beaucoup de bruit pour rien

Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle

18 janvier 2009

Australia

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Fin des années 30.
Lady Sarah Ashley, une aristocrate anglaise hautaine et renfermée, arrive au coeur des paysages sauvages du Nord de l'Australie pour y rejoindre son mari qu'elle soupçonne d'adultère, et qui tente - sans succès - de vendre l'immense domaine qu'ils possèdent sur place : Faraway Downs.
Elle ne tarde pas à découvrir que l'exploitation est au bord de la ruine et menacée par son propre contremaître, Neil Fletcher, un homme sans scrupules de mèche avec un puissant éleveur, prêt à tout pour précipiter la chute du domaine et s'en emparer.
Pour sauver Faraway Downs, Sarah n'a pas d'autre choix que de s'allier à un "cow-boy" local un peu rustre connu sous le seul nom de "Drover", et de parcourir avec lui des milliers de kilomètres à travers les terres aussi magnifiques qu'inhospitalières du pays afin de mener jusqu'à Darwin 1500 têtes de bétail.
Peu à peu transformée par la puissance et la beauté des paysages, touchée par la rencontre d'un jeune aborigène orphelin, Sarah découvre des sentiments qu'elle n'avait jamais éprouvés jusqu'alors.
Au terme de leur périple, la seconde guerre mondiale a rattrapé l'Australie, et la ville de Darwin doit désormais faire face aux bombardements japonais.
Pour la première fois de sa vie, Sarah sait pour qui et pour quoi se battre, et est prête à tout pour sauver ce qui compte désormais pour elle.

A la fin de ce film j'ai eu une certitude, Baz Luhrmann est bien un magicien du cinéma, il a réussit à transposer la beauté et la féérie de "Moulin Rouge" dans le bush sauvage australien !

Il nous offre une oeuvre totale qui redonne au cinéma la qualité si puissante qu'on lui conférait et qu'on oublie de plus en plus : celle de faire rêver.

Mais ce n'était pas gagner d'avance car le projet pouvait paraître vraiment ambitieux, mêler guerre, romance et documentaire dans un film long mais qui, cependant, passe relativement vite. A la croisée de "Autant en emporte le vent" et "Pearl Harbor", Baz Luhrmann nous livre une fresque époustouflante écrite comme un poème. Cette réalisation est à n'en pas douter la marque d'un amoureux du beau 7e art. Son film regorge d'images magnifiquement peintes (les paysages grandioses, les couleurs ...) mises en valeur par une Bande Originale véritablement émouvante. Les scènes d'actions sont mémorables (cf la monumentale scène du canyon).

Le "beau" que dis-je "l'irresistible, sensuel et obsédant" Hugh Jackmann, qui a posé ses griffes, est charismatique en diable dans son rôle de Cow Boy blessé et Nicole Kidman en lady qui se laisse emporter par la magie du "Wizard of Oz" est toute en nuance. Je retiendrai aussi la force de l'interprétation du jeune aborigène et l'impact de l'histoire sur des évènements peu connus que sont le génocide du peuple aborigène.

C'est aussi un projet teinté de nostalgie en ce qu'il ramène à ces grands films qu'on ne fait plus, à ces belles histoires d'amour qui ont fait rêver des générations entières. Pari donc réussi pour Baz Luhrmann dans ce prodigieux film grandeur nature.

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23 novembre 2008

L'effet papillon

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Une théorie prétend que si l'on pouvait retourner dans le passé et changer quelques détails de notre vie, tout ce qui en découle serait modifié. On appelle cela "l'effet papillon". Evan Treborn a cette faculté. Fasciné, il va d'abord mettre ce don au service de ceux dont les vies ont été brisées dans leur enfance. Il peut enfin repartir dans le passé et sauver la seule jeune fille qu'il ait jamais aimée.
Mais Evan va découvrir que ce pouvoir est aussi puissant qu'incontrôlable. Il va s'apercevoir que s'il change la moindre chose, il change tout. En intervenant sur le passé, il modifie le présent et se voit de plus en plus souvent obligé de réparer les effets indésirables de ses corrections...

Bien au delà du film fantastique auquel il appartient, l'effet papillon est une passionnante réflexion sur nos décisions passées, nos actions, nos omissions et ce que cela implique sur notre vie future. Que se serait il passé, si par exemple, on avait pas été présent dans un lieu précis à un moment de notre vie, si on avait pas oublié quelque chose, si on avait pas croisé un regard ? Autant de petits détails qui sur le moment paraissent tout à fait anodins mais qui finalement ont eu une importance cruciale sur le déroulement de notre vie.

