31 janvier 2007
"C'est la fragilité même de notre amour qui le fait si précieux! Si quelqu'un pouvait nous donner la certitude que notre amour est éternel... peut-être cesserions-nous de nous aimer..."
Sacha Guitry - Je t'aime
Closer
Synopsis
Larry, médecin, aime Anna, photographe, qui le trompe avec Dan. Alice, stripteaseuse, aime Dan, écrivain et manipulateur, mais le trompe quand même avec Larry.
A un niveau extrême, deux hommes et deux femmes vont jouer le jeu pervers de la séduction et du désir. Alternant manipulations et trahisons, ils entament un diabolique chassé-croisé amoureux dont personne ne sortira indemne.
Mon avis :
"I can't take my eyes off of you... til I find somebody new" ce morceau de l'excellente chanson de Damien Rice Blower's daughter (la fameuse musique du film) résume enfin de compte, à lui seul ce film.
Ce jeu du chat et à la souris, de l'amour et du hasard est une très bonne satyre des relations amoureuses. L'amour n'est ce qu'une illusion, n'est ce qu'un instant fugace, l'amour ne serait il pas seulement que du sexe, qu'est ce qui fait qu'on aime ?
Toutes ces questions sont à mon sens le point central de ce film, en arrivant dans une société ou on nous sert cette image de prince(sse) charmant(e), Mike Nichols nous offre un film sur la vie tout simplement. Qui n'est pas si rose, puisqu'on s'aime, on se quitte, on se retrouve on se requitte et la boucle est sans fin.
Ce jeu malsain entre Natalie portman (décidemment magnifique et d'une légèreté déboussolante), julia roberts, jude law et clive Owen, est tourné d'une manière très juste, de plus aggrémenté par la très belle musique de Damien Rice.
Un film sur des relations amoureuses que l'on pourrait rencontrer dans la vraie vie, cynique et touchant. Peut etre seulement un film sur l'amour tout simplement ?...
30 janvier 2007
A Paris, quand on croise une femme dans la rue et qu'on la regarde, on commet presque une infidélité. Regarder une française et être vu par elle, on dirait qu'on ébauche un roman d'amour !
Sacha Guitry - Théâtre, je t'adore
L'objet de mon affection
Quatrième de couverture
Nina et George partagent un appartement à Brooklyn et forment un couple hors du commun. Nina attend un bébé d'Howard qu'elle refuse d'épouser et souhaite élever son enfant avec George. Homosexuel affranchi, George a fait la rencontre de Paul qui souhaite habiter avec lui dans le Vermont. Le chassé-croisé des sentiments se complique.
Mon avis :
Après un conseil avisé de Jean Loup, je me suis lancé dans la lecture de ce roman....et effectivement, on retrouve l'ambiance des Chroniques de San Francisco.
L'histoire peut apparaître banale aux premiers abords mais elle reflète la complexité de l'amitié et de l'amour. Les personnages sont attachants et Stephen McCauley dresse un tableau complexe des relations peu conformistes qui unissent ses personnages. Le style de l'auteur est plaisant à lire, j'ai aimé son ironie, son humour noir. Cette comédie de moeurs est portée par le charme de la "grosse pomme".
Si vous avez d'autres romans de ce style à me conseiller, n'hésitez pas ....
Quand le coeur est chaud, on n'a pas froid au corps.
Lao She
28 janvier 2007
"rien, vraiment, n'est plus odieux que d'être accusé d'une chose à laquelle on n'avait jamais songé..."
Sacha Guitry - La jalousie
1984 - Georges ORWELL
Big Brother is watching you : cette phrase rendit son auteur célèbre dans le monde entier.Elle est bien sûr tirée de 1984 le dernier roman de George Orwell et son plus fameux.
L’Océania est un état constamment en guerre: le peuple est maintenu dans un état perpétuel de privation et de désinformation. Tous les foyers sont équipés d’un écran impossible à éteindre qui diffuse la propagande officielle mais sert aussi à surveiller les citoyens.
On sait qu’ Orwell s’est inspiré de Staline pour en faire son Big Brother, figure du dictateur absolu, et de l’URSS pour décrire cette société totalitaire. La guerre froide en a fait un livre de dénonciation du communisme mais il faut y voir surtout une anti-utopie pessimiste sur l’avenir de l’Angleterre et de l’humanité.
