beaucoup de bruit pour rien

Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle

26 mai 2008

Les cafards

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Un somptueux couteau thaïlandais enduit de graisse norvégienne est retrouvé planté dans le dos d'un ambassadeur scandinave. L'homme est mort dans une chambre de passe à Bangkok. Près de lui, une valise au contenu sulfureux de quoi nuire, de quoi faire très mal... A peine revenu d'Australie, Harry Hole repart pour l'Asie, ses usages millénaires, ses secrets et sa criminalité dont il ignore tout. Toujours aussi cynique, intimement blessé, l'inspecteur venu d'Oslo va se heurter de plein fouet à cette culture ancestrale en pleine mutation. Un tueur local monstrueux le traque sans relâche. L'affaire se complique au-delà de la raison. Bangkok reste une ville à part. Un mystère pour celui qui s'y arrête. Hole ira jusqu'au bout, au plus profond du cœur d'un homme, jusqu'à l'invraisemblable...

Ce deuxième opus des aventures de Harry Hole est dans la continuité du premier. J'ai adoré "L'homme Chauve Souris", et la suite est remarquable en tous points : l'auteur utilise le même canevas, un inspecteur tourmenté, alcoolique et désabusé est envoyé par le gouvernement norvégien pour enquêter sur la mort suspecte d'un de ses ressortissants ; il s'agit cette fois d'une affaire délicate car le "cadavre" appartient à la diplomatie norvégienne et que notre inspecteur se retrouve sur un terrain miné. Cette aventure reste aussi un cache cache de plus entre un flic et un tueur, mais Harry est ici encore l'anti héros parfait, nous dévoilant sa sensibilité d'écorché vif, plein d'humanité et de doutes.

Jo Nesbø inscrit ses intrigues dans un contexte historique et social. Après sa vision "australienne", il nous convie avec Les Cafards à une visite guidée de la Thaïlande, de Bangkok, et d'une particularité qui lie plus précisément les pays nordiques à ce coin d'Asie : le tourisme sexuel, voire la pédophilie.
Là où cet auteur est remarquable, c'est qu'à travers une intrigue superbement ficelée et en compagnie de personnages qui ne sont pas là pour la figuration, il montre le visage d'une Thaïlande façonnée par les occidentaux dans les années 60 qui, après avoir été la "maison close" de campagne des troupes américaines cantonnées au Vietnam, est devenue, entre autre, un pays dont l'industrie sexuelle semble surpasser toutes les autres. Il nous fait approcher également une ambiance, une autre culture, lointaine, une autre civilisation, empreinte de fièreté.

On découvre un roman dense, sans temps mort, violent, qui avec beaucoup de fluidité, nous emporte à l'autre bout du monde.

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09 mai 2008

La voleuse de livres

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Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter. Une histoire étrange et émouvante où il est question : d'une fillette ; des mots ; d'un accordéoniste ; d'Allemands fanatiques ; d'un boxeur juif ; de vols.

La couverture de ce roman a aussitôt accroché mon regard, son titre a attiré mon attention et finalement son sous-titre : « quand la mort vous raconte une histoire, vous avez intérêt à l'écouter" m'a vraiment intrigué. il n'en fallait pas plus pour me donner envie de me plonger dans l'histoire de cette petite voleuse de livres.

La voleuse de livres !  Ce titre peut paraître particulier au vu du contexte dans lequel ce livre se situe. Mais finalement, tout l'intérêt de ce livre est de nous faire comprendre que notre histoire se construit avec des mots, un livre est bien composé de mots et finalement les mots sont capables du meilleur comme du pire.

L'auteur nous plonge donc en pleine deuxième guerre mondiale du côté de l'oppresseur puisque qu'on se retrouve au sein d'une famille allemande....mais revenons dans un premier temps à la particularité de ce livre et de son narrateur un peu spécial et peu commun. Oui, ce n'est ni plus ni moins la mort elle même, plutôt surnommée en ces temps là, la grande faucheuse pour le travail accompli, qui va être notre guide dans ce récit. 

