beaucoup de bruit pour rien

Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle

06 avril 2008

Au dessous du volcan

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Quatrième de couverture

Aussi quand tu partis, Yvonne, j'allai à Oaxaca. Pas de plus triste mot. Te dirai-je, Yvonne, le terrible voyage à travers le désert, dans le chemin de fer à voie étroite, sur le chevalet de torture d'une banquette de troisième classe, l'enfant dont nous avons sauvé la vie, sa mère et moi, en lui frottant le ventre de la tequila de ma bouteille, ou comment, m'en allant dans ma chambre en l'hôtel où nous fûmes heureux, le bruit d'égorgement en bas dans la cuisine me chassa dans l'éblouissement de la rue, et plus tard, cette nuit-là, le vautour accroupi dans la cuvette du lavabo ? Horreur à la mesure de nerfs de géant !

Lorsque j'ai tourné la dernière page de ce roman, je me suis dit que Lowry avait sûrement autant abusé de l'alcool de feu que son héros au moment de l'écrire. A un moment donné de la lecture, j'ai même eu l'impression que son but n’est pas de plaire mais de déplaire au lecteur, de le pousser dans ses retranchements et ses interrogations.  Oui, en fait, autant vous le dire tout de suite : quiconque hait la sensation de devoir relire cinq fois le même paragraphe pour commencer à en comprendre le sens trouvera assurément dans ce livre son meilleur ennemi.

Ce roman nous conte le dernier jour de la vie de Geoffrey Firmin. Un consul en poste à Quauhnahuac vivant au Mexique dans un constant délire alcoolisée, du genre qui aurait fait frémir Bukowski tant il mettait d’acharnement à se détruire a forte dose de Mescal, la tequila du pauvre. Plus que sa vie, ce sont les méandres éthyliques de son esprit, la profondeur de ses blessures et le palpable de ses angoisses que l'on découvre chez ce personnage.

Lowry, en fin de compte, nous donne toutes les clés, il répond à toutes les questions, car c'est bien lui le maître du jeu. Il nous faut seulement le suivre... et ce n'est possible que grâce à notre attention soutenue... pas de place à la rêverie où à l'imaginaire, si on ne veut pas rester au bord du chemin. Donc j'ai essayé de m'accrocher, pour suivre le consul. Le chemin s'est présenté de plus en plus chaotique et incertain. Mais en arrivant au bout, on se rend compte que cet auteur, dans ses descriptions des affres de l'homme, de la maladie de l'alcoolisme, de la culpabilité et de l'impuissance humaine face à la destinée, nous a ouvert les portes de son âme.

Posté par sachaguitry à 00:00 - Littérature étrangère - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Asphyxiant

Oui un peu asphyxiant et cahotique mais au bout du chemin sous le volcan l'impression comme toi d'être allé très loin.Bon film de John Huston avec Albert Finney,dans les limites obligées de l'adaptation.

Posté par eeguab, 06 avril 2008 à 10:41

Bravo pour ton acharnement à terminer ce roman. Je l'ai commencé il y a bien longtemps sans arriver à la fin. Relire et relire des paragraphes entiers pour en retirer quelque chose est très pesant, en effet.
Bien à toi.

Posté par BenoitD, 07 avril 2008 à 11:27

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