Dans ce film, chaque personnage trouve sa place au service d'un scénario bien mené et complexe. Ashton Kutcher, acteur dont je doutai un peu du talent, m'a agréablement surpris.  Le casting est plutôt réussi et crédible.

Cette histoire nous saisit à la fois par son côté ingénieux et efficace. Elle nous parle d'univers parallèles et de l'aspect possiblement réversible du destin. Ainsi, la mise en scène proche du clip et la structure en flashbacks servent l'intrigue avec pertinence.

L'effet papillon, sans être un chef d'oeuvre, est une petite pépite cinématographique sensible et divertissante.

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20 octobre 2008

Vicky Christina Barcelona

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Synopsis

Vicky et Cristina sont d'excellentes amies, avec des visions diamétralement opposées de l'amour : la première est une femme de raison, fiancée à un jeune homme respectable ; la seconde, une créature d'instincts, dénuée d'inhibitions et perpétuellement à la recherche de nouvelles expériences sexuelles et passionnelles.
Lorsque Judy et Mark, deux lointains parents de Vicky, offrent de les accueillir pour l'été à Barcelone, les deux amies acceptent avec joie : Vicky pour y consacrer les derniers mois de son célibat à la poursuite d'un master ; Cristina pour goûter un changement de décor et surmonter le traumatisme de sa dernière rupture.
Un soir, dans une galerie d'art, Cristina "flashe" pour le peintre Juan Antonio, bel homme à la sensualité provocante. Son intérêt redouble lorsque Judy lui murmure que Juan Antonio entretient une relation si orageuse avec son ex-femme, Maria Elena, qu'ils ont failli s'entre-tuer.
Plus tard, au restaurant, Juan Antonio aborde Vicky et Cristina avec une proposition des plus directes : s'envoler avec lui pour Oviedo, consacrer le week-end à explorer les beautés de la ville, à boire du bon vin et à faire l'amour. Vicky est horrifiée ; Cristina, ravie, la persuade de tenter l'aventure...

Je savais que barcelone était la plus belle ville du monde, (je sens que certains d'entre vous vont commencer à tousser !!!), ce film ne fait que le confirmer.

Vous allez me dire que c'est parce que je me suis laissé emporter par l'univers de Woody Allen que je porte ce jugement pas du tout objectif ... je l'avoue c'est un peu vrai. Il m'est en effet difficile de résister à cette histoire qui nous transporte dans la chaleur espagnole où le temps semble s'être arrêté pour ces deux héroïnes. Le casting n'y est pas indifférent non plus. Scarlett Johansson est encore une fois sexy en diable, Javier Bardem est formidable. Rebecca arrive à imposer son personnage, malgré sa moindre notoriété. Mais c’est surtout Penelope Cruz qui crève l’écran, elle livre une performance incroyable, d’une sensualité torride, elle arrive presque à faire de l’ombre à Scarlett, et son rôle d’ex épouse hystérique et impertinente la fait rentrer directement au panthéon des grandes actrices latines.

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Dans ce film, Woody Allen nous propose une vision des rapports amoureux empreinte de subtilité et d'intelligence.  "Match point" nous livrait le côté amoral des personnages, dans "Vicky Christina Barcelona", le réalisateur met en avant la part immorale qui réside en chacun de nous. Le spectateur est interrogé sur son rapport à l’amour avec ces portraits d’hommes et de femmes qui ont chacun des rapports différents au sexe et à la passion. Ici, Woody Allen goûte à tous les plaisirs: l’adultère, la polygamie et nous livre une œuvre d’une sensualité envoûtante.

Sans oublier et j'y reviens inlassablement,  il y a Barcelone qui se révèle être le décor idéal pour ce marivaudage ensoleillé et torride.

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06 septembre 2008

The joker

Je pense que n'importe qui a vu The Dark Knight le confirmera, à part peut être les éternels insatisfaits dont la critique négative est un mode de vie,  son interprétation du Joker est de celles qui rentrent dans l'histoire du cinéma.

Les photos, les affiches et les bandes-annonces donnent un aperçu de cette performance... dont l'impact est multiplié par dix une fois qu'on se retrouve derrière un écran.

Voici un article de presse, où sont répertoriés les avis des acteurs du film sur la prestation d’Heath Ledger.

