beaucoup de bruit pour rien

Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle

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17 mars 2008

La chute

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Dans un bourg d'Amsterdam où se croisent matelos de toutes nations, souteneurs, prostituées et voleurs, un homme que le hasard a mis sur le chemin de l'un de ses compatriotes, se raconte. Qui est-il ? C'est la source de cet admirable monologue, où Jean-Baptiste Clamence retrace le parcours autrefois brillant de son existence. Jusqu'au jour où différents évènements ruinent les derniers vestiges de sa normalité existentielle. Il fuit dans la débauche ce qu'il découvre tous les jours un peu plus. Fuir l'hypocrisie des coeurs, de la charité, de la solidarité, l'hypocrisie du monde, fuir cette existence fausse où le plaisir personnel décide des actes les plus beaux. Il part alors pour la cosmopolite Amsterdam et s'y institue " juge pénitent " pour dénoncer l'ignominie humaine.

L'homme qui parle dans La Chute se livre devant son interlocuteur à une confession préméditée, il sait depuis le début où il veut nous amener. Jean-Baptiste Clamence, le "héros" parle, mais je dirais plutôt qu'il prêche pour sa paroisse. Son sermon s'adresse à un interlocuteur que nous ne connaîtrons pas, qui est peut-être n'importe lequel des lecteurs amené à découvrir ce récit.

Cet individu est réfugié à Amsterdam dans une ville de canaux et brume, où il joue à l'ermite et au prophète, cet ancien avocat attend dans un bar douteux des auditeurs complaisants, prêts à écouter son récit.

Cet homme fait de lui une analyse plutôt moderne et sans concession, mais on s'aperçoit très vite qu'il ne peut supporter d'être jugé. Il se dépêche donc de faire son propre procès mais c'est pour mieux juger les autres. Le miroir dans lequel il se regarde, il finit par le tendre aux autres.

Au fur et mesure de la lecture, on est amené à s'interroger. Où commence la confession, où l'accusation ? Celui qui parle dans ce livre fait-il son procès, ou celui de son temps ? Est-il un cas particulier, ou un homme noyé dans la société ? Une seule vérité en tout cas, dans ce jeu de vérité : une représentation sans équivoque de la douleur, et ce qu'elle promet.

La Chute est finalement l'un des livres les plus profonds et intellectuellement les plus provocants j'ai eu le plaisir de lire. Il sonde avec minutie notre identité et nos penchants les plus secrets et inavoués. Une scéne revient inexorablement dans ce livre et elle fut le déclencheur de la réflexion de cet homme. "Un soir, près d'un pont à Paris. Quelqu'un s'est jeté dans la Seine et il n'a pas réagi. Depuis, il réfléchît. Sur lui-même."

Ce récit est l'expression de l'essence même de la condition humaine, résumée en quelques dizaines de pages d'une force et d'une éloquence inouïes, révélant le génie et la grandeur de son auteur.

Posté par sachaguitry à 21:00 - Littérature francophone - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 janvier 2008

Impuretés

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Présentation de l'éditeur
Une colline: superbe, couverte de maisons de luxe. Un drame: Lisa est retrouvée noyée dans le lac après une
soirée pas très claire. Evy, son frère, quatorze ans, mutique et énigmatique, pourrait bien être responsable.
N'importe où ailleurs, les choses seraient vite réglées. Sur la colline, royaume de l'apparence, les façades cachent d'invraisemblables malentendus... Après un détour par la forme brève qui avait abouti au superbe Frictions, Philippe Djian revient au roman avec une force nouvelle, une précision et une invention plus personnelles que jamais.

En lisant le quatrième de couverture de ce roman, je pensais retomber dans l'ambiance d'un "american beauty", une satyre féroce de la famille américaine qui tente de cacher ses errements et ses travers. Avec "impureté", on pénètre dans un univers un peu différent, car ici les protagonistes ne cherchent même pas à cacher leur côté obscur, leur objectif principal est juste de survivre, à savoir trouver la force de ne pas se jeter par la fenêtre pour mettre fin à leur vie dépourvue de sens.

