beaucoup de bruit pour rien

Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle

26 février 2008

Le fantôme de Baker Street

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Londres, 1932. Depuis que la municipalité a attribué à la maison du major Hipwood le n° 221 à Baker Street, le salon du premier étage semble hanté. S'agit-il d'un esprit, comme le prétendent certains ? Existe-t-il un lien entre ces manifestations et la série de crimes qui ensanglante Whitechapel et les beaux quartiers du West End ? Motivée par un funeste pressentiment, lady Conan Doyle, la veuve de l'écrivain, sollicite l'aide de deux détectives amateurs, Andrew Singleton et James Trelawney. Lors d'une séance de spiritisme organisée à Baker Street, ces derniers découvrent avec effarement l'identité du fantôme. Et quand ils comprennent que les meurtres à la une des journaux imitent ceux commis par Jack l'Eventreur, Dracula, Mr Hyde et Dorian Gray, nos jeunes enquêteurs sont entraînés dans une aventure qu'ils ne sont pas près d'oublier. Un hymne enflammé à la littérature victorienne et à ses monstres sacrés !

Que peuvent espérer de mieux deux apprentis détectives que de rencontrer le maître en la matière ? C'est l'opportunité qui est offerte à Andrew Singleton et son ami James Trelawney qui viennent de s'installer comme détectives à Londres... 

Nous sommes au début des années 30 et le temps semble un peu arrêter pour ces deux jeunes hommes en quête d'aventures. Heureusement pour eux tout va s'accélérer grâce à leur rencontre avec lady Conan Doyle, la veuve du célèbre écrivain mort deux ans plus tôt.

Elle tient à les informer qu'un fantôme hante le 221 Baker Street, domicile du non moins célèbre Sherlock Holmes. Nos deux détectives débutants vont très rapidement se plonger au cœur des cercles spirites londoniens que l'écrivain britannique fréquenta assidûment à la fin de sa vie. Ectoplasmes, tables tournantes, "psychographies" (photographies d'esprits), rien ne manque à l'attirail traditionnel de ce genre de réunions.

Malheureusement, alors qu'ils doivent trouver une solution à l'incroyable apparition d'un personnage qui ne fut jamais incarné, Singleton et Trelawney comprennent rapidement que Holmes n'est pas le seul personnage de fiction à faire des siennes et que les plus machiavéliques meurtriers littéraires victoriens ont partie liée avec les meurtres qui ensanglantent l'East End, quarante ans après Jack l'éventreur…

Fabrice Bourland connaît très bien le Londres et la littérature anglaise du XIXème siècle : il arrive à créer une ambiance victorienne, jusque dans les descriptions et le vocabulaire utilisés.  Les informations historiques sont nombreuses et le profane apprendra quantité de choses sur la vie de Conan Doyle, ses "relations" avec Sherlock Holmes et l'importance que le spiritisme prit à la fin de sa vie.

De même, ce roman m'a beaucoup plu, d'abord pour sa description de l'univers du spiritisme de l'époque, qui a transcendé beaucoup de personnages connus (Victor Hugo en était un fidèle adepte pour rentrer en relation avec sa fille défunte) mais surtout en prenant comme référence ce célèbre détective dont les aventures ont bercé mon adolescence.

Là où je suis un peu moins enthousiaste, c'est dans l'accumulation de figures littéraires quand les seuls Sherlock et Jack l'éventreur auraient amplement suffi à l'intrigue. Cette enthousiasme de l'auteur pour les monstres sacrés de la littérature victorienne, que ce soient les Dracula, Mr. Hyde, le docteur Moreau, Dorian Gray et sans oublier le professeur Moriarty,  et leur rassemblement en tant qu'association du crime rend l'histoire un peu incohérente.

Toutefois, lier l'apparition de ces meurtriers de fiction à leur vogue cinématographique et donc à l'importance qu'au début des années 30 ils occupaient dans l'imaginaire des gens est une excellente idée, ce qui permet finalement à l'intrigue de conserver un certain crédit.

Je vous invite à aller voir l'excellente chronique de Lou sur ce roman.

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24 février 2008

Air – Alone in Kyoto

Pur, aérien et sensible, ce morceau que j'ai découvert avec "lost in translation", me transporte à chaque écoute.