«Pour ce rôle, Heath a cherché et trouvé une «fréquence» et il l'a parfaitement syntonisée, poursuit Gary Oldman. C'est arrivé pour Al Pacino dans Dog Day Afternoon, pour Jack Nicholson dans One Flew Over the Cuckoo's Nest.» «Et quand on voit quelque chose comme ça se produire, c'est... c'est incroyable. Vous savez, sur les plateaux, les gens sont souvent blasés. Ils en ont vu d'autres. Là, toute l'équipe était électrifiée par Heath. Tout le monde voulait voir ce qu'il faisait», ajoute Aaron Eckhart qui, lui, incarne un nouveau venu sur la planète Batman/Nolan, le procureur général Harvey Dent qu'une tragédie - une autre, il y en a plusieurs dans l'histoire de David S. Goyer et Christopher Nolan que ce dernier a scénarisée avec son frère, Jonathan - transforme en Two-Face.

Une scène mémorable met alors en présence les deux acteurs, dans un hôpital. «Un moment extraordinaire, se souvient Aaron Eckhart. Au fil du tournage, nous avions commencé à nous découvrir dans la salle de maquillage, au petit matin, parce que nous ne nous connaissions pas avant. Nous n'avons pas répété cette scène en particulier mais quand il a commencé à faire son truc, j'étais toujours le comédien en face de lui mais aussi, un fan. C'était incroyable de le voir.»

Christian Bale, qui reprend ici le rôle de Bruce Wayne/Batman, a pour sa part été initié au Jocker de Heath Ledger dans une scène percutante (un euphémisme) se déroulant dans une salle d'interrogation: «J'ai vu et senti là l'engagement complet que Heath avait envers le Jocker. Je n'ai jamais vu un personnage aussi anarchique ou qui donne autant la chair de poule que celui-là. C'est un Jocker à saveur Clockwork Orange

Un personnage habitant un acteur, quoi. Totalement. Viscéralement. «C'est parce qu'il était un acteur sans peur et charismatique, un type ne faisant rien par vanité, pouvant plonger complètement dans son rôle, capable de prendre des risques - comme il en a pris avec Brokeback Mountain - que j'avais besoin de Heath pour reprendre ce rôle iconique qu'est celui du Joker», raconte le réalisateur Christopher Nolan. Il avait l'acteur en tête avant même que le scénario ne soit écrit.

Que dire de plus sans tomber dans le larmoyant, Heath Ledger, dans The Dark Knight, incarne LE chaos, dans une espèce de fusion entre art et vie. Il nous apparaît comme une sorte de dandy destroy. Un clown à la voix d’outre-tombe qui ne cherche plus à faire bonne figure, c’est un démon, paranoïaque, nihiliste, autodestructeur.

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Ce Joker chaotique, signe avant-coureur de ses démons, est à coup sûr une icône....

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23 juin 2008

[REC]

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Synopsis

Angéla est journaliste pour une télévision locale. Accompagnée de son caméraman, elle relate le quotidien de ceux qui travaillent la nuit.
Ce soir, elle est dans une caserne de pompiers. La nuit est calme, aucune urgence. Jusqu'au coup de fil d'une vieille dame qui réclame du secours. Le tandem suit les pompiers et découvre en arrivant sur place des voisins très inquiets. D'horribles cris ont été entendus dans l'appartement de la vieille dame. Angéla perçoit la tension des habitants, son reportage devrait enfin sortir de la routine... Elle n'imagine pas à quel point !

Cette oeuvre conceptuelle dans la veine du "Projet Blair Witch est un film d'horreur angoissant, fondé sur la peur de la vérité et de ses conséquences. Plus les personnages avancent dans le film, plus la sensation de mort se rapproche. Même si la présence de scènes abstraites et déconnectées de toute logique (je n'en dis pas plus pour les personnes qui n'ont pas vu le film), l'expérimentation que tentent les cinéastes servent un propos qui l'est beaucoup moins ; en effet, ils se livrent à une étude de la variation de la peur primale, des réactions incontrôlées de personnages à la base comme vous et moi qui sombrent dans l'angoisse totale..