Même si le cadre présenté peut paraître dans une premier temps idyllique : sur une colline, lieu clos des villas cossus des plus excentriques de la région, les riches,  les stars de cinéma côtoient les écrivains renommés. Toutefois, on s'aperçoit rapidement que ce microcosme renferme des personnes excentriques, désabusés, marqués par une lente décadence, des couples en dérive. La dépravation est en fait totale sur cette colline et les personnages centraux rivalisent de déchéance, de mystère et d'autodestruction.

On découvre ainsi la famille Trendel, désorientée par la mort de Lisa, leur fille aînée, noyée dans le lac, sous les yeux de son frère Evy.... Ce qui logiquement aurait du marquer une remise en question pour les adultes n'est en fait qu'une simple parenthèse fâcheuse dans leur vie. Leur choix privilégie la facilité, plutôt que de prendre conscience de leurs dérives et de leurs devoirs, ils en veulent à ces adolescents livrés à eux-mêmes «d'avoir ainsi entrouvert la porte à la tragédie, d'avoir laissé la voix au désordre, à ses gaz délétères et à ses hordes blêmes que sont la culpabilité et le sentiment de l'échec».

Philippe Djian, finalement nous questionne en s'emparant d'un sujet vieux comme le monde, les conflits de générations. Il choisit dans sa narration de prendre le parti d'Evy, le jeune frère de Lisa. Ce gosse de 14 ans qui prend la vie de plein fouet, subit des parents difficiles et ne supporte plus cet univers familial instable, va être saisi d'une soudaine envie de pureté et de valeurs pour repères. Djian le saisit tel qu'il est, peu bavard, tourmenté, et restitue parfaitement sa part de mystère.

A l'image d'un Larry Clark -  Philippe Djian ne nous cache rien et livre la réalité dans toute son horreur. Sans être trop moraliste, ce roman nous permet d'en tirer des leçons. D'autant plus que l'émotion, qui va crescendo, n'empêche pas l'essentiel, la réflexion.

Je vous invite à lire l'avis de Thom sur ce roman.

Posté par sachaguitry à 19:48 - Littérature francophone - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 janvier 2008

Corps étranger

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Quatrième de couverture
Peut-on changer de vie par amour, devenir quelqu'un de neuf sous une autre identité, sans sacrifier pour autant son existence habituelle ? C'est ce que va oser Frédéric. A dix-huit ans, il avait publié sous le nom de Richard Glen un roman passé inaperçu, puis il avait renoncé à l'écriture ; il avait conquis Paris d'une autre manière... Mais, un jour, une jeune étudiante de Bruges envoie une lettre à ce pseudonyme oublié, à cette part de lui-même en sommeil depuis plus de vingt ans. De tentations inconnues en bonheurs d'imposture. il va s'inventer dans les yeux de Karine un autre passé, un autre présent, rendre Richard Glen de plus en plus réel, de plus en plus vivant... Mais combien de temps deux personnalités peuvent-elles se partager un corps ? Avec son humour et sa tendresse implacable, le romancier d'Un aller simple, prix Goncourt 1994, nous entraîne dans un récit poignant qui explore le rêve secret de beaucoup d'entre nous.

D'habitude, je ne suis pas un fan de ce type de roman, parfois trop édulcoré, parfois trop larmoyant, parfois indigeste tout simplement. Mais là, au bout d'une vingtaine de pages, je me suis laissé emporter par cette histoire et je l'ai dévoré d'une traite. 

L'idée exposée est plutôt simple. Sauf, si on a perdu tout esprit critique, on n'est jamais totalement satisfait de ce qu'on est. Alors, ne pourrait-on pas devenir un autre ? Ce postulat a été exploité par pas mal d'auteurs avec plus ou moins de succès, je citerai le "quelqu'un d'autre" de Tonino Benacquista qui revisite le mythe de la quête identitaire, de ses enjeux incertains à ses implications souvent cruelles avec une belle réussite.   