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22 février 2008

Weeds

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Synopsis : Dans une banlieue respectable de Los Angeles, les apparences sont parfois trompeuses. Les sales petits secrets des uns et des autres vont peu à peu se faire jour. Nancy Botwin, une mère célibataire, vend de la marijuana depuis la mort subite de son mari. C'est sa façon à elle de subvenir aux besoins de sa famille...

Après avoir vu "Six feet Under" il n'était pas évident de trouver une série (dans ce registre là, à savoir la satyre familiale) qui soit au même niveau. Mais lorsque j'ai découvert qu'une série sur le trafic d'herbe organisée par une famille dans un quartier résidentiel plutôt chic était diffusée, ça a tout de suite suscité ma curiosité, et je ne fus pas déçu car c'est une très bonne série humoristique qui s'est présentée.

J'ai assisté à un show sombre et déjanté avec des situations et les dialogues souvent très crus, des répliques assassines et autres excellents jeux de mots ! Interprétée par l'éblouissante Mary-Louise Parker, l'héroïne Nancy Botwin m'est apparue aussitôt très sympathique. Pour élever ses deux garçons Silas et Shane, cette jeune veuve, "triste et abandonnée", a choisi de devenir dealer. Elle s'approvisionne ainsi régulièrement chez Heylia, une mamma black au sens du commerce aiguisé. Enfin, Andy son beau-frère squatter (joué par Justin Kirk) est vraiment drôle. Toutefois beaucoup des personnages rencontrés possèdent cependant des facettes détestables (quand ils ne sont pas complètement méprisables comme la mère de Celia). Le propos s'avère donc parfois particulièrement caustique.

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Cette série est aussi très réaliste sur les problèmes de nos sociétés occidentales (drogue sous toutes ses formes, niveau de vie, surendettement, banlieues standardisées...).  De même on assiste à une virulente charge contre la fabuleuse politique internationale menée par le gouvernement américain (l'action militaire en Irak y est plusieurs fois dénoncée). Weeds n'hésite pas à affronter des sujets dramatiques (dans la continuité de "six feet under" ) : la mort d'un père, la maladie, l'adultère... Le constat est cinglant : tout semble finalement justifier le recours aux psychotropes.

Voilà une série résolument moderne et vraiment irrévérencieuse... C'est sordide, politiquement incorrect et jubilatoire !!!!

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18 février 2008

Trois dollars

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Présentation de l'éditeur
Mais comment Eddie a-t-il pu tomber si bas ? Son cursus universitaire fut exemplaire, sa carrière, son épouse, sa fille et son pimpant pavillon de Melbourne, tout autant. Mais voilà qu'il se retrouve seul, à trente-huit ans, sur un quai de gare avec trois malheureux dollars. Tout a commencé, se souvient-il, le jour où la petite fille blonde dont il était amoureux l'a quitté parce qu'elle était riche... Vibrant au rythme des coups de blues tragi-comiques, des crédits impayés et autres découverts autorisés, l'inévitable " dégringolade sociale postindustrielle " d'Eddie, antihéros rêveur, fan de Joy Division et de golden retrievers, peut logiquement commencer...

Le héros de ce roman, Eddie Harnovey, a eu une enfance banale mais l'élément qui le différencie des autres enfants est qu'il a touché du doigt dès son jeune âge la friabilité de l'existence... Le narrateur raconte sa vie avec un recul et une ironie toujours discrètement présents. Il détaille sa lente, mais inexorable descente vers une catastrophe annoncée. Tout ce qui l'entoure devient friable lentement, mais sûrement : sa maison, sa vie professionnelle, celle de sa femme (et son état psychique)...De plus, son passé rattrape parfois son présent (cette rencontre avec Amanda tous les huit ans et demi sème encore plus la perturbation dans sa vie). C'est tragique, mais on sourit, ému et amusé par ce héros attachant et vrai. Spirituel, vulnérable et perpétuellement étonné, Eddie a le charme des héros de certaines comédies américaines.

Trois dollars" prend aussi le temps de creuser les contours psychologiques de ses personnages, rappelant page après page que le quotidien n'est jamais un long fleuve tranquille, qu'il entaille même les couples les plus soudés...  Entre rire et larmes, ce roman est le portrait cruel d’un monde où le cours de la Bourse prend le pas sur celui de la vie humaine.

