12 avril 2008
Le syndrome Copernic
Un matin d'été ordinaire, trois bombes explosent dans une haute tour du quartier de la Défense. Toutes les personnes qui étaient entrées dans le gratte-ciel périssent dans l'effondrement. Toutes, sauf une. Vigo Ravel, quelques minutes avant l'attentat, a entendu des voix dans sa tête qui lui ordonnaient de fuir. Et il a survécu. Il comprend alors qu'il détient un secret qui pourrait changer la face du monde. Mais il ne suffit pas de connaître un secret, si grand soit-il. Encore faut-il en comprendre l'origine. Qui sont ces hommes qui le traquent ? Quelle énigme se cache derrière le Protocole 88 ? Que signifient les voix que lui seul semble pouvoir entendre ? Il est des mystères qui valent tous les sacrifices. Même celui de l'âme.
D'un côté, lorsque j'ai posé les yeux sur ce livre, je me suis demandé si je n'avais pas encore devant moi un thriller incohérent et nébuleux, à la limite du fantastique, dont la trame aurait pour finalité de découvrir un horrible complot étatique.
D'un autre côté, je sortais de la lecture éprouvante de" au dessous du volcan" et j'avais envie de lire un livre assez facile d'approche, sans que je sois obligé de relire trois fois un paragraphes pour en comprendre le sens. Et finalement, ce livre, sans être un chef d'oeuvre du genre, fut une bonne surprise.
Dès le départ on se rend compte que le monde qui entoure Vigo Ravel est particulièrement hostile, les nombreuses voix qu’il entend, les événements particuliers qui se déroulent à ses côtés. Mais pour lui rien n’est anodin, tout ce qui se passe dans son cerveau est authentique, réel. Au fil de la lecture, on s'interroge sur les capacités de l'être humain à avoir confiance en soi lorsque l’on est schizophrène ? L'auteur illustre parfaitement cette question grâce à un récit parsemé de “peut-être”, à l’image du narrateur qui hésite perpétuellement entre imaginaire et réel.
L'intérêt de ce thriller est qu'il est sans cesse en mouvement, nous emmenant toujours plus loin. On est pressé de savoir ce qu'il va lui arriver, on dévore les pages les unes après les autres. J'en suis ressorti essoufflé, presque fatigué de devoir assister à tant de luttes et de conflits intérieurs. Toutefois, malgré les nombreux rebondissements, tout reste crédible et ne colle pas aux grandes révélations parfois fracassantes et ridicules des romans américains. Un bon roman de transition qui se lit très vite avec l'avantage de passer un bon moment.
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