Au delà de cette interrogation, l'originalité de ce livre reste dans sa forme et dans sa qualité en tant qu'objet de lecture. La phrase nous séduit, l'habileté d'écriture est exceptionnelle. Même si, parfois, les personnages en font beaucoup, on reste avec eux jusqu'au bout. On aimerait les comprendre parfois un peu plus profondément.

Ce roman témoigne de la grande sensibilité de l'auteur et de son talent à la partager. Didier Van Cauweleart nous présente une histoire flambloyante où se mêlent humour, amour, espoirs, désespoirs, rêves, destins, magie...bref, un cocktail savamment dosé qui nous laisse quand même un petit goût amer une fois la dernière page tournée...

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Posté par sachaguitry à 19:20 - Littérature francophone - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 novembre 2007

La rêveuse d'Ostende

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Pour guérir d'une rupture sentimentale, un homme se réfugie à Ostende, ville endormie face à la mer du Nord. Sa logeuse, Anna van A., une femme solitaire vivant parmi ses livres et ses souvenirs, va le surprendre en lui racontant l'étrange histoire de sa vie, où se conjuguent l'amour le plus passionné et un érotisme baroque. Le récit s'avère si surprenant que l'homme, doutant de sa véracité, va enquêter pour déterminer ce qui tient de la réalité ou du fantasme...A-t-il affaire à une superbe mystificatrice ou à une femme unique ? Jusqu'à la fin, il ira de découvertes en découvertes.
Cinq histoires qui montrent le pouvoir de l'imagination dans nos existences. Cinq histoires - La rêveuse d'Ostende, Crime parfait, La Guérison, Les mauvaises lectures et La Femme au bouquet- suggérant que le rêve est la véritable trame qui constitue l'étoffe de nos jours.

Eric Emmanuel Schmitt nous présente ici cinq histoires surprenantes avec le même fil conducteur, à savoir l'imagination et la place qu'elle tien dans notre vie de tous les jours. Chacun des personnages évoqués dans ces nouvelles en apportent la preuve.

Pour guérir d’une rupture sentimentale, un écrivain se réfugie à Ostende, ville endormie face à la mer du nord. Sa logeuse, la solitaire Anna Van A., vit dans le temps suspendu de l’imaginaire, quand elle déroulera l’étrange histoire de sa vie, l’écrivain y lira l’amour le plus passionné gardé en secret jusqu’à la mort.
Parce qu’elle vit l’enfer, Gabrielle pousse son mari du haut d’une falaise. Libérée, elle s’apprête à ouvrir les vieilles boîtes que cachait son mari ; la police la confond. S’en suivent gardes à vues, détention préventive pendant deux ans. Au procès, les témoins confirment une évidence : Gabrielle avait tout pour être heureuse, son couple était idéal. S’ouvre pour la meurtrière une introspection douloureuse…
« Quelle chance d’être soigné par une jolie femme ! », ce sont les mots de Karl lorsque pour la première fois Stéphanie entre dans sa chambre d’hôpital. Pourtant, elle n’a rien des mannequins qui se pressent chaque jour aux visites ; plus surprenant encore, Karl a subit un terrible traumatisme, il vit les yeux bandés. Cet amour aveugle qui s’amorce marque la renaissance d’une femme.
Maurice Plisson, éminent professeur de Lettres, est catégorique : « Lire des romans, moi ? Jamais ! ». Pourtant, en vacances en Ardèche, sa cousine Sylvie l’amène à ouvrir un roman policier. Happé par l’intrigue et confronté au secret que sa cousine tarde à révéler, il plonge dans un rêve éveillé où se mêlent imaginaire et réalité.
Quai numéro trois, gare de Zurich. Une vieille dame attend un bouquet à la main. Elle est là chaque jour depuis quinze ans, peut-être plus. Elle attend et alimente la rumeur, qui attend-elle ? A-t’elle toute sa tête ? Un jour la femme au bouquet disparaît, que s’est-il passé ?

