beaucoup de bruit pour rien

Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle

24 décembre 2008

Le voyage est une espèce de porte par où l'on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve.

Guy de Maupassant

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22 décembre 2008

L'amante

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Paris, 1969. Marc Elern a dix-huit ans. Il vient de perdre sa mère. C'est dans un état second qu'il passe le bac, partagé entre la douleur et la passion qu'il éprouve pour Alba, une jeune infirmière qu'il épie dans l'immeuble qui fait face au sien, fenêtre dans la nuit. Mais, éjecté du jardin vital de l'enfance, Marc est perdu. Le deuil va faire de ce jeune homme inachevé un amoureux chronique. Après Alba, il s'éprend d'Aline, trente-huit ans, divorcée - une jolie maman. Ils veulent fonder une famille à eux, mais Aline ne tombe pas enceinte, et, détaché d'elle physiquement, Marc finira par la quitter. Il erre ainsi d'une femme à l'autre, d'un âge au suivant, enfant toujours en quête du paradis premier. Toujours en quête du grand amour...

On découvre dans ce roman un jeune homme, sortant juste de l'adolescence, à la dérive et en mal de vivre dont le rêve absolu est de trouver le parfait amour. Oui Marc est amoureux fou, comme on peut l'être à tout âge. Car ce n'est pas un privilège de l'adolescence, il peut nous surprendre à tout moment et nous laisser vibrant d'émotion

Il va rencontrer cette jeune infirmière, celle-ci va le faire tourner en rond ne sachant pas très bien ce qu’elle veut. Elle-même se cherchant encore. Mais par un heureux ou malheureux concours de circonstance, il va faire la connaissance d’Aline. Une femme du double de son âge, n’étant autre que la mère d’Alba.

Il va devoir choisir, la fille ou la mère ? Entre la jeunesse et la maturité, entre le désir promis et de désir assouvi, entre le fantasme absolu et la virilité comblée...voici la problématique de ce roman.

En parallèle de ce duel amoureux mère-fille, on fait la connaissance avec un jeune homme dépassé devant ses responsabilités familiales : en l’absence quasi totale de son père et en la mort soudaine de sa mère, il doit gérer les amours et les angoisses de sa soeur cadette, atteinte de cécité.

J'avoue que j'ai mis un peu de temps à rentrer véritablement dans l’histoire, on suit pendant une grande partie du roman les atermoiements de Marc dont l'objectif est de séduire cette jeune fille qui lui échappe désespérément. Mais au delà de cette quête c'est aussi une histoire sur les liens fraternels entre frère et soeur, les doutes de l’adolescence et les premières amours, on se retrouve en fait immergé dans une famille comme une autre avec ses peines et ses joies.

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21 décembre 2008

Roméo et Juliette - Dr House

Un simple regard suffit à faire passer toutes les émotions...... 

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20 décembre 2008

"On ne choisit jamais un chat, c'est lui qui vous choisit"

Philippe RAGUENEAU

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17 décembre 2008

Je voudrais, si ma vie était encore à faire

Paul Verlaine

I

Je voudrais, si ma vie était encore à faire,
Qu'une femme très calme habitât avec moi,
Plus jeune de dix ans, qui portât sans émoi
La moitié d'une vie au fond plutôt sévère.

Notre coeur à tous deux, dans ce château de verre,
Notre regard commun, franchise et bonne foi,
Un et double, dirait comme en soi-même : Voi !
Et répondrait comme à soi-même : Persévère !

Elle se tiendrait à sa place, mienne aussi,
Nous serions en ceci le couple réussi
Que l'inégalité, parbleu ! des caractères

Ne saurait empêcher l'équilibre qu'il faut,
Ce point étant compris d'esprits en somme austères
Qu'au fond et qu'en tout cas l'indulgence prévaut.

II

L'indulgence qui n'est pas de l'indifférence
Et qui n'est pas non plus de la faiblesse, ni
De la paresse pour un devoir défini,
Monitoire au plaisir, bénin à la souffrance.

Non plus le scepticisme et ni préjugé rance
Et ni la chair honnie et ni l'ennui banni,
Mais grand'délicatesse et bel accord béni,
Toute mansuétude et comme vieille France.

Nous serions une mer en deux fleuves puissants
Où le Bonheur et le Malheur, têtes de flotte,
Nous passeraient sans heurts, montés par le Bon Sens,

Ubiquiste équipage, ubiquiste pilote,

Ubiquiste amiral sous ton sûr pavillon,
Amitié, non plus sous le vôtre, Amour brouillon.

III

L'amitié ! Mais entre homme et femme elle est divine
Elle n'empêche rien, aussi bien, des rapports
Nécessaires, et sous les mieux séants dehors
Abrite les secrets aimables qu'on devine.


