beaucoup de bruit pour rien

Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle

31 décembre 2007

Gone, baby gone

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Synopsis

Dans une banlieue ouvrière de Boston, la petite Amanda a disparu. Après l'échec des recherches menées par la police, la tante et l'oncle de l'enfant décident de faire appel à des détectives privés du coin, Patrick Kenzie et Angie Gennaro.
Patrick et Angie connaissent bien le quartier, au point de savoir que Hélène, la mère d'Amanda, est une droguée. Plus ils enquêtent, plus ils découvrent l'envers de la ville dans ce qu'il a de plus sombre. Ils s'enfoncent au-delà des mensonges et des faux-semblants, vers les secrets les plus noirs de la ville, là où règnent les dealers, les criminels et les pédophiles. Cela ne les aide pourtant pas dans leur enquête et Amanda reste introuvable.
Face à la pression médiatique, Remy Bressant, un enquêteur qui ne lâche jamais, et le capitaine de police Jack Doyle vont aussi s'attaquer à l'enquête. La vérité finira par surgir, mais elle aura un prix. Chaque ville a ses secrets, chaque humain sa conscience...

Quel plaisir de retrouver derrière le grand écran cette atmosphère de Boston que j'avais adorée avec les romans de Dennis Lehane. 

On entre avec ce film dans un univers que le cinéma américain ne montre que rarement, exit Los Angeles et New York, bienvenue à South Boston, une banlieue sale et peuplée par des gens de classe moyenne cotoyant la pauvreté. La force de ce film réside dans l'immersion totale dans ce monde où le bien côtoie le mal et la notion de loi devient floue, ou chacun a sa propre conception de la justice.

"Gone Baby Gone" est un film chargé en émotions: la douleurs s'associe aux mensonges, à la compassion .... Le héros, interprété par Casey Affleck, un jeune homme ordinaire qui va être confronté à un bouleversant cas de conscience, auquel nul ne restera insensible. Ce film pose de nombreuses questions dont une essentielle, qu'aurions-nous fait à sa place ?

Le casting est vraiment réussi, Ed Harris incarne à merveille le policier justicier. Un Morgan Freeman excellent et un très bon Casey Affleck jouant à la perfection son rôle de détective près à tout pour découvrir la vérité sur l'enlévement de cette petite fille. Seul petit bémol, Michelle Monaghan me semble un peu trop effacée et insipide dans son personnage d'Angela (il est a noté que dans le roman de Lehane, elle avait plutôt un tempérament volcanique)

Enfin, Ben Affleck m'a convaincu qu'il est bien meilleur réalisateur qu'acteur, il est arrivé à prendre comme réference Van Sant ou Cronenberg, tout en restant simple et humble, des qualités qu'on est pas susceptible de trouver pour une première réalisation.

Gone Baby Gone est finalement un film au ton juste, avec un suspense intense et une réalisation soignée....une très bonne surprise de fin d'année !

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29 décembre 2007

L'homme aux lèvres de saphir

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Quatrième de couverture

Paris, 1870. Une série de meurtres sauvages semble obéir à une logique implacable et mystérieuse qui stupéfie la police, fort dépourvue face à ces crimes d'un genre nouveau. Le meurtrier, lui, se veut " artiste " : il fait de la poésie concrète, il rend hommage à celui qu'il considère comme le plus grand écrivain du XIXe siècle, Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, dont il prétend promouvoir le génie méconnu. Dans le labyrinthe d'une ville grouillante de vie et de misère, entre l'espoir de lendemains meilleurs et la violence d'un régime à bout de souffle, un ouvrier révolutionnaire, un inspecteur de la sûreté, et deux femmes que la vie n'a pas épargnées vont croiser la trajectoire démente de l'assassin. Nul ne sortira indemne de cette redoutable rencontre.