En ouvrant la voie à d’autres oeuvres anti-utopiques (Sa Majesté des Mouches, de William Golding, Orange Mécanique de Anthony Burgess) tout en se situant dans une tradition établie ( Wells, Huxley), Orwell a anticipé sur le développement d’une société de masse dominée par la violence et le spectacle médiatique et technologique ( on sait aujourd’hui qu’Orwell a pris pour modèle du palais de 1984 le siège de la BBC !...) La grande idée du roman reste l’apologie de la liberté d’expression contre toutes les dérives y compris celle des sociétés dites démocratiques.
La biographie de Bernard Crick Orwell, une vie publiée en 2003 dans sa version définitive et dans une nouvelle traduction, est à ce jour l’ouvrage le plus complet sur l’itinéraire de cet écrivain ainsi que sur le contexte historique et intellectuel dans lequel s’inscrit son oeuvre . En s’appuyant largement sur les Essais, Articles et Lettres de Orwell ( intégralement disponibles en quatre tomes chez Ivréa), il permet d’appréhender une pensée politique singulière et souvent controversée .
De son vrai nom Eric Blair, George Orwell naît en 1903 au Bengale. Elève médiocre, il fait ses études à Eton où il dévore les oeuvres de Swift, Wells ou London qui l’influenceront durablement . A 19 ans, il abandonne ses études et s’engage dans la police impériale en Birmanie . En désaccord total avec l’esprit colonialiste britannique, il démissionne au bout de cinq ans.
De retour en Angleterre, il fait le choix définitif de l’écriture. Commence alors une période difficile ; sans réels moyens de subsistance, il part à Paris où il alterne les petits boulots (plongeur, précepteur, etc) et les périodes de chômage ; il vit dans des taudis où il côtoie la misère et la petite délinquance ; cette expérience est relatée dans son premier récit publié en 1933 sous le nom de George Orwell : Dans la Dèche à Paris et à Londres. En 1935, paraît Et Vive l’Aspidistra, roman un brin nostalgique qui dénonce la course au progrès et l’individualisme galopant et qui célèbre la convivialité. Il s’agit pour l’auteur de sauver l’aspidistra, fleur symbole de l’Angleterre.
Pour compléter ses revenus encore insuffisants, son éditeur lui propose d’enquêter sur le chômage en pays minier, reportage qu’il publiera sous le titre Le Quai de Wigan en 1937 ; cette expérience le rapproche des idées socialistes et du milieu ouvrier .
En 1936, la guerre d’Espagne éclate et il part combattre dans les rangs du POUM (Partido Obredo de Unificacione Marxista), un parti de gauche, anarchiste et révolutionnaire ; il y expérimente le socialisme réel et l’égalité sociale ; il découvre aussi la répression des communistes contre les partis révolutionnaires, accusés d’être une cinquième colonne fasciste ! Ecoeuré, il devient alors farouchement anti-stalinien . Son récit Hommage à la Catalogne publié en 1938 est violemment attaqué, lui-même est taxé de trotskiste faisant le jeu des fascistes. Gravement blessé, il est réformé pendant la seconde guerre mondiale et travaille pour la BBC tout en écrivant des essais politiques et en collaborant à des revues et journaux (il tient une chronique au London Tribune).
En 1945, il publie la Ferme des Animaux, satire du système soviétique sur fond de fable swiftienne et réflexion sur le pouvoir et l’opportunisme ; le succés immédiat du livre le consacre comme l’un des meilleurs écrivains de sa génération ; malheureusement, sa santé se dégrade (il est atteint de tuberculose) et il perd sa femme dans un accident ; c’est dans ces conditions qu’il s’attaque à son chef-d’oeuvre qui réunit toutes ses expériences passées . Epuisé, il s’éteint en 1950, quelques mois après la parution de 1984 .
Mon avis :
1984 est le livre noir et pessimiste par excellence...
Orwell nous entraîne dans une immersion effrayante de réalisme et d'intelligence dans un monde, souvent plus proche d'une réalité passée ou à venir, que de la fiction.
On peut l'analyser comme un chef d'oeuvre de ressenti humain, le récit va crescendo dans un vertige qui confine presque au malaise du lecteur.