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"[REC]" fait peur, car au fond, rien n'apparaît impossible face à ce festival de tueries sordides, de prisonniers enfermés dans un immeuble sombre et sans issues. Au fur et à mesure que les protagonistes montent dans les étages de cet immeuble, les idées scéniques abondent (lampe torche, lumière infrarouge, rotation de la caméra seule pour observer le grenier, abstraction des formes et des mouvements dans un final saisissant de laideur), et la peur se raccourcit, ne cherchant plus tant l'effet qui effraie mais plus à nous donner les clés de la vérité expliquant les données et les raisons d'un tel carnage.

L'obsession du cameraman, parfois d'une implacable réalité, est de tout filmer ou presque (d'où la frustration des petits jeux du "Arrête de filmer" qui met un terme à notre côté voyeur). Toutefois, dans son premier plan est toujours présente la journaliste, dont on devine qu'il se noue une véritable histoire, à la fois de survie dans la mesure où l'un a nécessairement besoin de l'autre et aussi d'un certain attrait corporel, d'où émanent quelques tensions sexuelles à peines suggérées mais pourtant bien présentes.....

Avec ce huis-clos paranoïaque efficace et plutôt terrifiant, le cinéma fantastique espagnol nous réserve de bonnes surprises. 

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01 mars 2008

Juno - Anyone Else But You

Juno McGuff, 16 ans, est une jeune fille qui n'a pas la langue dans sa poche mais qui, sous ses airs de dure, se cherche comme toutes les adolescentes de son âge. Alors que la plupart de ses copines de lycée passent leur temps sur Internet ou au centre commercial, Juno ne fait rien comme les autres. C'est ainsi qu'un jour où elle s'ennuie, elle couche avec Bleeker, garçon aussi charmant que peu prétentieux.
Mais quand elle tombe enceinte accidentellement, elle décide de trouver le couple de parents adoptifs idéal qui pourra s'occuper de son bébé. Avec l'aide de sa meilleure amie Leah, elle repère dans les petites annonces du journal local Mark et Vanessa Loring qui rêvent d'adopter leur premier enfant. Soutenue par sa famille, Juno fait la connaissance des Loring. Tandis que le terme de sa grossesse approche, Juno va devoir faire preuve de maturité et de courage...

Dans la continuité d'une petite fille qui court avec sa famille un peu loufoque après les concours de chant à travers les Etats Unis dans l'excellent "Little Miss Sunshine",  les films indépendants américains nous offrent une nouvelle petite pépite avec "Juno".

Jason Reitman après "Thank You For Smoking" ne change pas vraiment de registre pour notre plus grand plaisir en adoptant le même ton décalé. Un ton qui s'avère résolument drôle pour un sujet qui ne l'est pas forcément. En effet, Juno McGuff, 16 ans, vient de tomber enceinte. Mais la jeune filles est loin d'être abandonnée, aidée par son père, sa belle-mère et sa meilleure amie, elle va prendre la décision de garder l'enfant et de le faire adopter par un couple aisé.

On s'aperçoit rapidement que Reitman n'a pas fait ce film pour que la polémique s'installe sur le "pour ou contre l'avortement"  mais plutôt pour peindre une savoureuse galerie de personnages dominée par Ellen Page, rayonnante et drôle.

En évitant les clichés, le réalisateur donne à chaque protagoniste du film un rôle prépondérant à jouer. Dans son portrait d'une jeune fille qui, à cause d'un "évènement" non voulu, va entrer dans l'âge adulte plus tôt que prévu, "Juno" se révèle d'une justesse admirable. C'est une succession de scènes résolument drôles aux nombreuses réparties appropriées qui laissent place à des séquences de pures émotions où la cinglante et cynique Juno évolue en devenant une jeune fille sentimentale et mature.

Ce film brille par son humour bien particulier, une bande originale magnifique et surtout une aura qui nous fait ressortir de la salle avec le sourire aux lèvres. C'est un petit bijou d'optimisme à consommer sans modération.

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12 février 2008

Cloverfield

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Synopsis

New York - Une quarantaine de ses amis et relations ont organisé chez Rob une fête en l'honneur de son départ pour le Japon. Parmi eux, Hub, vidéaste d'un soir, chargé d'immortaliser l'événement. La "party" bat son plein lorsqu'une violente secousse ébranle soudain l'immeuble. Les invités se précipitent dans la rue où une foule inquiète s'est rassemblée en quelques instants. Une ombre immense se profile dans le ciel, un grondement sourd se fait entendre... et la tête de la Statue de la Liberté s'effondre brutalement sur la chaussée. L'attaque du siècle vient de commencer. Au petit matin, Manhattan ne sera plus qu'un champ de ruines...

