beaucoup de bruit pour rien

Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle

29 avril 2008

Invitation au voyage


Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur,
D'aller là-bas, vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir,
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés,
De ces ciels brouillés,
Pour mon esprit ont les charmes,
Si mystérieux,
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs
Les canaux, la ville entière
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire

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27 avril 2008

"Certaines gens, plantés devant leur miroir, croient qu'ils réfléchissent, alors que c'est le contraire."

Frédéric Dard

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20 avril 2008

Blue angel

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Cela fait des années que Ted Swenson, qui enseigne l'écriture de fiction dans une petite université de Nouvelle-Angleterre, n'a pas lui-même publié de roman. Cela fait encore plus longtemps qu'aucun de ses étudiants n'a montré une étincelle de talent. Et le monde académique, de plus en plus asphyxié par son climat politiquement correct, n'est plus ce qu'il était. Là-dessus déboule Angela, une étudiante tatouée et percée de toutes parts, avec un rare don d'écrivain. Audacieuse et ambitieuse, Angela paraît être la réponse aux voeux de Swenson. Mais l'expérience montre que le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions...

Blue angel est une référence manifeste au film de Von Stenberg "l'ange bleu". Toutefois, ce roman ne raconte pas l'histoire d’un professeur qui perd son âme pour une chanteuse de cabaret, mais d'un professeur d'écriture sans histoires, enseignant dans une université du middle west américain et baignant dans le puritanisme ambiant.

Ce prof n'a jamais franchi la ligne rouge, il n’a jamais succombé aux charmes juvéniles de ses étudiantes. Et là rentre en scène, Angela Argo, étudiante piercée, tatouée,  dont les remarques acerbes et pertinentes sur le travail de ses camarades-étudiants ainsi que ses prometteurs essais de romancières attirent son attention. Swenson est ébahi par le talent de la jeune femme et noue peu à peu une relation ambiguë avec elle.

La peinture du milieu universitaire américain brossée par Francine Prose est particulièrement plaisante, notamment dans la description des personnages, profs, élèves ou collaborateurs éducatifs. Sans être d’une folle originalité, ce roman est particulièrement ironique sur le processus de création littéraire, sur le statut de ce prof qui n’est pas fichu de finir son propre manuscrit,  tombant d'admiration devant celui d’une de ses élèves et suscitant la jalousie ou l'amertume de ses autres étudiants, tous persuadés de détenir un quelconque talent d'écrivain. La description des cours où les étudiants lisent leurs propres créations totalement déjantées est plutôt réussie.

Blue Angel arrive assez bien à associer avec brio le comique et l'inquiétant. Finalement, on se rend compte que le meilleur des petits mondes universitaires révèle certains des aspects les plus sombres et dangereux des valeurs culturelles et morales contemporaines.

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15 avril 2008

"Heureux chocolat, qui après avoir couru le monde, à travers le sourire des femmes, trouve la mort dans un baiser savoureux et fondant de leur bouche."

Anthelme Brillat-Savarin

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12 avril 2008

Le syndrome Copernic

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Un matin d'été ordinaire, trois bombes explosent dans une haute tour du quartier de la Défense. Toutes les personnes qui étaient entrées dans le gratte-ciel périssent dans l'effondrement. Toutes, sauf une. Vigo Ravel, quelques minutes avant l'attentat, a entendu des voix dans sa tête qui lui ordonnaient de fuir. Et il a survécu. Il comprend alors qu'il détient un secret qui pourrait changer la face du monde. Mais il ne suffit pas de connaître un secret, si grand soit-il. Encore faut-il en comprendre l'origine. Qui sont ces hommes qui le traquent ? Quelle énigme se cache derrière le Protocole 88 ? Que signifient les voix que lui seul semble pouvoir entendre ? Il est des mystères qui valent tous les sacrifices. Même celui de l'âme.

D'un côté, lorsque j'ai posé les yeux sur ce livre, je me suis demandé si je n'avais pas encore devant moi un thriller incohérent et nébuleux, à la limite du fantastique, dont la trame aurait pour finalité de découvrir un horrible complot étatique.

D'un autre côté, je sortais de la lecture éprouvante de" au dessous du volcan" et j'avais envie de lire un livre assez facile d'approche, sans que je sois obligé de relire trois fois un paragraphes pour en comprendre le sens. Et finalement, ce livre, sans être un chef d'oeuvre du genre, fut une bonne surprise.

Dès le départ on se rend compte que le monde qui entoure Vigo Ravel est particulièrement hostile, les nombreuses voix qu’il entend, les événements particuliers qui se déroulent à ses côtés. Mais pour lui rien n’est anodin, tout ce qui se passe dans son cerveau est authentique, réel. Au fil de la lecture, on s'interroge sur les capacités de l'être humain à avoir confiance en soi lorsque l’on est schizophrène ? L'auteur illustre parfaitement cette question grâce à un récit parsemé de “peut-être”, à l’image du narrateur qui hésite perpétuellement entre imaginaire et réel.

L'intérêt de ce thriller est qu'il est sans cesse en mouvement, nous emmenant toujours plus loin. On est pressé de savoir ce qu'il va lui arriver, on dévore les pages les unes après les autres. J'en suis ressorti essoufflé, presque fatigué de devoir assister à tant de luttes et de conflits intérieurs. Toutefois, malgré les nombreux rebondissements, tout reste crédible et ne colle pas aux grandes révélations parfois fracassantes et ridicules des romans américains. Un bon roman de transition qui se lit très vite avec l'avantage de passer un bon moment.