Cet auteur adore provoquer l'imagination du lecteur, le faire participer à travers la suggestion et la réflexion. Dans La rêveuse d'Ostende, le lecteur peut s'identifier à cet écrivain qui vient de guérir d'une rupture amoureuse et qui rencontre cette vieille dame. Une sorte de pacte va se sceller entre eux : l'une va se livrer, l'autre va l'écouter par curiosité dans un premier temps puis l'affectif prendra le pas, et il va succomber au charme et au mystère de cette vielle dame. La notion de secret semble primordiale pour E.E Schmitt et finalement, il ne livre rien peut être pour continuer à susciter la curiosité du lecteur.

Un passage m'a particulièrement marqué. A un moment, la rêveuse d'Ostende dit à l'écrivain: «D'un amour essentiel, on ne se remet pas. Si on s'en remet, c'est que, de toute façon, ça n'en valait pas la peine.» Cette phrase m'a semblé très juste, même si avec le temps on arrive à vivre autre chose, on ne se remet pas totalement. Sinon, c'est la preuve que ce n'était pas essentiel. Et le fait de rencontrer quelqu'un d'autre ne change rien, puisque si cette personne vous aime, elle est forcément au courant et arrive à vivre avec. La cohabitation peut parfois être difficile. Mais on finit par ranger ce qu'on a vécu et qui était si unique dans un coin de notre mémoire. Finalement on s'en interdit l'accès si on veut avancer dans cette nouvelle relation. En tout cas, on essaye de préserver l'autre et de faire confiance en l'avenir.

Dans ces cinq petites histoires très fortes, concentrées, E.E Schmitt maîtrise les codes de la nouvelle. Suspense, art de la chute, tout y est et ça fonctionne fort bien. On peut les déguster comme un chocolat dont on découvrirait les différentes saveurs progressivement....un régal !

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22 septembre 2007

La demi-pensionnaire

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Quatrième de couverture

Que faire lorsqu'on tombe amoureux d'une jeune femme au cours d'un déjeuner, et qu'on découvre au dessert qu'elle se déplace en fauteuil roulant ? Hélène est Lion ascendant Lion, championne de voltige aérienne. C'est la fille la plus sexy, la plus joyeuse et la moins facile que Thomas ait jamais rencontrée... Arraché à sa routine, malmené, envoûté par cette "demi-pensionnaire" qui l'initie à la vraie liberté, il comprendra au bout du compte que c'est lui qui vivait comme un infirme. Et qu'une femme assise, parfois, peut aider un homme à se relever.

"Hélène a trente ans moins le quart, comme elle le dit pour s'y habituer. C'est la fille la plus sexy, la plus joyeuse et la moins facile que j'aie jamais rencontrée. En vingt-quatre heures, elle m'a donné une raison de vivre, un rôle à jouer, une seconde chance. Ce qu'elle attend de moi est complètement fou, mais j'irai jusqu'au bout de son rêve, même si je finis en prison, en morceaux ou chez les dingues. Elle est lion ascendant lion, championne de voltige aérienne. Sur terre, elle vit dans un fauteuil roulant. Et, de nous deux, c'était vraiment moi l'infirme."   

Après avoir lu "L'Evangile de Jimmy", je me suis décidé à découvrir Didier Van Cauwelaert dans un registre différent, moins sujet à polémique mais plus attachant.

On ressent dans ce roman un peu de la sensibilité d'ANNA GAVALDA dans le style et la manière dont sont décrits les personnages. Je ne saurai l'expliquer mais dès les premières pages, j'ai ressenti une familiarité et une affection pour Hélène, Thomas et Edmée comme s'il avaient partagé ma vie, en étaient sortis puis étaient réapparus après une longue absence.

