9782258071605

Résumé

A partir de photos privées et publiques, de lettres et de documents divers, la vie de S. Guitry est racontée en sept actes : son amour pour son père, son don pour la caricature, l'initiation avec Charlotte Lysès, le théatre pendant les années folles, la découverte du cinéma, Geneviève de Séréville et l'ombre de la guerre, Lana Marconi et le retour à l'histoire.

Quatrième de couverture

Né pour jouer

Enfant d'acteur, choyé par un père monstre sacré de son temps, grandi au milieu des mots, modulés, répétés à l'infini tandis que Lucien Guitry se met en bouche les textes de Molière ou d'Edmond Rostand.

Doué pour le dessin, capable très tôt de saisir le trait marquant d'un visage ou d'un caractère, très vite de construire une situation où se nouent et se dénouent les fils d'une intrigue.

Doué pour plaire et faire rire.

Mêlant jour après jour l'art et la vie.

C'est ce personnage hors norme, Sacha Guitry, né à Saint-Pétersbourg en 1885, mort à Paris il y a un demi-siècle, qu'André Bernard nous raconte ici en images grâce à sa fabuleuse collection de documents les plus divers. Jean Piat le dit dans sa préface, André Bernard nous le révèle Vivant, dans le jeu et le travail, cet acteur, auteur, homme de théâtre, cinéaste dont la stature imposante contredisait tant la légèreté de l'esprit et l'extrême attention qu'il portait à tout ce qui était son métier.

« Quand un homme a l'honneur d'être un délassement pour ses contemporains, il doit y consacrer le plus clair de sa vie. »

« Il faut être heureux, car lorsqu'on se met à être heureux, l'existence devient une chose tout à fait inouïe. »

Une amie m'a offert ce magnifique livre pour mon anniversaire, et je l'en remercie vraiment. Justement, en parlant d'anniversaire, cette année est le 50ème anniversaire de la mort de Sacha Guitry. 

En lisant ce livre, on découvre la vie passionnante de cet artiste aux multiples talents, à la fois auteur de pièces de théâtre, metteur en scène, dialoguiste, scénariste, réalisateur et comédien. C'est à partir de photos privées ou publiques, lettres, documents divers, qu'André Bernard raconte la vie de Guitry.

"21 février 1885. Il ne s’agissait pas de rater mon entrée. Quand j’ai vu ma mère, j’ai su que la vie était belle." tout est dit !!!!

On découvre les différents artistes qui l’entourèrent dès ses premiers pas. Son père d’abord, Lucien, et puis Cocteau, Colette, Rodin, Yvonne Printemps qui fut sa femme, etc...

Au fur et à mesure qu'on rentre dans sa vie, on se rend compte qu'il avait vu dans le cinéma un moyen moderne de voyager, et qu'il a utilisé cet outil en véritable visionnaire.

Voici quelques anecdotes sur ce personnage à l'esprit décapant :

"Sacha est le diminutif russe d'Alexandre. Le tsar Alexandre III était en effet son parrain.

Comme il l'explique dans son discours de cent lignes, prononcé lors du banquet du centenaire de Janson-de-Sailly, il fut expulsé de 11 lycées différents. Il explique dans un de ses ouvrages que c'est suite aux déplacements de son père qu'il a redoublé sa sixième 10 fois. En effet, à l'époque, on recommençait l'année si l'on changeait d'établissement, ce qui était périodiquement son cas. Il fêta ses 18 ans en sixième et arrêta là ses brillantes études.

Durant l'hiver 1889, à 4 ans, son père, Lucien Guitry, en pleine séparation d'avec sa femme, sort avec Sacha pour chercher des gâteaux au coin de la rue, et de coin de rue en coin de rue (car la pâtisserie la meilleure était plus loin) il l'enlève aussitôt jusqu'en Russie, lieu de ses futures représentations. Sacha y jouera enfant devant le Tsar et la famille impériale. Ce sera là-bas qu'il entendra que son père "va jouer tous les soirs pour travailler".

Malgré le vif soutien de Tristan Bernard et de nombreuses personnalités de la résistance, Sacha Guitry fut injustement soupçonné de collaboration à la Libération, et incarcéré pendant 60 jours (d'où son livre "60 jours de prison"). Un non-lieu complet fut prononcé. « Il n'y avait donc pas lieu ! », commenta ironiquement Sacha Guitry, qui déclara par ailleurs : « La Libération ? Je peux dire que j'en ai été le premier prévenu ». Pour la petite histoire, ce fut Alain Decaux qui évita le pillage de sa maison car il était à l'époque mobilisé et qu'il avait, connaissant Guitry, demandé à surveiller sa maison. En souvenir de ce beau geste, Lana Guitry lui offrit l'émeraude que Sacha portait et qui trône désormais sur la poignée de son épée d'académicien. De son arrestation, il dira : « ils m'emmenèrent menotté à la Mairie. J'ai cru qu'on allait me marier de force ! »