beaucoup de bruit pour rien

Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle

19 décembre 2007

Les marécages

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Quatrième de couverture
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. La femme aurait-elle été la victime de l'Homme-Chèvre, un monstre de légende ? À bien écouter les vieux du village, le Diable n'est jamais loin des carrefours et des rivières. Bientôt c'est le cadavre d'une seconde femme qu'on retrouve nu dans un arbre. Les esprits s'échauffent, on lynche un homme noir, et le père de Harry enquête

Début des années 30, la dépression a frappé, une période de vent et de sécheresse a chassé les habitants du nord du Texas, de l’Alabama, de l’Oklahoma vers le mirage californien, mais dans les marécages de l’est du Texas on dirait que rien ne bouge. Voilà le décor est planté ....

"Les marécages" est un roman qui nous fait retrouver les émotions de notre enfance, nous donne l'impression d'avoir déjà traverser le Texas profond et d'en comprendre les mécanismes intimes et les ressorts de ses habitants. Le ton et le style font penser au roman type souvenir d'enfance, mais avec cette particularité qu'au lieu de voir surgir un gentil monstre au détour d'un fourré c'est un serial killer qui pointe le bout de son nez.

Ce roman très frais au niveau du ton mais particulièrement sombre au fond, fait ressurgir de multiples images de lectures ou de films dont les plus fortes sont "les raisins de la colère" pour les description de ce qui se passe dans les zones où la sécheresse et le vent sévissent et "la nuit du chasseur" pour le final époustouflant sous la lune.

Tout le long de la lecture, on est suspendu aux lèvres de ce gamin intrépide qui nous présente un récit laissant une bonne part au merveilleux dans sa description de la nature, qui nous permet d'entrevoir une touche de fantastique avec le fameux Homme Chèvre, mais qui n’occulte pas tout le sordide des relations noirs/blancs à cette époque dans le Texas profond.  Sans oublier l’ombre du serial killer, présente sans l’être, comme un mouvement fugitif entr’aperçu puis oublié.

L'atmosphère du livre est une merveille, l'intrigue habile et prenante sert beaucoup, à mon avis, à nourrir une vision humaniste de cette contrée.

Si on vous propose une petite promenade en forêt à la tombée de la nuit, réfléchissez-y à deux fois...

Posté par sachaguitry à 09:08 - Romans policiers - Thrillers - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Avec un tel billet comment résister??? je note!

Posté par Choupynette, 20 décembre 2007 à 22:20

Choupynette : pour ma part je n'ai pas pu résister à l'ambiance de ce roman qui m'a très rapidement transporté dans ce coin du texas inquiétant et mystérieux.

Posté par nicolas, 21 décembre 2007 à 09:10

Si ça continue comme ça, il va falloir que je reprenne une LAL en bonne et dur forme! Comment veux-tu que je résiste si tu me parles de "La Nuit du chasseur"?!
Une question me vient à l'esprit : Comment choisis-tu tes livres?

Posté par Gaël, 16 janvier 2008 à 22:14

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