Nous mettrions chacun du nôtre, elle très fine,
Moi plus naïf, et bien réglés en chers efforts,
Lesdits rapports dès lors si joyeux sans remords
Dans la simplesse ovine et la raison bovine.

Si le bonheur était d'ici, ce le serait !
Puis nous nous en irions sans l'ombre d'un regret,
La conscience en paix et de l'espoir plein l'âme,

Comme les bons époux d'il n'y a pas longtemps,
Quand l'un et l'autre d'être heureux étaient contents
Qui vivaient, sans le trop chanter, l'épithalame

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15 décembre 2008

On n'empêche pas un petit coeur d'aimer

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On n'empêche pas un petit cœur d'aimer. Surtout un petit cœur sec. Jaloux. Tordu. Malheureux. Il faut l'admettre, l'amour n'est pas l'apanage des gens aimants. D'ailleurs, l'auteur avait pensé intituler son recueil de nouvelles : Infect. Mais d'Insecte à Infect, la rime était trop facile. Pourtant, infects, nous le sommes tous plus ou moins quand nous aimons.

Dans cette série de nouvelles, la romancière attaque un sujet qu'elle semble connaître jusqu''au bout des doigts : le couple. Elle nous entraîne dans un huis clos où sont enfermées toutes les bassesses et les grandeurs de l’âme humaine. On y rencontre des personnages vils et lâches, hystériques et jaloux qui se fréquentent et se détestent dans le même élan, qui se font les pires coups bas en se disant des “je t’aime” qui donnent envie de vomir.

Il faut reconnaître à Claire Castillon une belle maîtrise du contre pied, on lit ses nouvelles sans savoir où elle va nous amener et on arrive au dernier paragraphe pour découvrir avec stupéfaction la réalité. A peine une nouvelle terminée, trop courte, on en redemande, tant la chute claque et abasourdit. Sans donner la clef, la justification qui excuserait.

Au delà des variations sur le couple ou la famille avec des personnages plus ou moins succulents, nous avons une vraie qualité d'écriture qui décrit avec les mots justes les méandres des sentiments. Certes, certaines nouvelles sont à la limite du fantasme, du fantastique presque, mais d'autres sont ancrées dans la vie réelle

En fermant la dernière page de ce recueil une question reste en suspens : dans quel cauchemar Claire Castillon va-t-elle chercher tout cela ?

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10 décembre 2008

"L'amour est une passion qui ne se soumet à rien, et à qui, au contraire, toutes choses se soumettent"

Madeleine de Scudery

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07 décembre 2008

Petit moment d'éternité

Grand-mère ! dit le petit garçon, apprends-moi des mots neufs. Des mots encore plus beaux que ceux d'hier, plus beaux que ka-léi-dos-co-pe, plus rigolos que ceux qui font des bruits comme cla-po-tis, chu-cho-te-ments... Encore, grand-mère, encore ! La vieille femme sourit. Le temps est venu, se dit-elle. Il est prêt !

Oui, j'ai un beau mot pour toi. Je vais t'aider à le trouver...

Oh ! oui, j'adore les devinettes, dit l'enfant en sautillant.

Voilà. C'est un mot qui contient les plus belles valeurs du monde...Un mot qui est présent en toi et tout autour de toi si tu sais le ressentir.

C'est facile ! c'est...la Vie ! Ce qui est présent en moi et tout autour de moi, c'est la Vie !

Oui bien sûr, il y a de la vie dans ce mot, d'abord de la vie. De la vie vivante, toute joyeuse. De celle qui chante dans tes oreilles chaque matin, avant même que tu ouvres les yeux. Un élan de vie qui te fait dire en regardant le ciel chaque jour : Merci pour ce bleu. Tant mieux pour cette pluie, la terre a soif. Quel vent ce matin ! ça nettoie tout le ciel, mais fermez un peu les portes en haut, ça fait courant d'air ! Un mot qui peut dire l'élan, la fougue, l'enthousiasme. Imagine-toi grimpant vers le haut d'une colline. Tu es presque au sommet, c'est tout clair, c'est tout rond d'herbe verte. Tu marches, il y a l'air vif qui souffle à tes oreilles, tout autour s'étend à perte de vue l'immensité du paysage. C'est tellement beau que tu en as le souffle coupé. Ton cœur déborde presque. Tu te sens fort, grand et petit en même temps, léger comme un oiseau, tu te sens aussi libre que le vent. Tiens, tu pourrais t'envoler, être le vent toi-même...

C'est le bonheur, grand-mère ?