Ce roman suscite de nombreuses interrogations sur sa finalité, est-ce une plaidoirie contre la dictature de la pensée? une expression de la peur de l'avenir? un simple récit fantastique? un roman philosophique sur la nature de l'homme? Rien de tout ça ou peut-être tout à la fois...
En tout cas, cette histoire constitue sûrement la meilleure description de ce que pourrait être le Totalitarisme entièrement abouti....et le pire cauchemar sur l'évolution de notre société.
27 janvier 2007
Le cercle des poètes disparus
Synopsis
Todd Anderson, un garçon plutôt timide, est envoyé dans la prestigieuse académie de Welton, réputée pour être l'une des plus fermées et austères des Etats-Unis, là où son frère avait connu de brillantes études.
C'est dans cette université qu'il va faire la rencontre d'un professeur de lettres anglaises plutôt étrange, Mr Keating, qui les encourage à toujours refuser l'ordre établi. Les cours de Mr Keating vont bouleverser la vie de l'étudiant réservé et de ses amis...
Mon avis :
Depuis un petit moment, je voulais faire un post sur ce film ...et ce soir, je me lance.
Ce film aborde plusieurs domaines : les troubles de l’adolescence, les systèmes sociaux fermés et traditionalistes pour qui les moyens sont devenus leurs propres fins, les rapports humains et leurs désirs, l’éducation et l’instruction, la capacité à se remettre en question, etc.
Avec cette histoire, on touche l’espoir et sa tragédie, l’innocence assassinée par un réalisme sans concession, la créativité martyrisée pour l’ambition, l’isolement de l’avenir par l’ordre.
Peter Weir nous donne un film poignant, lyrique, émouvant et d'un grand humanisme...
Robin Williams est excellent dans ce rôle de prof magnifique qui fait souffler un grand air de liberté de poésie,de joie de vivre et finalement un vrai bonheur.
Un de mes personnages préférés parmi les étudiants est Charly Dalton à la fois drôle, impulsif, révolté et terriblement humain ( le passage, où il fait sonner un téléphone lors d'un rassemblement des élèves et qu'il interpelle le directeur pour lui dire que c'est Dieu à l'autre bout de la ligne qui veut lui parler est excellent).
Enfin, la superbe musique de Maurice Jarre est le support idéal de cette histoire mélancolique mais aussi pleine d'espoir pour l'avenir.
C'est un film magnifique qui fait rêver, pleurer, réfléchir et aimer la vie, que demander de plus ?
26 janvier 2007
Mieux vaut mourir incompris que passer sa vie à s'expliquer.
William Shakespeare
cette citation clôt tout "débat" .....
Dogville
Synopsis
Dans les années trente, des coups de feu retentissent un soir dans Dogville, une petite ville des Rocheuses. Grace, une belle femme terrifiée, monte en courant un chemin de montagne où elle fait la rencontre de Tom, un jeune habitant de la bourgade. Elle lui explique qu'elle est traquée par des gangsters et que sa vie est en danger. Encouragée par Tom, la population locale consent à la cacher, en échange de quoi Grace accepte de travailler pour elle.
Lorsqu'un avis de recherche est lancé contre la jeune femme, les habitants de Dogville s'estiment en droit d'exiger une compensation, vu le risque qu'ils courent à l'abriter. Mais la pauvre Grace garde en elle un secret fatal qui leur fera regretter leur geste...
Mon avis :
La plus simple des mises en scène ne gache finalement rien au contenu d'un film. C'est son objet et ses composants humains qui en sont la plus vive trame.
Je dirais que l'originalité de ce film a savoir l'inexistence de décor augmente sans nul doute son attrait, notre imagination est mise à contribution
Dogville traduit la cruauté humaine, qui se révèle à nous derrière le masque de l'innocence. Cette cruauté qui finit même par gagner le coeur le plus pur, celui de Grace.
Nicole Kidman irradie littéralement le film. Elle joue à la perfection cette Grace si énigmatique et captivante qui fait l'objet de toutes les convoitises et les perversions de tout un village qui n'aura de cesse de lui faire payer la dette qu'elle leur doit.
Ce film est déroutant, et même très séduisant.





