14 janvier 2007
La part de l'autre
Résumé
L'auteur propose un double roman pour une double vie. D'une part, celle du jeune Hitler qui va d'errances en échecs dans les années 1910 pour prendre finalement la tête de l'Allemagne et provoquer des millions de morts vingt ans plus tard. D'autre part, celle du jeune Adolphe s'il avait été reçu aux Beaux-Arts et n'avait pas eu besoin de pratiquer la politique comme un art par défaut.
Quatrième de couverture
«8 octobre 1908: Adolf Hitler recalé.
Que se serait-il passé si l'École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement? Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste? Cette minute-là aurait changé le cours d'une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde...»
Mon avis :
Je viens de terminer ce roman et je suis à la fois ébloui et troublé. Ce livre est génial, sensible, audacieux, captivant....
Eric Emmanuel Schmitt nous invite à réfléchir sur l'homme qui a influencé le cours du XXème siècle: un être humain qui par certains concours de circonstances et par son propre libre arbitre est devenu l'incarnation du mal absolu.
En effet, on sait que le destin d'un humain peut se décider sur peu de choses, un échec , un hasard malheureux et c'est une vie qui bascule du mauvais côté laissant surgir les penchants les plus obscurs.
Cette dualité de l'humain appliquée à Hitler et qui peut s'appliquer à chacun de nous est originale et peut susciter des interrogations sur notre propre vie.
Certains personnages intervenant dans la vie de "l'Hitler artiste" sont magnifiques d'émotion et d'humanité, onze-heure-trente en jeune fille charmeuse, mutine et insolente et soeur Lucie en amie et confidente.
Le récit en lui-même est d'une grande force. Les pages où se chevauchent les deux destins d'Hitler, le vrai et l'imaginaire, se tournent avec intensité. C'est une bonne leçon d'histoire et surtout une très bonne leçon d'humanité.