Il y a du bonheur dans le mot, oui, mais cherche encore... Quand tu mets du bon dans tout ce que tu fais, quand tu sais ouvrir tes yeux pas seulement pour voir, mais pour regarder, alors tu peux t'émerveiller de tout et d'un rien, du gazouillis d'une mésange, d'un sourire reçu, de la force du brin d'herbe qui pousse dru dans le bitume du trottoir, de la lumière d'or des étoiles. Quand une fleur devient le plus beau des bouquets du monde, que ton regard se fait caresse pour dire en silence toute ton émotion, quand tu accueilles les bras qui t'aiment et que tu est si plein de désir et d'amour que tu rayonnes comme un soleil...

J'ai trouvé, j'ai trouvé, c'est Soleil d'Amour ! C'est un petit nom que tu me donnais, grand-mère, quand j'étais petit !

Oui, tu es ce soleil-là et il y a de l'amour dans ce mot, mais cherche encore, cherche... C'est un mot qui te dit aussi d'avoir du courage, même quand il y a du gris dans ta vie. Un mot lucide qui n'exclut pas les peines et les difficultés. Un de ceux qui te permettra aussi de trouver toi-même dans chaque évènement difficile, le petit bout de ciel bleu, l'infime lumière qui te redonnera confiance en toi, et surtout en la vie qui est en toi.

C'est l'espérance !

Tu y es presque, continue, continue... Un mot qui contient la Vie, la Joie, l'Enthousiasme, la Tendresse des petits bonheurs, le Courage, le Désir, l'Amour, la Confiance, l'Espérance !

Il existe, grand-mère, ce mot qui dit tout ça à lui tout seul ?

Oui, mon petit... C'est le mot Vivance. C'est la Vivance dans la vie !

C'est un joli mot Vivance, grand-mère !

Murmure-le, écoute-le... Tu l'entends rire dès que tu le prononces...

Vivance !

C'est un mot précieux, tu sais...

Un mot près-des-cieux ?

Oui, dit-elle en souriant. Il vient certainement du ciel, peut-être même du pré-des-cieux... C'est un mot si précieux qu'il est mon héritage pour toi ! C'est qu'il me vient de loin, tu sais, de mon enfance, de ma maman à moi, de mon histoire... Il vient de toute ma lignée et je te l'offre aujourd'hui car le temps est venu... Cette Vivance, elle est la force vive qui donnera plus de vie à ta vie. Je la dépose en toi comme une graine pour qu'elle germe, qu'elle éclose, qu'elle resplendisse, qu'elle fructifie, afin qu'un jour toi aussi tu puisses à ton tour la transmettre à d'autres, à ceux que tu aimeras, que tu aideras, que tu accompagneras... Ouvre la bouche, tire la langue, ferme les yeux, mon petit Soleil d'Amour...Et...hop ! dit la grand-mère, en riant, la graine de Vivance est en toi ! N'oublie pas, c'est pour toute ta vie. La Vivance de la vie, c'est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ta propre vie.

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03 décembre 2008

"Pour avoir droit à une étincelle d'éternité, il faut avoir aimé."

Jacques Attali

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02 décembre 2008

L'étoile du diable

9782070358724

Quatrième de couverture

Eté caniculaire à Oslo. Depuis l'assassinat de sa coéquipière, Harry Hole, flic acharné et intuitif, a sombré dans l'alcool et le désespoir. Les deux inspecteurs menaient une enquête sur un trafic d'armes auquel certains éléments corrompus de la police seraient mêlés. Paranoïaque et à bout de nerfs, Hole entame une longue descente aux enfers que rien ne semble pouvoir arrêter. Alors que ses supérieurs pensent à le suspendre, une sanglante affaire va le remettre sur les rails. Depuis quelques jours, des cadavres sont en effet retrouvés aux quatre coins de la capitale norvégienne. Le modus operandi est toujours le même : l'ablation de l'un des doigts des victimes et la présence à proximité des corps mutilés d'un diamant rouge taillé en forme d'étoile et d'un pentagramme, symbole occulte plus connu sous le nom d'" étoile du diable ". La police doit se rendre à l'évidence : un serial killer opère dans les rues d'Oslo. Mais attention, le diable est rarement celui qu'on croit...

Comme souvent, Jo Nesbo nous plonge dans une nuit sombre, où l'on retrouve son inspecteur qui avance à l'aveugle pour coincer un serial killer opérant dans Oslo...

Le temps passe et l'inspecteur Hole ne change guère, il apparaît toujours décalé par rapport à ses confrères très politiquement corrects. Personnage désabusé, alcoolique parfois repenti, qui pose son regard désespéré sur cette humanité qui lui est si proche, et si étrangère à la fois.

Je vais sûrement me répéter mais Jo Nesbo tient une place prépondérante dans l'univers du roman noir.  Cette aventure ne déroge pas au reste de son œuvre, elle est sans concessions, sombre, noire et souvent grinçante, nous rappelant sans cesse qu'il y a un peu du Harry Hole en chacun de nous...


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