque instant de rechuter - mais aussi avec les souvenirs du drame de son enfance, qui resurgit avec une telle force que ça lui cause des hallucinations.

    Comme toujours chez Indridason, le passé tient une place primordiale. C’est lui qui resurgit alors qu’on l’avait étouffé sous un monticule de mensonges et de silences, lui qui vous éclate à la figure, éclaboussant tout sur son passage et n'épargnant personne. Il explore les zones d’ombre de l’humanité, les coins obscurs de nos souvenirs, le tout saupoudré d’un humour grinçant.

    Mais derrière la  noirceur de ce roman se dégage une profonde humanité, à la fois touchante et bouleversante. Ce qui confirme que cet auteur est vraiment un des maîtres du polar venu du froid.

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    01 mars 2008

    Juno - Anyone Else But You

    Juno McGuff, 16 ans, est une jeune fille qui n'a pas la langue dans sa poche mais qui, sous ses airs de dure, se cherche comme toutes les adolescentes de son âge. Alors que la plupart de ses copines de lycée passent leur temps sur Internet ou au centre commercial, Juno ne fait rien comme les autres. C'est ainsi qu'un jour où elle s'ennuie, elle couche avec Bleeker, garçon aussi charmant que peu prétentieux.
    Mais quand elle tombe enceinte accidentellement, elle décide de trouver le couple de parents adoptifs idéal qui pourra s'occuper de son bébé. Avec l'aide de sa meilleure amie Leah, elle repère dans les petites annonces du journal local Mark et Vanessa Loring qui rêvent d'adopter leur premier enfant. Soutenue par sa famille, Juno fait la connaissance des Loring. Tandis que le terme de sa grossesse approche, Juno va devoir faire preuve de maturité et de courage...

    Dans la continuité d'une petite fille qui court avec sa famille un peu loufoque après les concours de chant à travers les Etats Unis dans l'excellent "Little Miss Sunshine",  les films indépendants américains nous offrent une nouvelle petite pépite avec "Juno".

    Jason Reitman après "Thank You For Smoking" ne change pas vraiment de registre pour notre plus grand plaisir en adoptant le même ton décalé. Un ton qui s'avère résolument drôle pour un sujet qui ne l'est pas forcément. En effet, Juno McGuff, 16 ans, vient de tomber enceinte. Mais la jeune filles est loin d'être abandonnée, aidée par son père, sa belle-mère et sa meilleure amie, elle va prendre la décision de garder l'enfant et de le faire adopter par un couple aisé.

    On s'aperçoit rapidement que Reitman n'a pas fait ce film pour que la polémique s'installe sur le "pour ou contre l'avortement"  mais plutôt pour peindre une savoureuse galerie de personnages dominée par Ellen Page, rayonnante et drôle.

    En évitant les clichés, le réalisateur donne à chaque protagoniste du film un rôle prépondérant à jouer. Dans son portrait d'une jeune fille qui, à cause d'un "évènement" non voulu, va entrer dans l'âge adulte plus tôt que prévu, "Juno" se révèle d'une justesse admirable. C'est une succession de scènes résolument drôles aux nombreuses réparties appropriées qui laissent place à des séquences de pures émotions où la cinglante et cynique Juno évolue en devenant une jeune fille sentimentale et mature.

    Ce film brille par son humour bien particulier, une bande originale magnifique et surtout une aura qui nous fait ressortir de la salle avec le sourire aux lèvres. C'est un petit bijou d'optimisme à consommer sans modération.

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    26 février 2008

    Le fantôme de Baker Street

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    Londres, 1932. Depuis que la municipalité a attribué à la maison du major Hipwood le n° 221 à Baker Street, le salon du premier étage semble hanté. S'agit-il d'un esprit, comme le prétendent certains ? Existe-t-il un lien entre ces manifestations et la série de crimes qui ensanglante Whitechapel et les beaux quartiers du West End ? Motivée par un funeste pressentiment, lady Conan Doyle, la veuve de l'écrivain, sollicite l'aide de deux détectives amateurs, Andrew Singleton et James Trelawney. Lors d'une séance de spiritisme organisée à Baker Street, ces derniers découvrent avec effarement l'identité du fantôme. Et quand ils comprennent que les meurtres à la une des journaux imitent ceux commis par Jack l'Eventreur, Dracula, Mr Hyde et Dorian Gray, nos jeunes enquêteurs sont entraînés dans une aventure qu'ils ne sont pas près d'oublier. Un hymne enflammé à la littérature victorienne et à ses monstres sacrés !

    Que peuvent espérer de mieux deux apprentis détectives que de rencontrer le maître en la matière ? C'est l'opportunité qui est offerte à Andrew Singleton et son ami James Trelawney qui viennent de s'installer comme détectives à Londres... 

    Nous sommes au début des années 30 et le temps semble un peu arrêter pour ces deux jeunes hommes en quête d'aventures. Heureusement pour eux tout va s'accélérer grâce à leur rencontre avec lady Conan Doyle, la veuve du célèbre écrivain mort deux ans plus tôt.