Elliot Perlman manie l’humour et la tendresse comme deux couteaux au tranchant effilé qui lui servent à démonter avec une férocité jubilatoire l’engrenage du rationalisme économique à la Thatcher. Mais il n’en oublie pas l’amour, l’honnêteté et le rêve qui triomphent pour donner un sens à la vie…

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16 février 2008

Mon rêve familier

Paul Verlaine

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

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12 février 2008

Cloverfield

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Synopsis

New York - Une quarantaine de ses amis et relations ont organisé chez Rob une fête en l'honneur de son départ pour le Japon. Parmi eux, Hub, vidéaste d'un soir, chargé d'immortaliser l'événement. La "party" bat son plein lorsqu'une violente secousse ébranle soudain l'immeuble. Les invités se précipitent dans la rue où une foule inquiète s'est rassemblée en quelques instants. Une ombre immense se profile dans le ciel, un grondement sourd se fait entendre... et la tête de la Statue de la Liberté s'effondre brutalement sur la chaussée. L'attaque du siècle vient de commencer. Au petit matin, Manhattan ne sera plus qu'un champ de ruines...

Encore une énorme créature hybride se baladant dans les rues de New-York et dévastant tout sur ce son passage !

L’histoire est vue et revue vous allez me dire, mais l’intérêt de ce "Cloverfield" ne se veut pas là. Donc, je mettrais un peu de côté l'histoire (une nouvelle adaptation de "Godzilla", mâtinée de "Guerre des Mondes", et saupoudrée par les souvenirs du 11 septembre),pour me concentrer sur la forme, à savoir l'utilisation d'une caméra numérique, en gardant en mémoire l'utilisation très réussie de ce procédé dans "le projet Blair Witch". En effet, le fait de suivre un cameraman amateur dans cette forêt hantée fut une expérience à la fois vraiment séduisante et effrayante. Pour sûr le principe était bon, malheureusement la mise en forme, ici, n'est pas à la hauteur de nos attentes. Et, pour un film qui mise tout sur la forme, c’est dommage.

La caméra bouge continuellement pour donner un effet de réalisme, cependant ce type d’exercice rend le film assez désagréable à regarder sur grand écran, à la limite de la nausée sur les passages de fuite éperdue. De même, le traitement de l’image, les plans présentés, et le choix de la mise en scène rendent l’ensemble de la démarche totalement artificiel, ce qui nuit forcément à notre immersion dans le film.

Enfin, et c’est le dernier accroc, on regrettera l’aspect lisse et caricatural des personnages dont l'étude psychologique est proche du néant et des situations, certes propre aux films grand public, mais qui fait tomber certaines bonnes idées totalement à plat, comme par exemple le premier quart d’heure d’introduction...d'une longueur exaspérante pour une 1 h 20 de film !

Malgré tout, le film n’est pas un ratage complet : on le regarde, il ménage de bons moments (je retiendrai un passage assez réussi dans un tunnel en pleine obscurité....), et se déroule sans provoquer l’ennui. Je parlerai plus d'une non-réussite plutôt qu’un échec complet. Toutefois, on ressort quand même de là avec l’impression d’être passé à côté de quelque chose plutôt que d’avoir vécu un grand moment.

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10 février 2008

Quel est l'auteur au monde qui vous enseignera la beauté aussi bien qu'un regard de femme ?

William Shakespeare

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08 février 2008

L'art du tag en deux leçons

Quoi ? on se fait taguer maintenant sur la blogosphère ?

Voici ma première réaction en voyant cette intervention intempestive de Papillon sur mon blog ! il faut dire que lorsque j'ai lu ce message j'étais dans une humeur plutôt comment dire ... soupe au lait. Bon je vous explique ma fin d'après midi, vous allez comprendre. J'étais prêt à sortir du boulot pour aller partager un verre avec deux amis sur une terrasse bordelaise, à profiter de ce soleil qui laisse présager le début du printemps...et là je reçois un mail de mon chef me demandant de préparer un dossier dans les meilleurs délais (vous allez me dire c'est normal, ça tombe toujours un vendredi soir). J'ai hésité entre deux solutions :

- soit lui dire que j'avais une crise subite de paludisme et que pour le bien du service, je devais partir très rapidement, très crédible, je sais ....

- soit faire croire que j'étais parti en réunion (d'où l'intérêt de désactiver l'accusé de réception, ni vu ni connu), je sors donc de mon bureau en catimini et à 10 mètres de la sortie : j'entends un "Nicolas, vous pensez à moi ?" ...

