25 mars 2008
Californication
Synopsis : Hank Moody est romancier et séparé de la mère de sa fille de 13 ans. Il est aussi accro aux femmes et aux drogues et ne peut s'empêcher de dire la vérité, tout le temps et à tout le monde. Oui, Hank est auto-destructeur...
Cette série nous dessine le portrait d'un écrivain new-yorkais, exilé dans la cité des anges, auteur d'un unique livre. Il cherche en vain la muse dans le sexe des femmes qu’il séduit à longueur d’épisodes avec un cynisme et une auto-dérision jubilatoire.
Brûlant comme un piment rouge, Duchovny est finalement passé du côté obscur dans cette série ovni. L’ex-agent du FBI de X Files est devenu accro aux plaisirs interdits. Surprenante reconversion pour ce gendre idéal du FBI et on peut décerner un message aux personnes qui voyaient en Duchovny une affaire classée : la vérité est ailleurs.
On hésite à citer Bukowski, pour le rôle d’écrivain porté sur le sexe et l’alcool. On tourne autour de cet épicurien dépressif, on suit ses péripéties tragi-comiques au milieu de cette faune névrosée et finalement on devient addict.
22 février 2008
Weeds
Synopsis : Dans une banlieue respectable de Los Angeles, les apparences sont parfois trompeuses. Les sales petits secrets des uns et des autres vont peu à peu se faire jour. Nancy Botwin, une mère célibataire, vend de la marijuana depuis la mort subite de son mari. C'est sa façon à elle de subvenir aux besoins de sa famille...
Après avoir vu "Six feet Under" il n'était pas évident de trouver une série (dans ce registre là, à savoir la satyre familiale) qui soit au même niveau. Mais lorsque j'ai découvert qu'une série sur le trafic d'herbe organisée par une famille dans un quartier résidentiel plutôt chic était diffusée, ça a tout de suite suscité ma curiosité, et je ne fus pas déçu car c'est une très bonne série humoristique qui s'est présentée.
J'ai assisté à un show sombre et déjanté avec des situations et les dialogues souvent très crus, des répliques assassines et autres excellents jeux de mots ! Interprétée par l'éblouissante Mary-Louise Parker, l'héroïne Nancy Botwin m'est apparue aussitôt très sympathique. Pour élever ses deux garçons Silas et Shane, cette jeune veuve, "triste et abandonnée", a choisi de devenir dealer. Elle s'approvisionne ainsi régulièrement chez Heylia, une mamma black au sens du commerce aiguisé. Enfin, Andy son beau-frère squatter (joué par Justin Kirk) est vraiment drôle. Toutefois beaucoup des personnages rencontrés possèdent cependant des facettes détestables (quand ils ne sont pas complètement méprisables comme la mère de Celia). Le propos s'avère donc parfois particulièrement caustique.
Cette série est aussi très réaliste sur les problèmes de nos sociétés occidentales (drogue sous toutes ses formes, niveau de vie, surendettement, banlieues standardisées...). De même on assiste à une virulente charge contre la fabuleuse politique internationale menée par le gouvernement américain (l'action militaire en Irak y est plusieurs fois dénoncée). Weeds n'hésite pas à affronter des sujets dramatiques (dans la continuité de "six feet under" ) : la mort d'un père, la maladie, l'adultère... Le constat est cinglant : tout semble finalement justifier le recours aux psychotropes.
Voilà une série résolument moderne et vraiment irrévérencieuse... C'est sordide, politiquement incorrect et jubilatoire !!!!
24 janvier 2008
Dexter . Saison 2
Synopsis : Brillant expert scientifique du service médico-légal de la police de Miami, Dexter Morgan est spécialisé dans l'analyse de prélèvements sanguins. Mais voilà, Dexter cache un terrible secret : il est également tueur en série. Un serial killer pas comme les autres, avec sa propre vision de la justice.
La palette des séries télé est de plus en plus vaste et diversifiée, peut être au détriment de la qualité (oui, je n'aime pas Desperate Housewives et Prison Break, et je l'assume !) Par contre, d'autres séries sortent vraiment du lot et Dexter en fait parti.
La saison 2 est différente de la première, moins de meurtres, moins d'intrigues policières. Pratiquement tout tourne autour d'une seule affaire et on trouve un Dexter complètement déjanté. Son masque tombe progressivement, on pénètre ses émotions, ses doutes, le personnage devient humain, tremble, tente de reprendre le contrôle...
La sensibilité et le coté taciturne de Halle en tueur froid et sans concession sont si bien interprétés que l'on a affaire à un personnage si complexe et insaisissable qu'il en devient fascinant.
