beaucoup de bruit pour rien

Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle

25 mars 2008

Californication

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Synopsis : Hank Moody est romancier et séparé de la mère de sa fille de 13 ans. Il est aussi accro aux femmes et aux drogues et ne peut s'empêcher de dire la vérité, tout le temps et à tout le monde. Oui, Hank est auto-destructeur...

Cette série nous dessine le portrait d'un écrivain new-yorkais, exilé dans la cité des anges, auteur d'un unique livre. Il cherche en vain la muse dans le sexe des femmes qu’il séduit à longueur d’épisodes avec un cynisme et une auto-dérision jubilatoire.

Brûlant comme un piment rouge, Duchovny est finalement passé du côté obscur dans cette série ovni. L’ex-agent du FBI de X Files est devenu accro aux plaisirs interdits. Surprenante reconversion pour ce gendre idéal du FBI et on peut décerner un message aux personnes qui voyaient en Duchovny une affaire classée : la vérité est ailleurs.

On hésite à citer Bukowski, pour le rôle d’écrivain porté sur le sexe et l’alcool. On tourne autour de cet épicurien dépressif, on suit ses péripéties tragi-comiques au milieu de cette faune névrosée et finalement on devient addict.

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17 mars 2008

La chute

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Dans un bourg d'Amsterdam où se croisent matelos de toutes nations, souteneurs, prostituées et voleurs, un homme que le hasard a mis sur le chemin de l'un de ses compatriotes, se raconte. Qui est-il ? C'est la source de cet admirable monologue, où Jean-Baptiste Clamence retrace le parcours autrefois brillant de son existence. Jusqu'au jour où différents évènements ruinent les derniers vestiges de sa normalité existentielle. Il fuit dans la débauche ce qu'il découvre tous les jours un peu plus. Fuir l'hypocrisie des coeurs, de la charité, de la solidarité, l'hypocrisie du monde, fuir cette existence fausse où le plaisir personnel décide des actes les plus beaux. Il part alors pour la cosmopolite Amsterdam et s'y institue " juge pénitent " pour dénoncer l'ignominie humaine.

L'homme qui parle dans La Chute se livre devant son interlocuteur à une confession préméditée, il sait depuis le début où il veut nous amener. Jean-Baptiste Clamence, le "héros" parle, mais je dirais plutôt qu'il prêche pour sa paroisse. Son sermon s'adresse à un interlocuteur que nous ne connaîtrons pas, qui est peut-être n'importe lequel des lecteurs amené à découvrir ce récit.

Cet individu est réfugié à Amsterdam dans une ville de canaux et brume, où il joue à l'ermite et au prophète, cet ancien avocat attend dans un bar douteux des auditeurs complaisants, prêts à écouter son récit.

Cet homme fait de lui une analyse plutôt moderne et sans concession, mais on s'aperçoit très vite qu'il ne peut supporter d'être jugé. Il se dépêche donc de faire son propre procès mais c'est pour mieux juger les autres. Le miroir dans lequel il se regarde, il finit par le tendre aux autres.

Au fur et mesure de la lecture, on est amené à s'interroger. Où commence la confession, où l'accusation ? Celui qui parle dans ce livre fait-il son procès, ou celui de son temps ? Est-il un cas particulier, ou un homme noyé dans la société ? Une seule vérité en tout cas, dans ce jeu de vérité : une représentation sans équivoque de la douleur, et ce qu'elle promet.

La Chute est finalement l'un des livres les plus profonds et intellectuellement les plus provocants j'ai eu le plaisir de lire. Il sonde avec minutie notre identité et nos penchants les plus secrets et inavoués. Une scéne revient inexorablement dans ce livre et elle fut le déclencheur de la réflexion de cet homme. "Un soir, près d'un pont à Paris. Quelqu'un s'est jeté dans la Seine et il n'a pas réagi. Depuis, il réfléchît. Sur lui-même."

Ce récit est l'expression de l'essence même de la condition humaine, résumée en quelques dizaines de pages d'une force et d'une éloquence inouïes, révélant le génie et la grandeur de son auteur.

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13 mars 2008

The doors - waiting for the sun

Tout à commencé par une rencontre entre deux étudiants sur une plage de Los Angeles et tout s'est terminé au Père Lachaise à Paris, entre ces deux évènements une multitude de morceaux d'anthologie, des concerts de folie et la consécration d'un poète déjanté !

  • «Expose yourself to your deepest fear; after that, fear has no power, and the fear of freedom shrinks and vanishes. You are free.»