Tout d'abord elle nous explique qu'il a fallu qu'elle travaille sans relâche pendant ce vingtième siècle à cause de la folie des hommes. La mort raconte son labeur quand elle vient prendre dans ses bras, les hommes, les femmes et les enfants qui sont au bout du chemin de la vie. La mort est condamnée indéfiniment à faire ce travail. Mais cette fois, tout est concentré autour de la folie d'un homme, le führer, avec une fureur qui éclabousse toute l'Europe et dont les fondements de cette folie ont été publiés dans un livre "Mein Kampf"

Dans un second temps, la mort nous présente le personnage principal de ce roman, une jeune allemande, Liesel Meminger. Cette jeune fille semble passer à travers les mailles de son filet et arrive par susciter son admiration et son attachement.  .
Toute l'histoire se déroule à travers elle et à travers les livres qui passent sur son chemin ou qu'elle va aller voler. Tout au long de cette histoire tragique, ils auront une importance capital.
En arrivant chez les Hubermann, dans la rue Himmel à molching à coté de Munich, tout va se déclencher... Elle va vivre avec des personnes qu'elle va aimer, apprendre à lire, se faire de nouveaux amis, faire des rencontres avec des gens aussi différents les uns que les autres. Des personnes riches quelque soient leurs convictions, des gens qui parfois ne s'aiment pas mais qui dans les pires moments font faire preuve d'une grande solidarité.

Toutefois, le style de narration choisi par l'auteur est très particulier et à mon avis finit par être lassant car la mort commence dans son récit par la fin puis raconte comment ça en est arrivé là. Au départ ça marche parfaitement bien, on a envie de savoir comment ça c'est passé, mais arrivé vers la fin du livre vers la septième partie, ça ne marche plus aussi bien, ça perd de l'intérêt.

Finalement, ce jeune auteur australien arrive à nous emporter dans ce voyage chaotique, poétique, à la limite du fantastique, dans les pas de la mort tout en gardant une grande part de poésie et d'émotion.

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05 mai 2008

Damien rice elephant

for my little sister

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02 mai 2008

L'homme chauve souris

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Quatrième de couverture
Une jeune Norvégienne est retrouvée assassinée à Sydney, en Australie. Harry Hole, de la police d'Oslo, est envoyé sur place pour participer à l'enquête menée par ses collègues australiens. Tandis que Harry fait connaissance avec une autre culture, les meurtres se multiplient. Les soupçons portent bientôt sur le monde interlope de Sydney, sa vie nocturne, mais amène aussi Harry à se pencher sur les légendes aborigènes et l'histoire de l'Australie. Et par la même occasion de faire le point, sur ses obsessions, ses erreurs professionnelles, ses mauvais penchants, et son rapport aux femmes
.

Encore un auteur scandinave, me direz-vous ! Dans la palette des auteurs de polar venus du nord, voici Jo Nesbo, ancienne star du rock et critique musical, dont la plupart de ses premières œuvres se déroulent à l'étranger. Dans ce premier opus, c'est en Australie que l'inspecteur Hole (anti héros à l'image d'un Erlendur Sveinsson)  va plonger en des eaux ténébreuses afin d'élucider un meurtre qui le conduira vers un serial killer...

Jo Nesbø, à travers le regard de Harry Hole,  nous dresse le portrait d'une nation fondée par nos amis anglais sur la terre des civilisations aborigènes. Il rappelle l'histoire des premiers colons, prisonniers, bagnards, criminels, qui furent le fondement d'une nouvelle société, il explique dans un premier temps le rejet absolu des indigènes, puis ensuite les diverses tentatives d'intégration. Il souligne les différentes problématiques de ce pays à la fois tout neuf et au passé ancestral, la confrontation du puritanisme anglais et de l'esprit de liberté, le fait que l'Australie soit à la fois un pays un peu rustique et Sydney la Mecque de la communauté homosexuelle, où les côtes de l'île le repaire de la génération post Flower Power.

Comme chez beaucoup d'auteurs scandinaves, on ne trouve pas de super héros chez Jo Nesbø, pas de détective au flair infaillible, juste un homme comme les autres avec un métier particulier, policier. Un homme avec ses failles, ses blessures, ses démons qui vont resurgir d'un passé fragile.

Pour autant, Jo Nesbø ne fait pas qu'une simple analyse psychologique de son enquêteur et ne délaisse son intrigue policière qui, même si elle utilise quelques ressorts classiques,  nous entraîne tout de même dans une dernière partie haletante.
Aidé par une construction qui s'articule autour d'une vieille légende aborigène, l'auteur nous livre là un remarquable premier roman où l'amour et la mort se livre un combat sans issue.

Finalement, au delà d'un beau voyage en Australie auquel nous convie Nesbo à cette occasion, c'est dans son monde que nous pénétrons réellement. Un monde violent et pas vraiment optimiste. Mais qui reste imaginatif, noir et plein d'espoir. La première caractéristique des livres de Nesbo est qu'ils sont intelligents... La seconde, est qu'ils sont très bien écrits. Depuis, Dennis Lehane, je n'avais pas été aussi enthousiaste pour un auteur de polar et c'est sans retenue que je vais poursuivre la lecture des romans de cet auteur.

Posté par sachaguitry à 19:50 - Romans policiers - Thrillers - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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