D'un cynisme et d'une noirceur absolue, cette série nous fait vivre des moments d'effroi et de tristesse, en passant par une dose de mystère . En effet, rare aura été une série aussi sombre et glauque, tout en développant ses personnages très complexes et attachants. Bref, c'est pour moi une des meilleures séries du moment avec "Docteur House" et "Nip Tuck".
08 juin 2007
Dexter - la faucheuse est de retour
Synopsis
Dexter Morgan est l'un des meilleurs experts médico-légaux de la police de Miami. Mais la nuit, son côté obscur prend le dessus, et il devient un serial killer qui applique sa propre justice en tuant des personnes qui l'ont mérité.
En août 2005, on quittait Michael C. Hall embaumeur chez Fisher & Sons au terme de cinq années mémorables dans le rôle de David Fisher dans la séree, Six feet under. En cette rentrée 2006, le comédien revient à la télévision, toujours dans un rôle en lien avec la mort : Dexter Morgan, le tueur de tueurs.
Dexter Morgan, portrait d'un serial-killer
La Grande Faucheuse a un nouveau visage en la personne de Dexter Morgan. Dexter est expert médico-légal en taches de sang à Miami (Floride). Il a la trentaine, 12 ans de service et un peu plus de 2.100 affaires à son actif. Enfin, ça c'est son travail de jour ; la nuit, il dépèce des gens. La mort est son métier, et son hobby. C'est "un monstre très soigné" qui "ne rate jamais un bain de sang", comme il aime à le plaisanter. Plus que ça, c'est un sociopathe incapable d'éprouver le moindre sentiment hormis l'admiration face au travail d'un autre. C'est vrai, on peut toujours trouver de bonnes idées chez les autres.
Il a une petite amie, Rita, presque "aussi abîmée que [lui]". Ex-femme d'un junky violent en prison, elle le fréquente platoniquement depuis six mois. Les deux enfants de Rita adorent Dexter et s'"[il avait] un coeur, il pourrait fondre" devant tant d'affection. Il a également une famille, ou du moins ce qu'il en reste : Debra sa soeur, qui travaille dans la police elle aussi. Il l'apprécie plutôt, et s'"[il] pouvait éprouver le moindre sentiment, [il] en aurait pour Deb". Quid de leurs parents ? Morts, et Dexter jure de ne pas les avoir tués, ce qui est vrai.
D'ailleurs, Dexter appréciait son policier de père. C'est ce dernier qui s'est aperçu des besoins d'un fils adoptif au parcours somme toute classique : d'abord les animaux puis l'envie de se mesurer à quelque chose de plus gros. C'est grâce à lui que Dexter est parvenu à canaliser ses pulsions homicides, en l'emmenant chasser puis en le laissant achever le gibier d'un coup de couteau. Véritable papa gâteau, il lui a montré la voie pour taper dans la catégorie supérieure, mais pas n'importe comment, en ciblant ceux qui méritent d'être puni, ceux que la machine judiciaire n'est pas parvenue à enrayer. Papa Morgan lui a aussi appris à couvrir ses traces. Maintenant Dexter mène une vie paisible de coquille vide qui "flotte à la surface de sa propre vie" avec "l'impression de louper une pièce essentielle du puzzle humain" en classant méthodiquement sa collection de plaquettes contenant une tache de sang de ses victimes. Cela jusqu'à ce que "le tueur au camion frigorifique", qui connaît sa vraie nature, décide de jouer à un petit jeu avec lui.
"Dommage, ça ne m'a jamais réjoui de faire une veuve"
Les tueurs en série sont devenus des stars. Leurs méfaits parlent directement à l'oreille perverse de l'être humain, facilement fasciné par ces gens semblables à lui en surface mais tellement dysfonctionnels en réalité. La littérature et le cinéma se sont emparés du phénomène depuis un moment. American Psycho, Le parfum, Se7en, Le Silence des agneaux, Henry, portrait of a serial killer et Zodiac, prochainement, sont autant d'oeuvres qui ont embrassées ce thème dans une étreinte morbide.
Avec Dexter, le tueur en série fait son entrée sur le devant de la scène télévisuelle. Après avoir été maintes fois traqué par des limiers cathodiques, le grand méchant loup s'émancipe et devient personnage principal d'une série tv. Tiré du roman Ce cher Dexter de Jeff Lindsay (Ed. Seuil, 2005), la série raconte la vie d'un sociopathe tentant de simuler au mieux une normalité tout en consommant son désir de meurtres.