Cet auteur m'avait déjà conquis par ses dialogues construits intelligemment et parfaitement adaptés à la psychologie de ses personnages, parfois drôles qui aboutissent à un mélange d'auto-dérision et de cynisme. 

On pourrait lui reprocher un peu de facilité dans la construction, mais dans ce style clair et concis, il nous offre une véritable leçon sur l'amour, le handicap et la Liberté. 
C'est un petit bonheur qui s'offre sans prétention, comme un rafraîchissement... et si je me suis aussi bien fondue dans cette atmosphère-là, c'est que tous les jours je côtoie des personnes qui ont souffert. Elles m'apportent énormément et leur amitié n'a pas de prix.

Posté par sachaguitry à 20:42 - Littérature francophone - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 septembre 2007

Les yeux jaunes des crocodiles

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Ce roman se passe à Paris.
Et pourtant on y croise des crocodiles.
Ce roman parle des hommes.
Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être,
celles que nous ne serons jamais,
celles que nous deviendrons peut-être.
Ce roman est l’histoire d’un mensonge. Mais aussi une histoire d’amours,
d’amitiés, de trahisons, d’argent, de rêves.
Ce roman est plein de rires et de larmes.
Ce roman, c’est la vie.

Ce livre me rappelle un peu "ensemble c'est tout", il est peuplé de personnages qui nous ressemblent ou qui ressemblent à des gens qu'on connaît, qu'on côtoie tous les jours. lls ressemblent à nos amis, les vrais, ceux sur qui on peut compter et aux opportunistes ou hypocrites qui nous entourent .... 

Parmi les protagonistes, on trouve Joséphine, perdue dans ses rêves. Elle vit plus au XII siècle qu'avec nous, elle est chercheuse au CNRS, elle rêve plus sa vie qu'elle ne l'a vie..Sa soeur, Iris, la quarantaine, menant une vie bourgeoise "réussie" mais s'ennuyant énormément. Au cours d'un dîner, afin d'impressionner son auditoire et plus particulièrement un éditeur célèbre, elle prétend  être en train d'écrire un livre. Mais elle tombe dans son propre piège, car elle n'a jamais écrit une ligne et demande à  Joséphine, de voler à son secours et d'écrire ce roman à sa place. Cette situation va les emmener, souvent contraintes et forcées par les conséquence de ce marché de dupes, sur des chemins inexpérimentés jusqu'alors pour aboutir à la reconnaissance, tant espérée, pour l'une, et à la réussite financière et sentimentale pour l'autre.

Plusieurs générations se croisent. La mère de ces deux soeurs et les enfants de celles-ci font partie intégrante de l'histoire et on se rend compte que finalement, tous ont le même but : accomplir leurs désirs et trouver un endroit où la vie soit la plus douce et attrayante possible.

Katherine Pancol dresse des portraits de femmes libres mais malheureuses ou insatisfaites, qui essayent de mener de front carrière, famille, réussite sociale. Les personnages sont toutefois pleins de vie. Ils affrontent les situations, chutent parfois mais se relèvent toujours.

Cette histoire, c'est aussi l'histoire de tous les jours, notre vie n'évolue pas d'un coup, il faut du temps, être patient. Il faut savoir tourner des pages parfois douloureuses.. Les thèmes de l'amour, de l'argent, de l'individu, de l'importance d'être connu, de la domination, de la manipulation, de l'ambition sont évoqués...

"C'est la vie avec ses vertus et ses tumultes, ses rêves et ses vices, ses grandeurs et ses bassesses qu'embrasse ce livre, à la fois roman familial moderne et fresque sociale".

L'auteur nous livre un roman positif qui montrent des personnages en quête d'eux-mêmes, en quête d'amour, et nous propose une promenade au coeur de la nature humaine.

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07 septembre 2007

1979

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Quatrième de couverture

Voici un puzzle où chaque pièce est une tranche de vie, finement observée puis assemblée jusqu'au dernier morceau posé qui donne sa cohérence au tout, au grand tout que l'on nommerait humanité. C'est un peu des autres et aussi un peu des nôtres. Et c'est naturellement réussi qu'on se surprend à penser : 1979, moi j'avais 16 ans, c'est l'année où je...