Petit moment de doute, mais qui me parle ? je me retourne et je la vois, sourire aux lèvres, splendide dans son rôle de chef haïssable, sur le moment elle m'a fait penser à ce cher docteur House (enfin presque..., le cynisme et beaucoup de choses en moins) demandant à son équipe de faire une batterie de tests bien qu'il connaisse déjà le résultat. J'ai tout d'un coup senti que cette fin d'après midi saurait longue, très longue... et finalement, 1 heure 30 après, je sortais enfin de mon taf préféré me promettant de vraiment penser à changer de boulot dès que l'occasion se présentera.

Sur ces entrefaites, je tombe sur ce tag, là je me dis c'est un complot, style conspiration de "terroristes parisiens"... enfin je devrai être habitué

Bon, me voilà fasse à ce tag, qui me demande les choses suivantes :

Ecrire le lien de la personne qui nous a tagué
Préciser le règlement sur son blog
Mentionner six choses sans importance sur soi
Taguer six autres personnes en mettant leur lien
Prévenir ces personnes sur leur blog respectif

Oui, révèlons le à la blogosphère pour qu'elle soit soumise à la vindicte populaire, voici son lien http://journal-d-une-lectrice.over-blog.net/

Je peux attaquer maintenant les révélations fondamentales sur ma personne :

1 - je fais du cholestérol, c'est génétique m'a dis mon médecin, à 35 ans ça laisse présager des artères en folie pour la retraite, mais je suis pas trop inquiet, pour y remédier, j'ai pris des actions chez Danacol !!!

2 - je me force à faire deux kilomètres de piscine par semaine, un bon équilibre entre une dépense d'énergie et le sentiment de me transformer doucement en Ian Thorpe (mes amis vous diront qu'il faudra attendre le prochain millénaire pour admirer mes exploits aquatiques)

3 - à mon dernier voyage à Paris, je suis resté en admiration devant le musée des Arts Premiers, l'une des plus grandes réussites de notre ancien président (euh ....là je m'emballe sur "les" réussites)

4 - je suis intoxiqué au café et ma coloc qui me pousse à ce qu'on s'offre une nespresso, là je crois que mon ulcère anticipera la grêve des mes artères.

5 - j'adore parler aux personnes âgées dans les rues de san sebastian, mes talents linguistiques en espagnol m'aident beaucoup !!!

6 - enfin, tous les soirs j'allume un cierge pour que Bordeaux soit la ville retenue pour représenter l'Europe sur la scène culturelle en 2013 ! Allez Erwan ne lâche rien !!!!

Maintenant que vous savez tout sur moi, allons chercher les petits chanceux qui vont devoir se prêter à ce "jeu" !

Titi ; Antigone ; Gaël ; Choupynette ; Eugénie et BlueGrey...

Posté par sachaguitry à 22:39 - Moments de vie - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 février 2008

Pélerin

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Quatrième de couverture
Pam Barret est journaliste à la télévision. Mais on ne peut pas dire que sa carrière décolle. Jusqu'au jour où elle assiste à une scène proprement stupéfiante : en plein New York, une jeune patineuse est assommée et égorgée par un oiseau géant qui disparaît aussi vite qu'il est venu. Panique, stupeur, les témoins croient avoir rêvé, mais des touristes ont filmé l'attaque. Pam comprend qu'elle a une chance de faire la " une " en rapportant ces images insensées. Un ornithologue lui confirme bientôt que le " meurtrier " est un faucon pèlerin femelle, mais un spécimen anormalement grand, et jamais ce type d'oiseau ne fondrait sans raison sur un humain, encore moins pour le tuer. De plus, comment cet animal s'est-il perdu dans Manhattan ? Peut-être n'est-il pas perdu justement, et dans ce cas, l'affaire n'est plus du ressort des ornithologues mais de la police. Palpitant, envoûtant, ce thriller nous plonge dans le monde mystérieux de la fauconnerie.

La première scène de ce roman se situe dans un New York des années 80, en plein hiver, Pam Barrett journaliste sportive, empreinte de doutes sur l'avenir de sa carrière, est stoppée dans ses pensées moroses par un accident stupéfiant : un gigantesque oiseau tombe du ciel sur une patineuse, l'égorge et repart dans les cieux aussi vite et brutalement qu'il était arrivé. Ce fait divers va brusquement changer sa vie et nous voila embarquer dans la quête de cet oiseaux terrifiant.

