18 février 2008
Trois dollars
Présentation de l'éditeur
Mais comment Eddie a-t-il pu tomber si bas ? Son cursus universitaire fut exemplaire, sa carrière, son épouse, sa fille et son pimpant pavillon de Melbourne, tout autant. Mais voilà qu'il se retrouve seul, à trente-huit ans, sur un quai de gare avec trois malheureux dollars. Tout a commencé, se souvient-il, le jour où la petite fille blonde dont il était amoureux l'a quitté parce qu'elle était riche... Vibrant au rythme des coups de blues tragi-comiques, des crédits impayés et autres découverts autorisés, l'inévitable " dégringolade sociale postindustrielle " d'Eddie, antihéros rêveur, fan de Joy Division et de golden retrievers, peut logiquement commencer...
Le héros de ce roman, Eddie Harnovey, a eu une enfance banale mais l'élément qui le différencie des autres enfants est qu'il a touché du doigt dès son jeune âge la friabilité de l'existence... Le narrateur raconte sa vie avec un recul et une ironie toujours discrètement présents. Il détaille sa lente, mais inexorable descente vers une catastrophe annoncée. Tout ce qui l'entoure devient friable lentement, mais sûrement : sa maison, sa vie professionnelle, celle de sa femme (et son état psychique)...De plus, son passé rattrape parfois son présent (cette rencontre avec Amanda tous les huit ans et demi sème encore plus la perturbation dans sa vie). C'est tragique, mais on sourit, ému et amusé par ce héros attachant et vrai. Spirituel, vulnérable et perpétuellement étonné, Eddie a le charme des héros de certaines comédies américaines.
Trois dollars" prend aussi le temps de creuser les contours psychologiques de ses personnages, rappelant page après page que le quotidien n'est jamais un long fleuve tranquille, qu'il entaille même les couples les plus soudés... Entre rire et larmes, ce roman est le portrait cruel d’un monde où le cours de la Bourse prend le pas sur celui de la vie humaine.
Elliot Perlman manie l’humour et la tendresse comme deux couteaux au tranchant effilé qui lui servent à démonter avec une férocité jubilatoire l’engrenage du rationalisme économique à la Thatcher. Mais il n’en oublie pas l’amour, l’honnêteté et le rêve qui triomphent pour donner un sens à la vie…
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