L'Homme aux Lèvres de Saphir est un roman noir "historique" puisqu'il nous plonge dans le Paris des années 1870. Mais paradoxalement c'est un roman incroyablement moderne sur le plan de l'écriture comme des thèmes abordés.
Le contexte, on le connaît si on s'intéresse un peu à l'histoire de France d'avant la Commune: crise sociale, ouvriers en révolte contre l'oppression et la bourgeoisie, policiers à la solde du régime impérial, plus prompts à écraser les révoltes qu'à faire leur travail d'investigation etc...Mais tout cela, au fond, ne pourrait on pas le transposer à n'importe quelle époque, y compris la notre, ce début de XXIème siècle ultra libérale, à tendance inhumaine où l'asservissement s'est transformé mais reste d'actualité...enfin c'est un tout autre débat.

Pour en revenir à ce polar, il soulève un questionnement : la violence de certaines œuvres d'art peuvent-elles amener au passage à l'acte. C'est un questionnement quotidien face à la télévision, aux jeux vidéo et à certains films. Hervé Le Corre nous donne à découvrir Isidore Ducasse alias Lautréamont et l'un de ses amis de rencontre qui l'admire et veut aller plus loin que son maître, rendre réel « Les chants de Maldoror ».

Le criminel pourchassé est d'ailleurs dans le roman le symbole du passage entre un monde humain et un monde de machines, auxquelles plus rien ne peut s'opposer (il s'émerveille devant les ravages des armes à feu et trouve dans la guerre, un nouveau terrain de jeu possible).

Les révoltes d'ouvriers dans les rues de Paris sont écrasées aussi sûrement que le meurtrier fait exploser la tête de ses victimes avec un pistolet. C'est irréversible, irrémédiable.
Pour vaincre ou même ne pas être vaincu, les protagonistes n'auront pas le choix, il faudra rentrer dans la même logique : opposer à la machine d'autres machines, opposer à la brutalité encore plus de brutalité.

La plume d'Hervé Le Corre nous livre une écriture riche qui sait s'adapter parfaitement au vocabulaire de l'époque, cet argot oublié mais tellement jouissif .

Le roman se dévore même si la fin, selon moi un peu bâclée, nous laisse insatisfait. Néanmoins ce livre original reste un polar historique et littéraire de grande qualité qui mérite largement le détour...

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26 décembre 2007

1 an !!!!!!!!!!!!!!!

Un an déjà, mon dieu que le temps passe vite me dirait mon vieille oncle Anatole !  Il avait raison le brave homme. Et moi qui ne  pensais pas tenir et continuer à alimenter ce blog pendant une année complète, je suis toujours là..... Pour tout vous dire, je me suis lancé dans cette aventure comme un archéologue sur le site d'une civilisation disparue, je ne savais pas ce que j'allais y trouver, qui j'allais rencontrer... et finalement, je me suis laissé porter par cet enrichissement continu que procure la lecture, la musique et le cinéma mais surtout la découverte de blogs passionnants et de personnes attachantes. 

Je vais donc continuer dans cette voie et essayer de respecter ce postulat exprimé par Guitry :

"Jouer son rôle, à mes yeux, c'est être soi-même, conformément à l'idée que les autres se font du personnage que l'on est. "

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22 décembre 2007

Le Mepris - Jean-Luc Godard

Le Mépris s'ouvre sur une phrase d'André Bazin : "le cinéma substitue à nos regards un monde qui s'accorde à nos désirs

Pour nous présenter cette dualité femme/homme accés sur l’intime, Godard s’offre  une musique aussi tragique que l’œuvre qu’elle surligne : le fameux Thème de Camille, composé par George Delerue. Cette musique confère une grande puissance émotionnelle au spectateur.

L'émotion qui se dégage de ce film nous étreint dès le générique, avec cet image d'un cadreur qui suit en travelling une jeune femme. En se rapprochant du premier plan, il vérifie sa lumière, puis bouge sa caméra, la pointant sur nous, le cadre de son objectif épousant le cadre de l'écran que l'on regarde. Je suis loin d'être un spécialiste des techniques cinématographiques et d'autres seront beaucoup mieux l'expliquer que moi mais cette scène m'a laissé une sensation étrange, peut être celle d'être filmé, observé, de faire partie de la distribution...

Si on est un tant soit peu réceptif et attentif, on se laisse prendre à cette histoire de passion, de destruction, d'introspection, violente à la fois lyrique, exarcerbée, envoûtante.

