12 janvier 2007
Meurtriers sans visage
La première enquête du désormais célèbre Kurt Wallander, personnage phare des romans de Henning Mankell.
Quatrième de couverture
En pleine campagne suédoise, dans une ferme isolée, un couple de paysans retraités est torturé et sauvagement assassiné. Avant de mourir, la vieille femme a juste le temps de murmurer un mot: «étranger». Il n'en faut pas plus pour qu'une vague de violence et d'attentats se déclenche contre les demandeurs d'asile d'un camp de réfugiés de la région. Les medias s'emparent du fait divers et lui donnent une résonance nationale. La pression augmente sur les épaules de l'inspecteur Wallander, chargé de mener l'enquête. Il va devoir agir vite, avec sang froid et détermination, et sans tomber dans le piège de la xénophobie ambiante qui brouille les pistes...
Mon avis :
J'ai trouvé ce roman plutôt bien écrit, vivant, intéressant. L'auteur nous présente avec talent la psychologie des personnages peuplant ce thriller.
Le personnage central du roman, l'inspecteur Wallander est tenace, impulsif, puéril, égoïste, égocentrique et violent. Il porte un regard sur le monde dans lequel il vit et il a la franchise de reconnaître qu'il n'y connaît finalement pas grand chose et qu'il lui faudrait s'informer pour mieux comprendre
Des seconds rôles consistants interviennent tout le long de l'enquête. Ils plaisantent, parlent, ont une vie, ont des avis... Sur la police, sur les rapports avec les autres administrations, sur les étrangers, qui montrent la diversité d'opinions, les dysfonctionnements réels ou supposés de la Suède, le fait en tous les cas que ces gens vivent ensemble dans un espace commun et que ce n'est pas facile.
L'enquête est longue et difficile, plusieurs mois qui permettent de comprendre que la vie policière existe et continue "en dehors" de cette affaire. Rydberg, le mentor de Wallander, vieux chien de chasse que la maladie épuise, flaire à chaque fois les choses essentielles et les directions qu'il faut emprunter. Wallander, lui, a besoin de s'étourdir dans la traque autant que dans l'alcool, il a besoin que les affaires occupent les moindres interstices de sa vie pour ne pas avoir à affronter celle-ci. La présence d'un Rydberg tout en patience et en humilité est un vrai garde-fou pour son élève......et l'aidera à surmonter de nombreuses difficultés.
On tue un homme, on est un assassin.
On tue des millions d'hommes, on est un conquérant.
On les tue tous, on est Dieu.
Jean Rostand