    Elle tient à les informer qu'un fantôme hante le 221 Baker Street, domicile du non moins célèbre Sherlock Holmes. Nos deux détectives débutants vont très rapidement se plonger au cœur des cercles spirites londoniens que l'écrivain britannique fréquenta assidûment à la fin de sa vie. Ectoplasmes, tables tournantes, "psychographies" (photographies d'esprits), rien ne manque à l'attirail traditionnel de ce genre de réunions.

    Malheureusement, alors qu'ils doivent trouver une solution à l'incroyable apparition d'un personnage qui ne fut jamais incarné, Singleton et Trelawney comprennent rapidement que Holmes n'est pas le seul personnage de fiction à faire des siennes et que les plus machiavéliques meurtriers littéraires victoriens ont partie liée avec les meurtres qui ensanglantent l'East End, quarante ans après Jack l'éventreur…

    Fabrice Bourland connaît très bien le Londres et la littérature anglaise du XIXème siècle : il arrive à créer une ambiance victorienne, jusque dans les descriptions et le vocabulaire utilisés.  Les informations historiques sont nombreuses et le profane apprendra quantité de choses sur la vie de Conan Doyle, ses "relations" avec Sherlock Holmes et l'importance que le spiritisme prit à la fin de sa vie.

    De même, ce roman m'a beaucoup plu, d'abord pour sa description de l'univers du spiritisme de l'époque, qui a transcendé beaucoup de personnages connus (Victor Hugo en était un fidèle adepte pour rentrer en relation avec sa fille défunte) mais surtout en prenant comme référence ce célèbre détective dont les aventures ont bercé mon adolescence.

    Là où je suis un peu moins enthousiaste, c'est dans l'accumulation de figures littéraires quand les seuls Sherlock et Jack l'éventreur auraient amplement suffi à l'intrigue. Cette enthousiasme de l'auteur pour les monstres sacrés de la littérature victorienne, que ce soient les Dracula, Mr. Hyde, le docteur Moreau, Dorian Gray et sans oublier le professeur Moriarty,  et leur rassemblement en tant qu'association du crime rend l'histoire un peu incohérente.

    Toutefois, lier l'apparition de ces meurtriers de fiction à leur vogue cinématographique et donc à l'importance qu'au début des années 30 ils occupaient dans l'imaginaire des gens est une excellente idée, ce qui permet finalement à l'intrigue de conserver un certain crédit.

    Je vous invite à aller voir l'excellente chronique de Lou sur ce roman.

    Posté par sachaguitry à 17:50 - Romans policiers - Thrillers - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

    24 février 2008

    Air – Alone in Kyoto

    Pur, aérien et sensible, ce morceau que j'ai découvert avec "lost in translation", me transporte à chaque écoute.

    Posté par sachaguitry à 19:06 - Clips musicaux - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

    22 février 2008

    Weeds

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    Synopsis : Dans une banlieue respectable de Los Angeles, les apparences sont parfois trompeuses. Les sales petits secrets des uns et des autres vont peu à peu se faire jour. Nancy Botwin, une mère célibataire, vend de la marijuana depuis la mort subite de son mari. C'est sa façon à elle de subvenir aux besoins de sa famille...

    Après avoir vu "Six feet Under" il n'était pas évident de trouver une série (dans ce registre là, à savoir la satyre familiale) qui soit au même niveau. Mais lorsque j'ai découvert qu'une série sur le trafic d'herbe organisée par une famille dans un quartier résidentiel plutôt chic était diffusée, ça a tout de suite suscité ma curiosité, et je ne fus pas déçu car c'est une très bonne série humoristique qui s'est présentée.

    J'ai assisté à un show sombre et déjanté avec des situations et les dialogues souvent très crus, des répliques assassines et autres excellents jeux de mots ! Interprétée par l'éblouissante Mary-Louise Parker, l'héroïne Nancy Botwin m'est apparue aussitôt très sympathique. Pour élever ses deux garçons Silas et Shane, cette jeune veuve, "triste et abandonnée", a choisi de devenir dealer. Elle s'approvisionne ainsi régulièrement chez Heylia, une mamma black au sens du commerce aiguisé. Enfin, Andy son beau-frère squatter (joué par Justin Kirk) est vraiment drôle. Toutefois beaucoup des personnages rencontrés possèdent cependant des facettes détestables (quand ils ne sont pas complètement méprisables comme la mère de Celia). Le propos s'avère donc parfois particulièrement caustique.

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    Cette série est aussi très réaliste sur les problèmes de nos sociétés occidentales (drogue sous toutes ses formes, niveau de vie, surendettement, banlieues standardisées...).  De même on assiste à une virulente charge contre la fabuleuse politique internationale menée par le gouvernement américain (l'action militaire en Irak y est plusieurs fois dénoncée). Weeds n'hésite pas à affronter des sujets dramatiques (dans la continuité de "six feet under" ) : la mort d'un père, la maladie, l'adultère... Le constat est cinglant : tout semble finalement justifier le recours aux psychotropes.

    Voilà une série résolument moderne et vraiment irrévérencieuse... C'est sordide, politiquement incorrect et jubilatoire !!!!

    Posté par sachaguitry à 09:00 - Séries cultes - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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