"Le Mépris" s'impose comme une fresque magnifique du couple contemporain, d'une beauté incomparable, éternelle, envoûtante, qui ne vieillira sans doute jamais.  .

 

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19 décembre 2007

Les marécages

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Quatrième de couverture
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. La femme aurait-elle été la victime de l'Homme-Chèvre, un monstre de légende ? À bien écouter les vieux du village, le Diable n'est jamais loin des carrefours et des rivières. Bientôt c'est le cadavre d'une seconde femme qu'on retrouve nu dans un arbre. Les esprits s'échauffent, on lynche un homme noir, et le père de Harry enquête

Début des années 30, la dépression a frappé, une période de vent et de sécheresse a chassé les habitants du nord du Texas, de l’Alabama, de l’Oklahoma vers le mirage californien, mais dans les marécages de l’est du Texas on dirait que rien ne bouge. Voilà le décor est planté ....

"Les marécages" est un roman qui nous fait retrouver les émotions de notre enfance, nous donne l'impression d'avoir déjà traverser le Texas profond et d'en comprendre les mécanismes intimes et les ressorts de ses habitants. Le ton et le style font penser au roman type souvenir d'enfance, mais avec cette particularité qu'au lieu de voir surgir un gentil monstre au détour d'un fourré c'est un serial killer qui pointe le bout de son nez.

Ce roman très frais au niveau du ton mais particulièrement sombre au fond, fait ressurgir de multiples images de lectures ou de films dont les plus fortes sont "les raisins de la colère" pour les description de ce qui se passe dans les zones où la sécheresse et le vent sévissent et "la nuit du chasseur" pour le final époustouflant sous la lune.

Tout le long de la lecture, on est suspendu aux lèvres de ce gamin intrépide qui nous présente un récit laissant une bonne part au merveilleux dans sa description de la nature, qui nous permet d'entrevoir une touche de fantastique avec le fameux Homme Chèvre, mais qui n’occulte pas tout le sordide des relations noirs/blancs à cette époque dans le Texas profond.  Sans oublier l’ombre du serial killer, présente sans l’être, comme un mouvement fugitif entr’aperçu puis oublié.

L'atmosphère du livre est une merveille, l'intrigue habile et prenante sert beaucoup, à mon avis, à nourrir une vision humaniste de cette contrée.

Si on vous propose une petite promenade en forêt à la tombée de la nuit, réfléchissez-y à deux fois...

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15 décembre 2007

Hugh laurie protest song

Je viens de passer une semaine en stage à montpellier et ce cher docteur ne m'a pas quitté...Hugh Laurie incarne dans cette série un médecin revêche qui ne fait confiance à personne, et encore moins à ses patients. Irrévérencieux et controversé, pourvu d'une répartie redoutable, il fascine immédiatement par son charisme et sa personnalité.

Cette video est l'illustration de ses multiples talents.   

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08 décembre 2007

Professeur de désir

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Quatrième de couverture

David Kepesh, jeune professeur (très doué) de littérature comparée, est resté un étudiant (tout aussi doué) en érotisme comparé. Sa devise est celle de Byron : «Studieux le jour et la nuit licencieux.» Son étude approfondie du désir passe d'abord par des jeux scabreux avec Bettan et Birgitta, jeunes Suédoises aventureuses, puis le plonge dans l'exotisme et la passion avec Helen, belle, mystérieuse, insaisissable. Il épouse son héroïne mais se retrouve perdu dans le désert de l'amour. La traversée en sera dure, il y perdra jusqu'à la trace du désir. Puis c'est la découverte enfin de l'oasis inespérée. Claire est belle, voluptueuse, mais limpide comme son nom, droite, sans équivoque. Ne s'agit-il pas encore une fois d'un mirage ?

J'ai découvert dans ce roman l'archétype du séducteur à travers ce professeur libertin et libertaire, amateur de chair fraîche, assez cynique pour séduire ses étudiantes en leur laissant croire qu'elles sont des modèles d'intelligence.

Depuis toujours, le désir fascine Kepesh, mais plus dans l'aspect sexuel qu'amoureux. Pendant ses études, il va découvrir l'homosexualité de son extravagant colocataire puis lors de son séjour à Londres, en compagnie de deux jeunes Suédoises, il y étudiera ses fantasmes sexuels plutôt que la littérature.