Dexter marque son premier point par la composition de Michael C. Hall. Tout simplement magistral, l'acteur suinte l'Emmy Award comme son personnage transpire l'ambiguïté. L'acteur américain est passé de l'homo contrarié de Six feet under au prédateur exalté avec une grâce déconcertante. On perd le sens du mot "moralité" confronté à son personnage. Dexter Morgan n'a en effet rien du tueur en série classique. Au contraire, il a vécu confortablement dans une cellule familiale saine avec, qui plus est, un père qui a su lui apprendre à tuer "équitable". Chaque fois qu'il applique ses méthodes, le plaisir est jubilatoire. Du recueil de preuves à la sentence finale, l'humour noir de Dexter, ses manies et ses remises en questions provoquent un effet boeuf. Même si Dexter Morgan tente de "rétablir l'ordre du monde", l'approche psychologique touffue du personnage évite brillement le basique "oeil pour oeil, dents pour dents" pour le laisser marcher dans les pas des grands héros torturés du petit écran que sont Jack Bauer ou le cynique docteur House....
"Frère, ami, petit ami, tous font partie de ma collection de déguisement"
Si Michael C. Hall est pour beaucoup dans la qualité de la série à ce point de la diffusion, il n'en est heureusement pas le seul élément positif. Car plus que s'intéresser à la vie d'un tueur en série à problèmes, Dexter livre une gigantesque métaphore du "masque". D'abord celui que revêt Dexter Morgan dans la vie de tous les jours pour feindre son statut d'être humain, mais avant tout celui que chacun porte en permanence pour voiler les apparences. Cette idée transparaît à travers la farandole de personnages mis en place, du sergent James Doakes, dur mais fragile, d'Angel qui clame qu'il nourrit sa femme à "la pasión" alors qu'il en est séparé, de la petite amie en détresse mais déglingo en réalité, jusqu'au cadre : Miami la vicieuse. Derrière le clinquant, la ville de Floride a l'odeur rance de la pourriture.
Dexter est sûrement est la série surprise de ce début d'année. Tirée des romans de Jeff Lindsay (deux titres parus au Seuil) qui en est également le scénariste, cette série joue sur la notion d’un héros, donc forcément un peu positif, se révélant pas du tout recommandable.
Evidemment, après le visionnage des premiers épisodes, une question arrive vite sur le tapis. Qui mérite au juste, de passer de vie à trépas, qui plus est dans d’atroces souffrances, entre les mains expertes de Dexter ? C’est une des composantes de cette série destabilisante et oppressante.
Entre la composition de Michael C. Hall, qui mélange subtilement le terrifiant et le pathétique, les personnages secondaires très travaillés (la petite amie alibi de Dexter, ex-femme battue qui croit avoir trouvé le compagnon parfait) et la toile de fond (un Miami clinquant et rongé par les trafics), Dexter frappe un grand coup dans le monde des séries tv (après l'excellent six feet under).
Une très bonne idée originale de base, une série sans concession bien construite autour de son acteur principal assez étonnant. Je suis conquis.....
07 janvier 2007
Nip/Tuck
Synopsis
Nip/Tuck est une série dramatique qui se déroule au Sud de la Floride, à Miami plus précisement, dans une clinique de chirurgie plastique dont les chirurgiens, Sean McNamara et Christian Troy, sont propriétaires.
Sean McNamara (joué par Dylan Walsh) a de sérieux ennuis familiaux et donc essaie par tous les moyens de recoller les morceaux avec sa femme Julia (jouée par Joely Richardson), ce qui n'est pas chose facile étant donné qu'il ne s'est jamais occupé de ses enfants plus jeune puisqu'il s'est entièrement consacré à son métier. De plus, Julia a arrêté ses études de médecine pour élever ses enfants, Matt (joué par John Hensley) et Annie (jouée par Kelsey Lynn Batelaan) et désire maintenant les reprendre.
Quand à son collaborateur, toujours à la recherche de sexe, Christian Troy (joué par Julian McMahon) use de tous ses charmes pour attirer les femmes dans son cabinet pour se faire une bonne clientèle. Le docteur Troy enchaine conquêtes sur conquêtes, soir après soir pour assouvir ses pulsions sexuelles!
Mais le caractère impulsif de Christian amène parfois Sean à réparer de grosses erreurs!
Au-delà de sa provocation affichée, Nip/Tuck décrit la lente dégradation d'une famille et le questionnement de deux hommes de quarante ans à qui, en apparence, tout a réussi et qui s'interrogent sur leur vie. Au rythme des visites répétées de leurs clientes avides de perfection, nos deux médecins ne manquent pas, allégorie de cette quête sans fin, d'accumuler les erreurs de jugements et de faire de nouveaux faux-pas en tentant de rattraper les erreurs précédentes.