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11 avril 2008

"L'ingéniosité en amour, c'est comme la poésie en littérature. On peut s'en passer, mais c'est dommage"

- Frédéric Dard -

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08 avril 2008

Morcheeba Enjoy The Ride ou Rome Wasn't Built in a Day

OU

Morcheeba avant ou post 2003 ? Qu'en pensez vous ?

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06 avril 2008

Au dessous du volcan

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Quatrième de couverture

Aussi quand tu partis, Yvonne, j'allai à Oaxaca. Pas de plus triste mot. Te dirai-je, Yvonne, le terrible voyage à travers le désert, dans le chemin de fer à voie étroite, sur le chevalet de torture d'une banquette de troisième classe, l'enfant dont nous avons sauvé la vie, sa mère et moi, en lui frottant le ventre de la tequila de ma bouteille, ou comment, m'en allant dans ma chambre en l'hôtel où nous fûmes heureux, le bruit d'égorgement en bas dans la cuisine me chassa dans l'éblouissement de la rue, et plus tard, cette nuit-là, le vautour accroupi dans la cuvette du lavabo ? Horreur à la mesure de nerfs de géant !

Lorsque j'ai tourné la dernière page de ce roman, je me suis dit que Lowry avait sûrement autant abusé de l'alcool de feu que son héros au moment de l'écrire. A un moment donné de la lecture, j'ai même eu l'impression que son but n’est pas de plaire mais de déplaire au lecteur, de le pousser dans ses retranchements et ses interrogations.  Oui, en fait, autant vous le dire tout de suite : quiconque hait la sensation de devoir relire cinq fois le même paragraphe pour commencer à en comprendre le sens trouvera assurément dans ce livre son meilleur ennemi.

Ce roman nous conte le dernier jour de la vie de Geoffrey Firmin. Un consul en poste à Quauhnahuac vivant au Mexique dans un constant délire alcoolisée, du genre qui aurait fait frémir Bukowski tant il mettait d’acharnement à se détruire a forte dose de Mescal, la tequila du pauvre. Plus que sa vie, ce sont les méandres éthyliques de son esprit, la profondeur de ses blessures et le palpable de ses angoisses que l'on découvre chez ce personnage.

Lowry, en fin de compte, nous donne toutes les clés, il répond à toutes les questions, car c'est bien lui le maître du jeu. Il nous faut seulement le suivre... et ce n'est possible que grâce à notre attention soutenue... pas de place à la rêverie où à l'imaginaire, si on ne veut pas rester au bord du chemin. Donc j'ai essayé de m'accrocher, pour suivre le consul. Le chemin s'est présenté de plus en plus chaotique et incertain. Mais en arrivant au bout, on se rend compte que cet auteur, dans ses descriptions des affres de l'homme, de la maladie de l'alcoolisme, de la culpabilité et de l'impuissance humaine face à la destinée, nous a ouvert les portes de son âme.

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01 avril 2008

Les portes du sommeil

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Paris, 1934. Andrew Singleton et James Trelawney sont chargés d'enquêter sur une étrange affaire. Un spécialiste du sommeil et un poète surréaliste, dont le seul point commun semble être l'intérêt pour l'étude des rêves, ont été retrouvés littéralement morts de peur dans leur lit. Fait troublant, un énigmatique " personnage en noir " a visité chacune des victimes quelques jours avant leur disparition. Mais qui est cet homme de l'ombre ? Quelle terrible machination prépare-t-il ? Et que signifient les visions de cette belle inconnue qui hantent les nuits d'Andrew ? Cette course-poursuite palpitante conduira nos jeunes détectives des milieux surréalistes parisiens jusqu'à un mystérieux château sur les bords du Danube. Au-delà des portes du sommeil.

Peut on mourir de peur en rêvant ? La réponse à cette question est susceptible de nous faire passer pas mal de nuits blanches ! Et c'est ce mystère que vont essayer d'élucider nos deux détectives britanniques...

On retrouve Andrew Singleton, en voyage à Paris, pour comprendre les mystères du suicide du poète De Nerval, qui va vite se retrouver mêlé à cette enquête déroutant la police française, très vite rejoint par son accolyte James Trelawney dans la Ville Lumière.

Nos détectives se lancent alors sur les traces d’un "autrichien" énigmatique qui a rendu visite aux victimes quelques jours avant ces deux drames. Tandis qu’une belle inconnue hante les rêves d’Andrew, le nombre des victimes s’accroît. Nos limiers parviendront ils à percer les secrets des portes du sommeil ?

Après Le fantôme de Baker Street, Fabrice Bourland nous offre une incursion dans le Paris des années 30, un voyage dans les voitures du mythique Orient-Express et une balade sur les berges du Danube le tout agrémenté par la montée du nazisme. À la fois très bien documenté et fort divertissant, Les portes du sommeil se lit avec un plaisir renouvelé.

L'auteur nous présente ses héros comme de fidèles héritiers des détectives des années 30, avec une intrigue partagée entre Rouletabille et des influences provenant d'Edgar Allan Poe, menant une enquête pleine de rebondissement et saupoudrée d'occultisme onirique.

Je vous invite à aller de nouveau voir la rencontre de Lou avec l'auteur de ce roman lors du salon du livre.

Posté par sachaguitry à 12:40 - Romans policiers - Thrillers - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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