Plus tard, il se mariera à Helen, mais la passion de Kepesh ne suffira pas pour la garder, Helen le fuira pour son passé et précipitera Kepesh dans un abîme. Après une longue analyse, il se croit guéri et entreprend enfin une relation "saine" avec une femme "normale", Claire.

Ce n'est pas long que le feu des corps de la suédoise Birgitta et de son ex-femme Helen revient le hanter. Il craint de ne pouvoir supporter la sereine Claire, il ne pourra demeurer avec elle. Kepesh pourrait être condamné, tel un Ulysse des temps modernes, à errer d'aventures en aventures. Trouvera-t-il sa promise un jour?

Les frasques sexuelles du jeune Kepesh me sont apparues dans un premier temps plutôt puériles, mais j'ai découvert le sens plus tard, l'intrigue devient mature avec le personnage. En outre, au fil des pages, l'on retrouve de plus en plus d'intéressantes références littéraires, à l'image du héros qui étoffe sa maîtrise de son champ de connaissances.

La conclusion offre quelques pistes de solution, mais Philip ROTH laisse subsiter pas mal de questionnements, chacun selon son expérience et sa sensibilité en la matière pourra se faire une opinion.

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07 décembre 2007

"Celui qui accepte avec le sourire d'être volé vole lui-même quelque chose à son voleur. "

William Shakespeare

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06 décembre 2007

Jarvis - Don't Let Him Waste Your Time

Tout amateur de très bonne pop peut se jeter les yeux fermés sur ce disque de l'une dernières authentiques légendes de la musique anglo-saxonne actuelle.

Un univers un peu déjanté servi par une excellente musicalité, j'adore !

Posté par sachaguitry à 08:55 - Clips musicaux - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 décembre 2007

Sa majesté des mouches

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Durant la Seconde Guerre mondiale, un avion s'écrase sur une île du Pacifique. Il transportait des collégiens britanniques. Pas un seul adulte n'a survécu. Rescapés de ce désastre, les enfants décident de s'organiser et d'abord d'élire un chef. Ce sera Ralph. Mais il a un rival, le chasseur Jack.

Ce livre m'a laisser stupéfait par sa vision de l'île déserte et de la condition Humaine. Qui n'a jamais dit qu'il rêverait de vivre sur une île déserte ? La lecture de ce roman va sûrement changer votre perception des choses.

Perdu sur une île déserte, loin de toute civilisation, un groupe d'enfant âgés de 6 à 13 ans doit faire face à une réalité bien différente de tout ce qu'ils avaient pu connaître jusque là.

Dans un premier temps, satisfait de cette situation, les enfants se mirent à jouer les Robinsons sur fond de vacance scolaire; mais il leurs fallut peu de temps pour voir leur rêve s'effondrer.  Mais, très tôt, ils durent s'organiser afin de survivre dans un univers hostile et sauvage. Il va donc se créer sous nos yeux  une micro-société qui va transformer la vie au sein de la petite troupe et faire disparaître progressivement ce sentiment d'innocence qu'on garde de l'enfance.

Face à Ralph improvisé chef et décideur suprême, se dresse très vite une opposition. Cette lutte pour le pouvoir va finir par diviser le groupe en deux clans ennemis. Mais jusqu'à quel point ? Ces divergences vont vite virer au cauchemar, et de démocratie, on va vite passer à la tyrannie.

Dans cette oeuvre, le message de l'auteur est clair. En prenant l'humain innocent, et naïf qu'est l'enfant et en mettant entre les mains de celui-ci une nature vierge, pure et dépourvue de tout vices, William Golding entend bien démontrer le penchant naturel de l'homme vers le conflit et son avidité du pouvoir.

Tout compte fait cette oeuvre entend s'intéresser au développement des sociétés humaines, à la constitution des royaumes et aux guerres entre clans qui sont souvent le fait d'un ou de quelques hommes charismatiques. Finalement, ne peut on pas considérer que ce livre constitue un peu une illustration de l'histoire de l'humanité ?

Posté par sachaguitry à 21:13 - Littérature étrangère - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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