Un abysse sans fond ni fin en somme ...
Les trois premières saisons
Mon avis :
« Nip/Tuck » est une excellente série télévisée, dérangeante à bien des égards, dont l'univers bien particulier et original est celui de la chirurgie esthétique.
Les effets spéciaux sont superbement réalisés, à tel point que l'on y croit vraiment : c'est un point fort de cette série, sans laquelle elle perdrait de sa crédibilité.
Mais son point fort reste la puissance de ses scénario, très bien écrits et construits autour d'idées chocs.
En effet, les scénaristes de « Nip/Tuck » n'ont absolument peur de rien. « Nip/Tuck » transgresse un grand nombre d'interdits et tabous cinématographiques en évoquant des thèmes parfois malsains : accidents opératoires évidemment, automutilations, malformations génétiques, avortements et fausses couches, problèmes mentaux en tous genres, cancers, SIDA, relations sexuelles débridées, multipliées et courantes, suicide, drogues..... « Nip/Tuck » n'aborde rien qui soit ordinaire et veut frapper les esprits !
Mais pour vivre toutes ces aventures surprenantes et hors du commun, les scénaristes ont conçu un duo de chirurgiens esthétiques détonnant : le « Dr. Sean McNamara » et le « Dr. Christian Troy », respectivement interprétés par Dylan Walsh et Julian McMahon. Ces associés possèdent une clinique privée à Miami, où ils font fortune en injectant du botox et en posant des prothèses mammaires. Toutes sortes de patients officiels et officieux, inattendus, passent dans le calme ou la précipitation dans leurs bureaux et salles d'opération, générant une série de scénario rocambolesques et souvent dramatiques...
La série se veut cinglante, frappante, réaliste, cynique et pleine d'humour noire,en un mot : malsaine ! Tout cela vaut à « Nip/Tuck » autant de critiques que d'éloges, pour oser briser des tabous sans sourciller. En tout cas, elle ne peut vous laisser indifférent.
Les deux premières saisons sont fantastiques, la troisième s'essouffle un peu mais la quatrième est pleine de promesses.
Je ferai un post pour vous donnez mes impressions sur la saison à venir.
28 décembre 2006
Six feet under
Synopsis
Créée par le scénariste d’American Beauty, cette série raconte le quotidien de la famille Fisher qui possède une entreprise de pompes funèbres à Los Angeles, Fisher & Sons.
L'histoire commence alors que la famille Fisher s'apprête à se réunir pour la fête de Noel à Los Angeles. Nathaniel Fisher, le père de famille se fait percuter par un bus et meurt sur le coup. Son fils aîné Nate, qui a fui les pompes funèbres pour aller vivre à Seattle, rencontre Brenda Chenowith en chemin et a une brêve aventure avec elle. Claire Fisher, encore lycéenne, conduit un corbillard repeint en vert et a la réputation d'être bizarre. Elle s'intéresse à Gabriel, un garçon peu fréquentable. David Fisher, le second fils, n'ose pas révéler son homosexualité à sa famille. Enfin, Ruth Fisher, l'épouse de Nathaniel, bien que prude et pieuse, entretient une relation charnelle avec Hiram, son coiffeur.
Lorsque Nathaniel Fisher décède, sa famille est désemparée et les rôles se redistribuent, les secrets sont mis à jour.
Nate accepte de rester auprès de son frère, de sa soeur et de sa mère pour leur fournir un peu d'aide et, contre ses propres principes, finira par travailler pour l'entreprise familiale.
Des intrigues parallèles s'interpénètrent dans ce récit riche et dense : la vie de famille de Federico Diaz, l'apprenti surdoué de Nathaniel Fisher qui, étant le meilleur employé de l'entreprise, vit mal la condescendance de David et de Nate ; les études d'art de Claire, ses amours, ses amis ; la vie de Brenda, dont les parents sont psychiatres et dont le frère est bipolaire ; les amours de David et de Keith Charles ; les amours de Ruth : son coiffeur, son fleuriste russe, un apprenti de l'entreprise et, enfin, un professeur d'université paranoïaque. Le fil conducteur de la série est Nate, puisque tout commence à son arrivée et que tout finit à son départ.
Mon avis :
C'est une série exceptionnelle! Certainement l'une des meilleures jamais réalisée avec une galerie de personnages d'une grande complexité et d'une extraordinaire profondeur.Les dialogues, la mise en scène et les acteurs créent une harmonie remarquable et font de "Six Feet Under" une expérience unique qui vous marque et vous fait réfléchir au sens de la vie et de la mort. Du grand art!









