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Présentation de l'éditeur
Une colline: superbe, couverte de maisons de luxe. Un drame: Lisa est retrouvée noyée dans le lac après une
soirée pas très claire. Evy, son frère, quatorze ans, mutique et énigmatique, pourrait bien être responsable.
N'importe où ailleurs, les choses seraient vite réglées. Sur la colline, royaume de l'apparence, les façades cachent d'invraisemblables malentendus... Après un détour par la forme brève qui avait abouti au superbe Frictions, Philippe Djian revient au roman avec une force nouvelle, une précision et une invention plus personnelles que jamais.

En lisant le quatrième de couverture de ce roman, je pensais retomber dans l'ambiance d'un "american beauty", une satyre féroce de la famille américaine qui tente de cacher ses errements et ses travers. Avec "impureté", on pénètre dans un univers un peu différent, car ici les protagonistes ne cherchent même pas à cacher leur côté obscur, leur objectif principal est juste de survivre, à savoir trouver la force de ne pas se jeter par la fenêtre pour mettre fin à leur vie dépourvue de sens.

Même si le cadre présenté peut paraître dans une premier temps idyllique : sur une colline, lieu clos des villas cossus des plus excentriques de la région, les riches,  les stars de cinéma côtoient les écrivains renommés. Toutefois, on s'aperçoit rapidement que ce microcosme renferme des personnes excentriques, désabusés, marqués par une lente décadence, des couples en dérive. La dépravation est en fait totale sur cette colline et les personnages centraux rivalisent de déchéance, de mystère et d'autodestruction.

On découvre ainsi la famille Trendel, désorientée par la mort de Lisa, leur fille aînée, noyée dans le lac, sous les yeux de son frère Evy.... Ce qui logiquement aurait du marquer une remise en question pour les adultes n'est en fait qu'une simple parenthèse fâcheuse dans leur vie. Leur choix privilégie la facilité, plutôt que de prendre conscience de leurs dérives et de leurs devoirs, ils en veulent à ces adolescents livrés à eux-mêmes «d'avoir ainsi entrouvert la porte à la tragédie, d'avoir laissé la voix au désordre, à ses gaz délétères et à ses hordes blêmes que sont la culpabilité et le sentiment de l'échec».

Philippe Djian, finalement nous questionne en s'emparant d'un sujet vieux comme le monde, les conflits de générations. Il choisit dans sa narration de prendre le parti d'Evy, le jeune frère de Lisa. Ce gosse de 14 ans qui prend la vie de plein fouet, subit des parents difficiles et ne supporte plus cet univers familial instable, va être saisi d'une soudaine envie de pureté et de valeurs pour repères. Djian le saisit tel qu'il est, peu bavard, tourmenté, et restitue parfaitement sa part de mystère.

A l'image d'un Larry Clark -  Philippe Djian ne nous cache rien et livre la réalité dans toute son horreur. Sans être trop moraliste, ce roman nous permet d'en tirer des leçons. D'autant plus que l'émotion, qui va crescendo, n'empêche pas l'essentiel, la réflexion.

Je vous invite à lire l'avis de Thom sur ce roman.