Encore une énorme créature hybride se baladant dans les rues de New-York et dévastant tout sur ce son passage !

L’histoire est vue et revue vous allez me dire, mais l’intérêt de ce "Cloverfield" ne se veut pas là. Donc, je mettrais un peu de côté l'histoire (une nouvelle adaptation de "Godzilla", mâtinée de "Guerre des Mondes", et saupoudrée par les souvenirs du 11 septembre),pour me concentrer sur la forme, à savoir l'utilisation d'une caméra numérique, en gardant en mémoire l'utilisation très réussie de ce procédé dans "le projet Blair Witch". En effet, le fait de suivre un cameraman amateur dans cette forêt hantée fut une expérience à la fois vraiment séduisante et effrayante. Pour sûr le principe était bon, malheureusement la mise en forme, ici, n'est pas à la hauteur de nos attentes. Et, pour un film qui mise tout sur la forme, c’est dommage.

La caméra bouge continuellement pour donner un effet de réalisme, cependant ce type d’exercice rend le film assez désagréable à regarder sur grand écran, à la limite de la nausée sur les passages de fuite éperdue. De même, le traitement de l’image, les plans présentés, et le choix de la mise en scène rendent l’ensemble de la démarche totalement artificiel, ce qui nuit forcément à notre immersion dans le film.

Enfin, et c’est le dernier accroc, on regrettera l’aspect lisse et caricatural des personnages dont l'étude psychologique est proche du néant et des situations, certes propre aux films grand public, mais qui fait tomber certaines bonnes idées totalement à plat, comme par exemple le premier quart d’heure d’introduction...d'une longueur exaspérante pour une 1 h 20 de film !

Malgré tout, le film n’est pas un ratage complet : on le regarde, il ménage de bons moments (je retiendrai un passage assez réussi dans un tunnel en pleine obscurité....), et se déroule sans provoquer l’ennui. Je parlerai plus d'une non-réussite plutôt qu’un échec complet. Toutefois, on ressort quand même de là avec l’impression d’être passé à côté de quelque chose plutôt que d’avoir vécu un grand moment.

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14 janvier 2008

Into the Wild

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Synopsis

Tout juste diplômé de l'université, Christopher McCandless, 22 ans, est promis à un brillant avenir. Pourtant, tournant le dos à l'existence confortable et sans surprise qui l'attend, le jeune homme décide de prendre la route en laissant tout derrière lui.
Des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado, en passant par les communautés hippies de Californie, Christopher va rencontrer des personnages hauts en couleur. Chacun, à sa manière, va façonner sa vision de la vie et des autres.
Au bout de son voyage, Christopher atteindra son but ultime en s'aventurant seul dans les étendues sauvages de l'Alaska pour vivre en totale communion avec la nature.

En sortant de la salle de ciné, je me suis demandé comment j'allais pouvoir retranscrire toutes les émotions qui m'ont envahies lors de cette projection ?  Into the wild fait partie de ces grands films qui nous prennent aux tripes, au coeur, et nous retournent, nous secouent de la première jusqu'à la dernière seconde de pellicule.

Sean Penn nous raconte le voyage bouleversant de Christopher Mcnless qui était destiné à faire de brillantes études, et qui cherchera un sens à sa vie jusqu'au fin fond de l'Alaska. On ressent vraiment les sentiments du personnage, notamment par une mise en scène assez sophistiquée et un travail approfondi sur la psychologie du personnage ...

Ce film est aussi une occasion de voir l'Amérique autrement. L'Amérique de la route, celle des rejetés, des exclus de la société de consommation, de cette "sick society" selon Christopher.

Le message envoyé est relativement clair, celui de vivre à fond son envie d'un retour à la source de la vie, à savoir vivre en communion avec la nature. Et il est très bien transmis, sublimé par ces paysages magnifiques, la beauté du grand Canyon, ou le blanc immaculé des neiges éternelles des monts d'Alaska, ajouté aux sentiments d'un homme voulant trouver un sens à la nature humaine.  Ainsi, on partage avec Christopher des rencontres inattendues, on découvre des personnages attachants (Jan et Ron, en hippies adorables) et surtout, le grand Emile Hirsch, exceptionnel en vieil homme solitaire !

Toutefois, on pourrait reprocher à "Supertramp" son choix relativement égoïste pour sa famille et surtout sa soeur, ne donner aucune nouvelle et laisser une impression d'abandon intolérable pour les personnes qui l'aiment.