Bon, je sens un peu de réticence de votre part, un aigle géant qui tue les gens en pleine ville, vous êtes sûrement en train de vous dire, c'est quoi cette histoire abracadabrante !

Et pourtant, je suis rentré rapidement dans ce thriller original et il m'a captivé de bout en bout. Sûrement grâce au talent de William Bayer (auteur de l'excellent «Le rêve des chevaux brisés» chez le même éditeur) qui donne de la densité à ses personnages, tisse de subtils liens entre eux, augmente le rythme de l'histoire pour terminer sur un final endiablé.

Finalement, ce thriller est parfaitement maîtrisé, et nous présente en même temps une réflexion sur la déontologie du journalisme...

Posté par sachaguitry à 09:00 - Romans policiers - Thrillers - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 février 2008

L'execution de Lady Jane Gray

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Cette oeuvre de Paul Delaroche (National Galery de Londres) est la peinture préférée d'Audrey (ma coloc), voici son histoire..

Jane est la fille de Henry Grey (1508-1554), marquis de Dorset, et de Frances Brandon (1517-1559). Frances est la fille de Marie (1496-1533), fille du roi Henri VII d'Angleterre, et de Charles Brandon, donc Jane est héritière légitime et aussi protestante.

Son cousin, le roi Édouard VI, la choisit pour lui succéder, mais ses partisans doivent lutter contre ceux de Marie Tudor, fille du roi Henri VIII. En 1553, elle épouse Guilford Dudley (?-1554), fils de John Dudley, 1er duc de Northumberland. Le duc espère dominer les jeunes, et ainsi lui-même régner.

Jane est vite renversée. Marie Tudor ne veut pas la mettre à mort, mais n'a guère le choix, en raison de ses liens avec l'Espagne. Jane meurt décapitée à la Tour de Londres.

Jane s'est mise à genoux et a tenu le billot. Alors, elle a abaissé sa tête et son mince cou sur le billot. Ses derniers mots furent "Seigneur, entre vos mains, je remets mon esprit". Le bourreau a balancé sa hâche sur le cou de Jane, séparant sa tête de son corps. Le sang gicla sur l'échafaud et sur le public. Le bourreau prit alors la tête de Jane par les cheveux et hurla : "Périssent ainsi les ennemis de toute reine. C'est la tête d'un traître ! "»

Pourquoi cette préférence pour ce tableau me demanderez vous ? Après l'avoir examiner avec attention, je commence à comprendre ce qui a fasciné audrey.

Ce tableau peut être vu comme une scène de théâtre dans le sens où le tragique est exacerbé, notamment dans la posture quasi héroïque de la jeune femme. On sent que le peintre éprouve une certaine pitié pour cette jeune fille dans la représentation de celle-ci, à genou, toute de blanc vêtue et les yeux bandés. En effet, elle est la première chose qui a attiré mon regard. Puis, il s'est porté sur l'homme (peut être un homme d'Eglise) soutenant Lady Grey. Aussitôt il m'est apparu comme un personnage intrigant. En effet, il semble éprouver une certaine compassion dans ses gestes, peut-être du fait des égards dus à son rang de reine, à sa jeunesse et au fait de son exécution politique, mais c’est tout de même lui qui l’emmène vers le billot et donc vers la mort : il a ainsi un rôle ambigu. Ensuite mon regard s'est dirigé vers le bourreau, puis sa hache, (ce qui permet de comprendre rapidement son rôle et le rang de la jeune fille, la décapitation étant une exécution réservée aux nobles depuis le Moyen Âge).

Enfin, les femmes à gauche sont probablement des proches de Lady Grey déplorant ainsi la perte de cette femme, mais elles peuvent aussi représenter une partie de la noblesse protestante, qui constate l’avènement d’une reine catholique et ainsi un changement plus ou moins radical dans les mœurs de la société.

L’aspect dramatique (dans le sens théâtral) est accentué par la mise en scène et le décor inspiré de la période entre le Moyen Âge et la Renaissance. La présence du billot accentue ce côté dramatique et on en vient à compatir totalement avec le sort réservé à cette reine.

Je suis curieux de connaître vos impressions ....

Posté par sachaguitry à 19:17 - Moments de vie - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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