1979 ? Que faisiez-vous cette année-là ? J'avais 7 ans, une année plutôt difficile, des semaines à l'hôpital suite à un accident de la route, en fait une année charnière dans ma vie. Sûrement ma première prise de conscience que la vie est précieuse et ne tient parfois à pas grand chose.

Dans ce roman c'est la question que se pose un certain nombre de personnes depuis que ce chiffre a été écrit sur le mur d'une maison. La construction est similaire à son premier roman, Accès direct à la plage, mais dans 1979 l'auteur nous entraîne plutôt dans une sorte de jeu de piste. Qui a donc taggé cette année sur le mur d'une maison de Troyes en 2003, et pourquoi ?

Dans 1979, j’ai trouvé des personnages beaucoup plus sombres, tristes que dans le premier roman. Leurs malaises sont beaucoup plus profonds. Il y a de la violence dans les mots de certains, de la haine et de la jalousie exacerbée. On peut se demander s'ils vont s’en sortir, s’ils vont trouver la solution, la signification première de cette date.
1979 agit comme un miroir de la vie qui nous renvoie les émotions, les doutes, les attentes et les joies de chacun.

Finalement, une note positive grandit tout au long du roman dans ce quartier, où chacun semblait s'ignorer, des liens vont se tisser pour ne plus vivre l'isolement. C'est un très beau récit empreint d’humanité sur les rencontres et la solidarité.

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21 août 2007

A Garonne

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Dans le livre peut-être le plus personnel qu'il ait jamais écrit, Philippe Delerm retourne pour la première fois sur son enfance, et trace le portrait tendre et nostalgique des lieux et personnages qui l'ont vu grandir chaque été. L'auteur nous ouvre les portes de la Mascagne, la maison de ses racines, qui fut celle de ses grands-parents puis de ses parents. Aujourd'hui, ils s'y retrouvent en vacances, toutes générations confondues.

J'étais resté sur une très bonne impression après avoir dégusté "La Première Gorgée de bière" et je ne fus pas déçu en découvrant cette plongée intimiste dans l'enfance de l'auteur.

Il nous fait découvrir cette maison dans le Tarn-et-Garonne où il a passé toutes ses vacances depuis sa naissance, il y a cinquante-cinq ans. La maison de ses racines : ce fut celle de ses grands-parents puis de ses parents avant d'être aujourd'hui le lieu magique où se retrouve chaque été toutes générations confondues sa famille au complet. " Cette maison est à la fois un lieu et une idée. Elle fait partie de moi et je fais partie d'elle. Voilà. Ce livre est un peu tout cela. "

Rien n est plus émouvant que de le voir évoquer avec nostalgie,  les êtres qui les habitent : sa grand-mère, son grand-père, ses voisins et quelque pêcheur au pont-canal.

Comment ne pas envier cette enfance dans ce petit coin de paradis, où chaque découverte est prétexte à un émerveillement et à un apprentissage de la vie. Il  fait le portrait tendre et doucement nostalgique de ces lieux et personnages qui l'ont vu grandir chaque été.

L'évocation de ce coin perdu du Tarn-et-Garonne donne aussi à Philippe Delerm l'occasion d'écrire de très belles pages sur le Sud-Ouest. C'est une région où j'ai aussi grandi et dans ce roman je retrouve avec plaisir quelques très bons souvenirs d'enfance.