Mister Penn nous livre un film boulversant dont on ne ressort pas indemne...

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31 décembre 2007

Gone, baby gone

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Synopsis

Dans une banlieue ouvrière de Boston, la petite Amanda a disparu. Après l'échec des recherches menées par la police, la tante et l'oncle de l'enfant décident de faire appel à des détectives privés du coin, Patrick Kenzie et Angie Gennaro.
Patrick et Angie connaissent bien le quartier, au point de savoir que Hélène, la mère d'Amanda, est une droguée. Plus ils enquêtent, plus ils découvrent l'envers de la ville dans ce qu'il a de plus sombre. Ils s'enfoncent au-delà des mensonges et des faux-semblants, vers les secrets les plus noirs de la ville, là où règnent les dealers, les criminels et les pédophiles. Cela ne les aide pourtant pas dans leur enquête et Amanda reste introuvable.
Face à la pression médiatique, Remy Bressant, un enquêteur qui ne lâche jamais, et le capitaine de police Jack Doyle vont aussi s'attaquer à l'enquête. La vérité finira par surgir, mais elle aura un prix. Chaque ville a ses secrets, chaque humain sa conscience...

Quel plaisir de retrouver derrière le grand écran cette atmosphère de Boston que j'avais adorée avec les romans de Dennis Lehane. 

On entre avec ce film dans un univers que le cinéma américain ne montre que rarement, exit Los Angeles et New York, bienvenue à South Boston, une banlieue sale et peuplée par des gens de classe moyenne cotoyant la pauvreté. La force de ce film réside dans l'immersion totale dans ce monde où le bien côtoie le mal et la notion de loi devient floue, ou chacun a sa propre conception de la justice.

"Gone Baby Gone" est un film chargé en émotions: la douleurs s'associe aux mensonges, à la compassion .... Le héros, interprété par Casey Affleck, un jeune homme ordinaire qui va être confronté à un bouleversant cas de conscience, auquel nul ne restera insensible. Ce film pose de nombreuses questions dont une essentielle, qu'aurions-nous fait à sa place ?

Le casting est vraiment réussi, Ed Harris incarne à merveille le policier justicier. Un Morgan Freeman excellent et un très bon Casey Affleck jouant à la perfection son rôle de détective près à tout pour découvrir la vérité sur l'enlévement de cette petite fille. Seul petit bémol, Michelle Monaghan me semble un peu trop effacée et insipide dans son personnage d'Angela (il est a noté que dans le roman de Lehane, elle avait plutôt un tempérament volcanique)

Enfin, Ben Affleck m'a convaincu qu'il est bien meilleur réalisateur qu'acteur, il est arrivé à prendre comme réference Van Sant ou Cronenberg, tout en restant simple et humble, des qualités qu'on est pas susceptible de trouver pour une première réalisation.

Gone Baby Gone est finalement un film au ton juste, avec un suspense intense et une réalisation soignée....une très bonne surprise de fin d'année !

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22 décembre 2007

Le Mepris - Jean-Luc Godard

Le Mépris s'ouvre sur une phrase d'André Bazin : "le cinéma substitue à nos regards un monde qui s'accorde à nos désirs

Pour nous présenter cette dualité femme/homme accés sur l’intime, Godard s’offre  une musique aussi tragique que l’œuvre qu’elle surligne : le fameux Thème de Camille, composé par George Delerue. Cette musique confère une grande puissance émotionnelle au spectateur.

L'émotion qui se dégage de ce film nous étreint dès le générique, avec cet image d'un cadreur qui suit en travelling une jeune femme. En se rapprochant du premier plan, il vérifie sa lumière, puis bouge sa caméra, la pointant sur nous, le cadre de son objectif épousant le cadre de l'écran que l'on regarde. Je suis loin d'être un spécialiste des techniques cinématographiques et d'autres seront beaucoup mieux l'expliquer que moi mais cette scène m'a laissé une sensation étrange, peut être celle d'être filmé, observé, de faire partie de la distribution...

Si on est un tant soit peu réceptif et attentif, on se laisse prendre à cette histoire de passion, de destruction, d'introspection, violente à la fois lyrique, exarcerbée, envoûtante.

"Le Mépris" s'impose comme une fresque magnifique du couple contemporain, d'une beauté incomparable, éternelle, envoûtante, qui ne vieillira sans doute jamais.  .

 

Posté par sachaguitry à 15:12 - Films - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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