beaucoup de bruit pour rien

Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle

01 mars 2007

Jeux de société

Sans_titre

Quatrième de couverture

Qu'y-a-t-il de commun entre Vie Wilcox, directeur général de Pringle and Sons, une entreprise de métallurgie anglaise en pleine restructuration, et Robyn Penrose, une jeune universitaire spécialiste des jeux de déconstruction littéraire et plus particulièrement de l'étude sémiologique des "romans industriels" victoriens ? Pas grand-chose en apparence. Mais tout est remis en jeu lorsque Robyn Penrose doit suivre un stage chez Pringle and Sons et devenir "l'ombre" de son directeur dans le cadre de "l'Année de l'Industrie". Cette confrontation brutale - et cocasse - est un peu celle de la thèse et de l'antithèse, au cœur de Rummidge, cette variante fictive de Birmingham.

Mon avis :

Sur les recommandations de Jean-loup, que je remercie, je me suis lancé dans la lecture de ce roman satirique, qui s'interroge sur les valeurs de notre société obsédée par le culte des différences de classe, de culture, de style, de langage ou d'esprit.

L'histoire se situe dans le contexte politique et social difficile du gouvernement de la "Dame de fer", dont les mesures touchent de plein fouet les universités et les industries britanniques.

David Lodge, dès la première page du roman, sonde l'intimité des  protagonistes. Ainsi, Vic Wilcox, en chef d'entreprise moderne, se réveille tôt dans le lit conjugal où son épouse est encore endormie à côté de "Bien vivre sa ménopause". La scène, ainsi racontée, amuse le lecteur mais est surtout lourde de sens. Elle indique  le désarroi d'un homme qui possède tous les signes extérieurs de la réussite sociale et matérielle mais dont l'usure des relations conjugales, le poids du quotidien soulignent d'emblée les limites d'un mode de vie.

Soudain, tel un ouragan,  une jeune universitaire, "sémiologue spécialiste de la déconstruction", surgit dans la vie de ce chef d'entreprise englué dans ses principes capitalistes et quelque peu masochistes. Cette intrusion finit par dissoudre les dernières certitudes de l'homme d'affaires médusé. En effet, beaucoup de choses sont remises en question jusqu'aux valeurs les plus communément admises.

On assiste, en spectateur intrigué et amusé, à cette confrontation de ces deux extrémistes dans leurs idées et leurs idéaux, à cette opposition entre Humanisme et capitalisme. Lequel des deux va l'emporter ? Est-ce là le seul point commun des deux personnages ?

J'ai dévoré ce roman, qui dans le plus pur style anglais, mélange l'humour et l'ironie dans ce décor urbain gris et pollué...merci Monsieur LODGE.

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Posté par sachaguitry à 21:47 - Littérature étrangère - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

J'ai craqué pour Lodge avec "un si petit monde" et je ne vais pas m'arrêter là ! je note celui-ci et un autre m'attend dans ma PAL...

Posté par Valdebaz, 02 mars 2007 à 13:15

Si on lit un roman de cet auteur, on ne peut pas s'arrêter en si bon chemin...

Posté par nicolas, 02 mars 2007 à 13:38

J'adore Lodge et ce titre est mon préfére ! Mais tu ne seras déçu par aucun...

Posté par Gachucha, 02 mars 2007 à 15:33

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