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23 juillet 2007

Accès direct à la plage

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Ce roman prend racine aux quatre coins des côtes françaises. De Capbreton dans les Landes, en 1972, à Arromanches - Calvados - en 2002, en passant par Hyères et Perros-Guirec. Rien ne relierait ses personnages s'ils n'avaient le goût des locations à la mer. Ils se sont croisés dans l'épice particulière des soirs d'été. Les couples, les familles, les célibataires qui nous ont précédés. Ceux d'avant. Ainsi, le lecteur, avec Jean-Philippe Blondel, éprouve-t-il lui aussi le sentiment d'être à la suite de quelqu'un. Il reste une empreinte qui s'attarde. Ici, il y a eu des envies, et puis des bonheurs étrangers, tellement visibles qu'ils ressemblent aux nôtres.

Je me suis lancé dans la lecture de ce roman après avoir lu de multiples critiques élogieuses sur divers blogs littéraires, mais aussi par curiosité devant ce procédé littéraire qui m'a obligé parfois à quelques retours en arrière, mais au final ce n’est pas agaçant, au contraire.

L'auteur nous présente donc, au travers de quatre décennies, de différentes stations balnéaires, et de plusieurs situations humaines, racontées à la première personne par les protagonistes, une construction très originale qui m'a fait penser d'une certaine façon les films de Lelouch.

Au fur et à mesure des chapitres on reconstitue leur parcours, parfois tragique, parfois drôle, parfois caustique. Derrière l'apparence tranquille de ces lieux de villégiature, se cache toute la noirceur du monde. Philippe Blondel nous révèle sans concession la nature humaine et ses multiples travers... aussitôt certains personnages nous paraissent insupportables et d'autres attachants.

J'ai eu l'impression d'avoir vécu certaines situations décrites, d'avoir ressenti certaines impressions des protagonistes. L'auteur nous peint un tableau de la vie, des destins, des regrets, des faits divers qu'on essaie d'oublier. Mais ce qui m'est resté en fermant ce livre c'est bien l'espoir qui subsiste derrière les erreurs du passé, les expériences vécues qui nous aident à avancer et à construire nos vies.

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08 mai 2007

Mercure

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Quatrième de couverture
Sur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l'abri de tout reflet ; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage. Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit un amour fou, paroxystique... Au coeur de ce huis clos inquiétant, la romancière du Sabotage amoureux et d'Attentat, retrouve ses thèmes de prédilection : l'amour absolu et ses illusions, la passion indissociable de la perversité.

C'est le premier livre que j'ai lu de cet auteur et il représente pour moi un bon moment de lecture. Il est à la fois comique, cynique et parfois un peu triste.

On rentre vraiment dans l'univers atypique de son auteur.... "Amélie Nothomb voudrait se réincarner en éponge comme Silvia Popovitche pour tout absorber sans ennui, elle se dit enceinte de ses romans, et dit aimer les fruits blets qui la font vomir. Ces quelques traits suffisent à l'identifier : Amélie Nothomb a fait de ces extravagances un argument publicitaire. Mais c'est aussi « strictement vrai », ajouterait-elle de cette voix particulière qui séduit ou agace, comme l'ensemble de sa personnalité."

Dans ce roman, Amélie Nothomb porte un regard incisif, teinté d'un romantisme noir, sur la passion entre les êtres.

A travers la relation du vieux marin et de sa pupille, l'auteur joue sur l'éventail des passions, des impostures, des hypocrisies et du passage étroit entre le rêve et la réalité. Le mystère de la beauté tient une place essentielle dans ce roman, auquel se rajoutent des thèmes comme la sensualité, la contrainte, la séduction qui sont mis en valeurs dans les rapports entre les personnages.

L'écriture reste simple tout long de ce huit-clos mais les passions, les obsessions se mélangent pour atteindre leur paroxysme. En effet, on a du mal à connaître la vraie nature des protagonistes, à savoir qui est bon, qui est méchant, qui a tord, qui à raison, qui est libre, qui est prisonnier...

Autre particularité, ce roman comporte deux fins. En fait, comme elle n'a pas réussi à faire un choix, elle nous propose deux fins complètement différentes mais tout à fait en cohérence avec le reste du livre.

Personnellement je préfère la deuxième et vous ?

Posté par sachaguitry à 14:53 - Littérature francophone - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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