  • Posté par sachaguitry à 09:58 - Clips musicaux - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

    06 mars 2008

    La voix

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    Mauvaise publicité pour l'hôtel de luxe envahi par les touristes ! Le pantalon sur les chevilles, le Père Noël est retrouvé assassiné dans un sordide cagibi juste avant le traditionnel goûter d'enfants. La direction impose la discrétion, mais le commissaire Erlendur Sveinsson ne l'entend pas de cette oreille. Déprimé, assailli par des souvenirs d'enfance douloureux, il s'installe dans l'hôtel et en fouille obstinément les moindres recoins...

    On rentre dans cette histoire, avec une image un peu spéciale, celle d'un père Noël percé de plusieurs coups de couteau, surpris dans une délicate position un brin lubrique. En fait, il est difficile de dépeindre un tableau plus glauque.

    Mais cela ne perturbe pas trop le commissaire Erlendur, qui tout au long de sa carrière en a vu d'autre et même, on peut  dire que ça titille sa curiosité. Je suppose que vous connaissez tous ce flic taciturne et bougon qui figure sans doute parmi les personnages de thriller les plus intéressants qu’il nous ait été donné de lire ces dernières années.

    Et là, il n'est pas épargné, il doit à la fois concilier cette enquête avec les problèmes de sa fille junkie - qui vient de perdre son enfant et menace à chaque instant de rechuter - mais aussi avec les souvenirs du drame de son enfance, qui resurgit avec une telle force que ça lui cause des hallucinations.

    Comme toujours chez Indridason, le passé tient une place primordiale. C’est lui qui resurgit alors qu’on l’avait étouffé sous un monticule de mensonges et de silences, lui qui vous éclate à la figure, éclaboussant tout sur son passage et n'épargnant personne. Il explore les zones d’ombre de l’humanité, les coins obscurs de nos souvenirs, le tout saupoudré d’un humour grinçant.

    Mais derrière la  noirceur de ce roman se dégage une profonde humanité, à la fois touchante et bouleversante. Ce qui confirme que cet auteur est vraiment un des maîtres du polar venu du froid.

    Posté par sachaguitry à 20:30 - Romans policiers - Thrillers - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

    01 mars 2008

    Juno - Anyone Else But You

    Juno McGuff, 16 ans, est une jeune fille qui n'a pas la langue dans sa poche mais qui, sous ses airs de dure, se cherche comme toutes les adolescentes de son âge. Alors que la plupart de ses copines de lycée passent leur temps sur Internet ou au centre commercial, Juno ne fait rien comme les autres. C'est ainsi qu'un jour où elle s'ennuie, elle couche avec Bleeker, garçon aussi charmant que peu prétentieux.
    Mais quand elle tombe enceinte accidentellement, elle décide de trouver le couple de parents adoptifs idéal qui pourra s'occuper de son bébé. Avec l'aide de sa meilleure amie Leah, elle repère dans les petites annonces du journal local Mark et Vanessa Loring qui rêvent d'adopter leur premier enfant. Soutenue par sa famille, Juno fait la connaissance des Loring. Tandis que le terme de sa grossesse approche, Juno va devoir faire preuve de maturité et de courage...

    Dans la continuité d'une petite fille qui court avec sa famille un peu loufoque après les concours de chant à travers les Etats Unis dans l'excellent "Little Miss Sunshine",  les films indépendants américains nous offrent une nouvelle petite pépite avec "Juno".

    Jason Reitman après "Thank You For Smoking" ne change pas vraiment de registre pour notre plus grand plaisir en adoptant le même ton décalé. Un ton qui s'avère résolument drôle pour un sujet qui ne l'est pas forcément. En effet, Juno McGuff, 16 ans, vient de tomber enceinte. Mais la jeune filles est loin d'être abandonnée, aidée par son père, sa belle-mère et sa meilleure amie, elle va prendre la décision de garder l'enfant et de le faire adopter par un couple aisé.

    On s'aperçoit rapidement que Reitman n'a pas fait ce film pour que la polémique s'installe sur le "pour ou contre l'avortement"  mais plutôt pour peindre une savoureuse galerie de personnages dominée par Ellen Page, rayonnante et drôle.

    En évitant les clichés, le réalisateur donne à chaque protagoniste du film un rôle prépondérant à jouer. Dans son portrait d'une jeune fille qui, à cause d'un "évènement" non voulu, va entrer dans l'âge adulte plus tôt que prévu, "Juno" se révèle d'une justesse admirable. C'est une succession de scènes résolument drôles aux nombreuses réparties appropriées qui laissent place à des séquences de pures émotions où la cinglante et cynique Juno évolue en devenant une jeune fille sentimentale et mature.

    Ce film brille par son humour bien particulier, une bande originale magnifique et surtout une aura qui nous fait ressortir de la salle avec le sourire aux lèvres. C'est un petit bijou d'optimisme à consommer sans modération.

    Posté par sachaguitry à 00:00 - Films - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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