25 juin 2007
L'ombre du vent
Quatrième de couverture
Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, " ville des prodiges " marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y " adopter " un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " : L'Ombre du vent. Avec ce tableau historique, roman d'apprentissage évoquant les émois de l'adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l'Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafon mêle inextricablement la littérature et la vie.
C'est vraiment par hasard que j'ai découvert ce bouquin, je cherchais un cadeau à offrir à la mère de ma coloc et je suis tombé sur ce roman. J'entamais la lecture de son quatrième de couverture....10 secondes après j'emportai le livre en oubliant le cadeau, il y a des priorités dans la vie n'est ce pas ?
L'histoire débute dans la Barcelone post-guerre civile. Cette époque ne m'est pas indifférente puisque ma mère et mes grands parents ont fuit cette ville et l'arrivée des franquistes. Ce fut une période très dure, sans concession gravée dans la mémoire de ma famille. C'est donc avec pas mal d'émotion que je me suis plongé dans cette brume d'un matin de 1945 en compagnie de Daniel et de son père, me guidant vers cet endroit mystérieux et secret : "Le cimetière des livres oubliés".
C'est un lieu magique, un labyrinthe regorgeant de livres poussiéreux qui ne demandent qu'à sortir de leur oubli. Sur place, Daniel comme son père avant lui, a le droit de s'approprier un de ces livres afin de le sortir de l'anonymat. Daniel ne sait pas ce qui l'attend.
Commence alors un long cheminement qui va durer plus de 10 ans. En choisissant "L'ombre du vent" de Julian Carax, il s'embarque dans une quête dangereuse et passionnante dans le Barcelone de l'après-guerre à la recherche de cet écrivain qui l'a ému et dont le passé semble si mystérieux. Parcours initiatique, intrigue brumeuse et mystérieuse. On se familiarise assez vite avec tous ces protagonistes, au fil des rebondissements. Certains sont très attachants, d'autres complètement détestables, et enfin ceux qu'il est plus difficile de cerner.
Sous sa plume, le romancier fait revivre la ville de Barcelone avec poésie et magie, malgré la dureté de l'époque et l'emprise fasciste sur la population.
J'ai particulièrement adoré l'idée du Cimetière des Livres Oubliés, cet endroit magique, chargé de l'âme d'autant d'auteurs, que chaque ouvrage dégagerait. Un lieu ou seraient rassemblés un exemplaire de chaque livre, une arche de Noé littéraire. Ce genre de lieu ou j'adorerais me perdre, caresser des livres, divaguer d'un ouvrage à l'autre, pouvoir y passer des journées, des nuits, des semaines, seul, sans autre nourriture que celle de l'esprit.
C'est un véritable hommage aux livres, mais aussi à la passion et l'obsession que ceux-ci exercent sur certains. Un hommage également à tous ces livres qui disparaissent un jour, sans personne pour les lire et qui sait, atterrissent peut-être au cimetière des livres oubliés.
Autant ombre et vent évoquent pour moi des choses insaisissables et qu'on oublie facilement, autant ce livre restera ancré pour un long moment dans ma mémoire.
Commentaires
Je suis en train de le lire. Les premiers chapitres sont sublimes.
Caroline : c'est un magnifique roman, tu ne seras pas déçue et j'espère que tu laisseras emporter comme moi dans les méandres de cette ville mystérieuse et fascinante.
Un de mes coups de coeur de 2006! Je regrette d'ailleurs de l'avoir prêté, j'ai peur de ne pas le revoir de si tôt, voire jamais :-/
Kalistina : c'est un risque à prendre mais d'un autre côté c'est bien qu'il puisse passer de main en main et ne termine pas sa vie au fond d'une bibliothèque de livres oubliés...
J'ai également adoré ce livre que j'ai dévoré passant de la peur à l'excitation. De nombreuses images de la ville resteront longtemps gravées dans mon imagination.
Je l'ai acheté pour ma mère (n'y vois pas d'arrière pensée de ma part...), j'attends qu'elle le lise... :))
Marie : cette ville m'attire beaucoup, et je pense que je vais partir incessamment en quête de ce cimetière ...
Val : la mienne l'a déjà lu et elle en a gardé un souvenir ému. Elle s'est rappelée certains endroits décrits par l'auteur et aspire à y retourner.
Ce livre est terriblement envoûtant, toujours à la frange entre réel et fantastique, roman historique et fiction, énigme policière, roman d'apprentissage et d'aventures... Mais surtout ce livre est un formidable hommage à la littérature, un roman sur l'amour du roman. Bref, un petit bijou!
Nico, tu as lu "la ville des prodiges" de Mendoza ? avec Barcelone comme vedette, un livre que je relirai bien !
Val : non je ne l'ai pas lu, mais je vais sûrement l'ajouter à ma PAL, merci pour l'info
:-)
Blue : je partage tout à fait ton analyse, c'est un roman aux multiples facettes qui nous transporte très loin sur la route de l'imaginaire
Tu crois qu'il existe vraiment!!?!?!?
Si oui, je pars demain :o)
Tiens nous au courant...dans le plus grand secret bien sûr!!...
c'est un très beau livre dans lequel j'ai aimé me laisser embarquer. Il y a une ambiance très particulière, matinée de fantastique qui m'a presque envoutée. Malheureusement, il y a longtemps que je l'ai lu, et je crois que je ne prendrai pas le temps de faire un post sur ce titre... Il faudrait que j'y pense quand même, parce que c'est vraiment une belle lecture.
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